Elles feront de leur mieux pour respecter la charte du forum.
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Tu as l’EC « absolu » : en plongeant une de tes extrémités dans la « soluce », tu devines à 3 décimales près l’électro conductivité du bastringue
T’as pas ouvert un bouquin depuis ta fiche de lecture sur Oui Oui à la plage mais, suite à un accident de mobylette, tu viens de te taper « la barbarie à visage humain » de BHL et tu veux nous faire partager ton émoi devant tant d’intelligence
Tu conserves tes bouteilles d’engrais depuis 1978 pour te fabriquer une navette spatiale à propulsion magnétique. Les petits gris t’ont d’ailleurs prévenu sur le canal 12 que tout était prêt pour ton arrivée mais tu voudrais nous poser une ultime bafouille
Je commence sur un concept intéressant de René Girard, grand sociologue et anthropologue, professeur émérite de littérature comparée à Stanford et inventeur de la théorie mimétique. J’avais lu de lui « le bouc émissaire » et « la violence et le sacré » que je ne peux que conseiller au lecteur qui voudrait en savoir plus sur les idées de ce penseur atypique.
J’avoue avoir un peu décroché ensuite car il y a chez René une sorte de fixation sur les textes bibliques et évangéliques qui, d’après lui, « permettent de résoudre des énigmes que la pensée moderne n'a jamais résolues, au premier chef celle du religieux archaïque qui ne fait qu'un avec celle du fondement social » que je ne partage pas. Il avait été sollicité pour fournir une analyse suite aux attentats du 11 septembre mais elle avait nettement moins marqué les esprits que celle du regretté Baudrillard.
J’ai trouvé un bon résumé du concept du bouc émissaire ici : http://www.amha.be/renegirard/index.php?Vulgarisation
Le voici :
Pour René, la cause du déclenchement de la persécution est tout d’abord liée à ce qu’il appelle un « état d’indifférenciation ». L’état d’indifférenciation, c’est une perte de pouvoir des institutions sociales, une perte de leur légitimité et il aboutit à un effacement des hiérarchies sociales.
L’indifférenciation menace alors la société par la situation conflictuelle qu’elle engendre.
Vient ensuite la « crise mimétique », les hommes se retrouvent plongés dans une situation d’uniformité et, pour en sortir, ils vont se mettre à valoriser toute possibilité de différenciation.
Cette résolution de la crise s'opère par la différenciation du groupe vis-à-vis d'une victime qui sera sacrifiée. Vient alors « l’accusation » car pour que ce sacrifice « fonctionne », il faut qu’on puisse croire qu’elle est responsable de la crise. Dans ce but, les accusations sont donc souvent liées à des crimes « fondamentaux » : un bouc émissaire sera toujours, pour qu'il ait valeur explicative de la crise, accusé d'avoir transgressé les interdits.
Pour parfaire cette accusation, il faut néanmoins un autre élément : pouvoir expliquer qu'un petit groupe soit responsable de la totalité de la crise. Cela se produit par le moyen d'accusations stéréotypées. Une accusation stéréotypée concerne un interdit fondamental : parricide, inceste, meurtre, etc. Ces interdits sont tellement puissants qu'ils ont une force explicative automatique. Ils polarisent automatiquement la violence sur celui qui en est responsable, car la transgression d'un tel interdit met la société même en danger.
On sélectionne alors un groupe minoritaire précis avec des caractéristiques précises : « les traits victimaires », des caractéristiques a-normales qui ont pour conséquence de faire subsister ce groupe hors de l'état d'indifférenciation : il est le seul à avoir conservé une reconnaissance sociale au sein de la crise mimétique. Il peut s'agir d'une différence culturelle, physique, ou même de réputation, peu importe. Le groupe sélectionné pour ses traits victimaires est symboliquement l'antagoniste mimétique. Il est l'obstacle à l'obtention de la ressource désirée : la différenciation. Son élimination constitue donc une résolution du conflit et un retour à la normale. Le mécanisme victimaire est alors totalement respecté. La résolution de la crise prend donc place dans le massacre de la minorité, qui fait office de sacrifice.
Intéressant, non ?!?
Si mon post tient jusqu’à la fin de la journée, je prouverai qu’il ne doit en rien être confondu avec le « n’importe quoi » ou le « n’importe comment ».

