Présenté vendredi en comparution immédiate, le gardien de la paix Eric Desvaux, 40 ans, ancien champion d'Europe de natation dans la catégorie 4 fois 100 m 4 nages, a demandé un délai pour préparer sa défense.
D'ici là, il sera placé en détention provisoire, a décidé le tribunal "en raison du trouble important à l'ordre public, du risque de pression sur les témoins et des risques de réitération". Le tribunal a également ordonné une expertise médico-psychologique.
Le procureur adjoint, Michel Raffin, a insisté devant le tribunal sur la gravité des faits. "La prévention d'avoir détroussé un cadavre sur la voie publique, c'est l'acte de trop qui rend impossible de retrouver la liberté même sous contrôle judiciaire", a dit M. Raffin. "La loi doit rester la loi pour tout le monde", a-t-il ajouté, rappelant que la peine encourue était supérieure à sept ans.
Le gardien de la paix avait été interpellé mardi par les policiers de l'inspection générale de la police nationale (IGPN) et placé en garde à vue.
L'affaire a été découverte après que sa concubine l'eut dénoncé à la hiérarchie policière pour le vol d'un appareil photo numérique sur le cadavre d'un homme victime d'un accident de la circulation avec un poids lourd.
La perquisition effectuée par les inspecteurs de l'IGPN a permis de retrouver l'appareil photo volé, au domicile du policier où a été découverte une plantation de cannabis.
Selon les premiers éléments de l'enquête, le policier se serait livré de "façon habituelle à la vente de cannabis", a confié à l'AFP sa hiérarchie.
Sept chefs de prévention concernant la détention, le transport, l'offre, la cession d'herbes et de résine de cannabis ainsi que la détention de coke entre 2002 et 2007, des violences conjugales avec ITT depuis le début 2007 et le vol aggravé sur un cadavre, le 27 mars 2007, ont été signifiés au policier.
L'enquête a également mis en cause pour usage de cannabis un deuxième policier, un brigadier de 40 ans, qui après trois jours de garde à vue a été relâché. Il sera cité à comparaître ultérieurement devant le tribunal.
Les investigations se poursuivent pour établir si d'autres fonctionnaires de police, en particulier, des jeunes agents de sécurité, ont bénéficié de la fourniture de produits stupéfiants de la part du policier.
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