La Grande Frustration
Patrick MIGNARD
Tunisie, Algérie, Égypte, Libye,… depuis des semaines, devant son poste de télévision, quel manifestant français ne s’est pas senti, à la fois enthousiaste, mais aussi un peu frustré, devant la détermination et l’illusion de l’efficacité de ces manifestations ?
Morceaux choisis:
La puissance de l’image dépasse le cadre de l’esthétique pour devenir du politique
Les soit disantes « révolutions » en Tunisie, en Égypte, en Libye,… font ressurgir les vieux fantasmes de toutes celles et tous ceux qui veulent vivre « leur » révolution.
Il est de notoriété publique que derrière le terme de République on peut mettre tout et n’importe quoi
Il y aurait donc des bonnes « républiques » comme chez nous et des « mauvaises ».
Pourquoi tant d’assurance ? Pour ne raison simple : le système politique donne l’illusion du fonctionnement démocratique.
La différence entre des pays comme la France et ces « républiques dictatoriales », c’est que ici, les apparences sont sauves, l’illusion est parfaite. Dans ces conditions, même l’utilisation de la force donne l’illusion de l’équité, de la justesse et du bon droit.
Alors,… révolution ? Bien sûr que non.
Les révoltes passent, les politiciens deviennent interchangeables, la propagande politique parle de valeurs, de droits de l’homme,… mais les problèmes, les vrais, demeurent.
« La dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours ! »

