cela fait un moment que j etais pas venu taper la causette avec vous, les amis.
j ai une bonne nouvelle a vous annoncer : au PS, ils ont "vires" celle qui jusqu a present s occupait de la question qui nous est cher...
et Malek Boutih prend la charge de la reflexion sur le chanvre.
voici l integralite du chat qui a eu lieu lundi entre nous, militants, et lui :
( je vous passe mes questions, qui vous vous en doutez etaient tres precises, detaillees et chiffrees, en reste 3 de moi)
Cela semble, enfin, evoluer reellement. Et cette fois, je crois qu ils tiennent le bon bout, puisque s eloignant d une volonte elective vers un reel debat de fond afin de trouver la solution la mieux appropriee
Bonjour à toutes et à tous, nous sommes très heureux de recevoir Malek Boutih !
Bonjour à toutes et à tous.
valou : Punir le consommateur, n'est-ce pas une façon de le responsabiliser ? Ne faut-il pas maintenir une punition, même légère ?
C'est l'axe essentiel de la politique en matière de drogue depuis 1970. Malheureusement, c'est l'inverse qui s'est passé. L'interdit est un des éléments qui pousse à la consommation du cannabis.
walrus : Pourquoi ne pas tout simplement lutter plus efficacement contre le commerce de la drogue ?
Les magistrats et les policiers se sont engagés pleinement dans ce combat, mais le caractère massif de la consommation constitue un marché tellement attractif que pour un dealer arrêté, 10 candidats sont prêts à prendre sa place.
yvan : N'est-il pas plus judicieux de s'interroger sur "les toxicomanies" plutôt que sur "La toxicomanie" ? Je constate avec regret que l'intelligibilité de la communication n'a toujours pas évolué
A faire trop complexe, on perd l'essentiel du débat. Avant d'aborder toutes les déclinaisons que pose la drogue à la société, il faut d'abord moderniser l'approche politique de ce phénomène et rendre le débat intelligible pour tous.
kendoudi : Quelle position le PS prendrait-il s'il était au pouvoir pour lutter contre l'économie parallèle générée par la toxicomanie ? Etant fonctionnaire de police et militant PS j'ai essayé de transmettre quelques réflexions sur le sujet vu mon expérience professionnelle, mais les élus socialistes avec lesquels j'ai pris contact n'ont pas daigné me recevoir. Voilà comment certains élus considèrent les militants du parti.
François Hollande m'a mandaté pour ouvrir une nouvelle réflexion du Parti Socialiste sur la question du cannabis en tant que produit mais aussi dans ses conséquences sociales et en particulier ce que vous appelez « l'économie parallèle » destructrice dans beaucoup de quartiers. Ce travail est en cours et j'aurai plaisir à prendre connaissance de vos réflexions vu votre expérience. Contactez-moi au PS.
jeannoe : Que penses-tu de la légalisation thérapeutique (pour les malades du sida, etc.) du cannabis ? PS : Bravo pour l'émission sur Canal + ;-)
Plusieurs pays ont décidé d'expérimenter la légalisation thérapeutique. Il est trop tôt pour en connaître les résultats, mais on sait déjà que certains malades trouvent avec le cannabis un soutien face aux traitements lourds qu'ils subissent. Si une telle légalisation thérapeutique peut alléger des souffrances, je serais favorable à ce qu'une expérimentation ait lieu dans notre pays.
Pierrot : Comment gérer les contradictions du discours du PS sur le sujet quand on sait qu'il y a des "sécuritaires" et des gens soucieux de ne pas apparaître comme des laxistes si toutefois le PS devait prendre une position favorable à la dépénalisation ?
C'est un ancien clivage qui ne correspond plus aux rapports de notre société actuelle avec le cannabis. Tous les élus et responsables du PS partagent au moins l'idée qu'un débat doit être ouvert compte tenu de la massification de la consommation.
Sarah : Bonjour, la drogue est un véritable fléau qui empêche de réussir une véritable politique de la ville. Quelle est la future politique du PS de prévention, de répression, de réinsertion face à la drogue ? La lutte contre la drogue ne doit elle pas être une des priorités de la politique de la ville ? Salutations socialistes.
La politique de la ville a déjà tendance à être un fourre-tout, y rajouter la drogue ne simplifierait rien. Par contre, il est clair que la prohibition du cannabis porte en creux un modèle social qui exclut des cités auxquelles on accorde comme seule économie possible la vente de la drogue.
fredo : Selon toi, quelle est la déclinaison drogues dures, drogues douces ?
Clairement la dépendance physique. A cet égard, le cannabis, l'alcool, les cigarettes sont des drogues comparables, ce qui n'est pas le cas de l'héroïne par exemple.
sami : Quelle est votre opinion sur l'ecstasy qui continue à fleurir dans toutes les fêtes ?
Je ne connais pas l'ecstasy, mais il est clair que, comme tous les produits, il doit être abordé avec précaution, d'autant plus que, fabriqué dans des laboratoires clandestins, il peut parfois être un poison foudroyant comme on vient de le voir dans le sud de la France.
Pierrot : Le MJS est plus en avance que le PS sur le sujet. Le candidat Jospin était contre. Mais le silence sur le sujet nuit à un parti politique dont la fonction est de répondre. Le cannabis : Question de santé ou question de société ?
Le cannabis est une question de santé bien sûr, mais aussi compte tenu de l'ampleur de sa consommation, de ses conséquences sociales, une question de société aussi.
Alexandre : Monsieur Boutih, merci de nous faire part de votre position quant à la politique nationale de lutte contre les drogues illicites menée par Nicolas Sarkozy que vous connaissez bien. Quand est-ce que TOUS les partis pourront enfin dire d'une voix commune leur refus de la drogue (cannabis etc.) car il n'y a pas de drogues douces ou dures : il y a des drogues. Nous devons réformer la Loi de 70 et appliquer une échelle de sanction.
Le consensus des partis politiques sur cette question a étouffé tout le débat sur le cannabis. Il m'apparaît donc utile que chaque formation politique renouvelle sa pensée en fonction de ses objectifs politiques. Pour le Parti Socialiste, l'enjeu est aussi bien la prévention des risques chez les consommateurs que la destruction du modèle de gangstérisme que la prohibition a créé dans toute une série de quartier. Quant aux propositions du Ministre de l'Intérieur, c'est une dépénalisation masquée qui cumule les désavantages de la prohibition, tout en ouvrant le risque d'une augmentation de la consommation.
fcm : Pour la sécurité routière, êtes-vous pour le contrôle de substances illicites à la sortie des soirées comme on fait actuellement des alcootest ?
Pourquoi pas ? Si le débat sur la liberté de consommer peut être ouvert, sa limite c'est la responsabilité que l'on a à ne pas nuire aux autres. Conduire défoncé c'est prendre des risques trop importants.
bitnik : Bonjour Malek, sur la toxicomanie, est-ce qu'il y a des exemples à l'étranger qui vous inspirent pour combattre ce fléau ?
Oui et non. Les Pays-Bas par exemple ont ouvert une nouvelle forme d'approche de cette question dont on peut partiellement s'inspirer. Reste que la France n'a pas les mêmes caractéristiques que les Pays-Bas et que nous devons donc créer des réponses adaptées à notre pays.
fredo : Est-ce que des pays ont fait preuve d'inventivité et d'originalité dans leur lutte contre la drogue ?
La Suisse et les Pays-Bas sont les seuls pays à chercher de nouvelles pratiques et de nouvelles lois face au problème de la drogue. L'originalité de leurs démarches repose sur le fait d'une approche pragmatique dont l'objet est de faire baisser la consommation à risque sans nier les évolutions des mentalités.
trevor : Considérez-vous, comme le disent certains que la consommation de cannabis est un premier pas vers la consommation de drogues dures ?
Ca peut être possible. Un des phénomènes qui peut inquiéter est ce qu'on appelle la polytoxicomanie qui consiste à consommer plusieurs produits pour en augmenter l'effet. C'est souvent le cas avec l'alcool mélangé avec des médicaments. Maintenant, il n'y a aucun caractère automatique qui fasse qu'un consommateur de cannabis plonge vers des drogues plus dures.
djak : M. Boutih, existe-t-il des chiffres, même imprécis, sur le nombre de consommateurs de cannabis en France ?
Les seules études statistiques reposent sur des échantillons tels que par exemple les appelés au service militaire. Aucun chiffre global n'existe. Là encore, c'est une des conséquences de la prohibition puisque affirmer que l'on est consommateur constitue un aveu de délit.
cyril : Simple curiosité, au-delà du problème politique, que diriez-vous à votre fils ou à votre fille, si vous appreniez qu'il fume du shit ???
Je lui expliquerai le plus précisément possible comment consommer sans mettre sa vie sociale et scolaire en danger. Par exemple, il est hors de question de consommer du cannabis pendant les heures de cours ou tard le soir, ce qui empêche d'être en situation pour suivre normalement sa scolarité. Enfin, je m'inquièterai des réseaux qu'il contacte pour obtenir sa consommation.
taxcab : Comme l'a si bien montré le film "L647", la politique en matière de drogues consiste souvent à arrêter de petits dealers ou consommateurs pour mettre des barres dans des cases. Ne penser vous pas que ces crédits budgétaires devraient être réaffecter à des crédits de santé pour des programmes "Méthadone" ou de créations d'unités de suivi hospitalier ???
Vous évoquez là le problème de l'héroïne. Il est clair que les pouvoirs publics doivent agir aussi bien dans le domaine de la santé des consommateurs que dans la lutte contre les trafiquants.
emma : Etes-vous franchement favorable à la légalisation du cannabis ?
A priori oui. Mais il faut avoir le courage de ne pas confondre une opinion personnelle avec un vrai travail d'étude qui démontre qu'une telle légalisation n'aurait pas des effets pervers pires que la situation actuelle.
djak : A votre avis, la décision de légaliser ou non les drogues douces ne doit-elle pas être communautaire ? Une politique européenne serait franchement plus efficace, non ?
Compte tenu des conventions internationales concernant la lutte contre la toxicomanie et le trafic de drogue, une telle démarche est aujourd'hui impossible. Mais je pense que si un pays comme la France inventait une nouvelle politique dans l'approche des phénomènes des drogues, alors l'Europe pourrait éventuellement évoluer dans son ensemble.
buzy : D'un point de vue philosophique et humain, une société a-t-elle le droit d'autoriser des produits dangereux pour la santé ? Le rôle de l'homme politique n'est-il pas de protéger la santé de ses concitoyens ? C'est le monde à l'envers ou je me trompe ? Merci de poser ma question, et merci à vous d'être là pour discuter avec nous de ce sujet difficile.
Le débat sur la cigarette et le fameux avertissement "Fumer tue" pose exactement ce débat. Mais il faut comprendre que les sociétés évoluent sans l'accord préalable des politiques. Notre responsabilité est de savoir jusqu'où l'interdit légal est efficace ou contre-productif, et comment protéger ceux pour qui la consommation de tels produits serait extrêmement dangereux.
isa : Ne pensez-vous pas que la prévention doit débuter à l'école ? Connaissez-vous ce qu'il en est ? Je crois que c'est le rôle de l'école que de mettre en garde les plus jeunes contre la consommation de drogue ? A moins que ce ne soit le rôle des parents ???
Il existe aujourd'hui une prévention faite par quelques policiers et magistrats. Malheureusement, celle-ci est particulièrement inefficace, car en exagérant parfois jusqu'à la caricature la nocivité du cannabis, on obtient le résultat inverse d'une parole officielle vécue comme un mensonge chez les jeunes.
smoking man : Ne pensez-vous pas que la proposition du gouvernement de taper les fumeurs au portefeuille en instituant une simple amende pour consommation n'est elle pas une manière déguisée de dépénaliser le cannabis ? Voire de créer une consommation à 2 vitesses gérée par l'argent ??
Oui je le crois, même si on doit étudier de près l'argument de ceux qui disent qu'une peine applicable (une amende) aurait plus d'effets qu'une peine inapplicable (la prison).
LJ : Que penses-tu de la dépénalisation du cannabis? Dépénalisation, réglementation ou rigidité ?
Il m'apparaît clairement qu'on ne pourra pas passer d'une interdiction totale à une libéralisation totale. Les pouvoirs publics, en tout état de cause, devront établir une réglementation stricte même si la consommation n'était plus interdite.
olivier : La légalisation du cannabis n'est qu'un aspect : les polyconsommations sont là, quelles politiques publiques la gauche peut-elle menée là où elle a le pouvoir de le faire, au niveau local ?
Le mieux est l'ennemi du bien. Si l'on aborde trop globalement la question des drogues, on risque de tuer le débat avant qu'il naisse. Commençons par une réflexion sérieuse sur le cannabis et nous pourrons peut-être dans un second temps aborder les autres toxicomanies.
sarah : Il faut aller plus loin dans la réflexion. Ce cannabis en vente libre, qui en ferait le commerce ? Qui gagnerait de l'argent sur ce produit là ? Devrait-t-il être fortement taxé par l'Etat ?
Comme je l'ai dit tout à l'heure, le débat ne fait que commencer. Un groupe de travail a été constitué au Parti Socialiste. Ses travaux ne seront pas que théoriques et devront répondre aussi aux aspects pratiques et financiers d'un changement de politique.
vlad : Que pensez-vous de l'évolution en la matière, en Hollande, ou officiellement, les coffee-shops ne pourront plus vendre de cannabis ? N'y a t il pas à méditer sur leurs expériences ?
Bien entendu, l'expérience des Pays-Bas nous est utile dans ses réussites comme dans ses échecs. Un des problèmes dans la législation hollandaise c'est que la libéralisation de la consommation n'a pas été accompagnée de modifications dans la production du cannabis et son contrôle par les pouvoirs publics. Ainsi, si des résultats tangibles ont été constatés dans l'évolution de la consommation, le trafic international et local a continué et créé donc aujourd'hui des difficultés dans ce pays.
toxine : Es-tu pour le tout répressif ? Ne trouves-tu pas finalement que le cannabis fait couler beaucoup d'encre pour rien ?
Non je ne crois pas que le cannabis soit l'objet d'un débat futile. Nous sommes le pays où il y a le plus de consommateurs et où le trafic est un des éléments forts de la dérive de certains quartiers. Il faut donc que les responsables politiques apportent des réponses adéquates qui ne soient pas simplement le grand coup de gueule contre la drogue qui fait bien à la télé mais qui n'a aucune efficacité dans la rue.
Jerena : La situation actuelle permet de ghettoiser toute une frange de notre population, à l'instar de ce qui se passe aux Etats Unis. Mais à qui profite cette criminalisation officielle ? Comment doit-on comprendre que depuis sa "libération", l'Afghanistan est redevenu le 1er pays producteur d'opiacées ?
Je ne suis pas un spécialiste de l'Afghanistan, mais il est sûr que la drogue est aussi un élément important qui permet toutes sortes de trafics d'influences, de marginalisation politique et sociale à l'échelle internationale comme dans notre propre pays.
fredo : Dans le domaine de la prévention, que faut-il faire pour être efficace ?
Une politique plus réaliste sur le cannabis permettrait d'avoir un travail de prévention plus crédible en particulier chez les plus jeunes, par exemple en expliquant les dangers de la surconsommation ainsi que les incompatibilités avec le suivi scolaire ou la conduite d'un véhicule.
entrenous : Franchement, sans langue de bois, quelle est votre position sur les personnes qui cultivent du cannabis pour leur propre consommation ?
Ils ne portent de tort à personne et on devrait leur foutre la paix.
yvan : Le gouvernement actuel fais preuve de courage sur ce sujet et semble allez dans la bonne voie, tout en réussissant a ne pas contrarier son grand ami le Maroc. Je suis surpris et malheureux qu il ait fallu attendre un gouvernement de droite pour que les choses avance plus que par de peureuses circulaires.
Il est trop facile de caricaturer un pays comme le Maroc dans sa responsabilité sur l'augmentation du trafic de cannabis. Il est vrai que le gouvernement actuel a eu " le courage " d'ouvrir le débat. Malheureusement, c'est pour vite retourner vers une politique frileuse qui ne franchit pas le cap d'un véritable bilan de la notion de prohibition. Peut-être parce que contrairement à la gauche, la question des conséquences dans les quartiers de l'augmentation du trafic les concerne moins, ce qui démontre que la gauche a une approche plus sociale de cette question que la droite.
ca plane pour moi : Qui va faire partie du groupe de travail sur le sujet ? Pouvez-vous nous donner quelques précisions sur les profils ?
C'est le docteur Gourarier, praticien hospitalier, qui dirige ce groupe composé de militants associatifs venus de tous horizons , des partisans de la légalisation du chanvre aux militants de la réduction des risques. C'est un groupe de travail d'acteurs de terrain plutôt que de spécialistes. Pour plus de détails, prenez contact avec nous.
bitnik : Malek, est-ce que tu fumes ? Régulièrement, occasionnellement, jamais ? C'est important je pense pour la réflexion.
Aurore : Perso, vous avez déjà fumé ?
Oui, je fume à l'occasion, mais je crois que la réflexion sur le cannabis ne doit pas être réservée aux seuls consommateurs. Par exemple, le point de vue des parents dans leur responsabilité éducative est aussi important, même s'ils ne fument pas.
iam : Pour toi, l'alcool n'est-il pas plus dangereux que le cannabis ? Et le trafic de cigarettes, un commentaire dessus ?
L'alcool et le cannabis ont cette ressemblance que c'est le mode de consommation qui peut les transformer en produits dangereux.
Quand l'objectif pour l'alcool comme pour le cannabis est de se détendre, ils peuvent être sans grand danger. Maintenant, celui qui consomme dès le matin, celui qui veut à tout prix se défoncer peut les transformer en produits dangereux pour la santé et la stabilité psychologique.
fume : Il est extrêmement facile de se procurer du shit, vous ne trouvez pas cela inquiétant ? J'ai essayé, et j'ai réussi sans difficulté !
Vous partagez le même constat que moi. La prohibition légale est devenue une véritable hypocrisie au regard de l'évolution de la consommation et de la banalisation de l'accès à ce produit.
Pierrot : On a l'impression que le fait de fumer chez les "bobos" et les anciens de mai 68 passe mieux que chez les jeunes des cités. Comment lutter contre cette hypocrisie ?
Oui, il y a parfois une caricature dans la manière de présenter les différents consommateurs, mais il faut dire que plus on est inséré économiquement et culturellement, moins on prend de risques dans la consommation du cannabis. Fumer un pétard pour se détendre après une journée de boulot ou fumer dès le réveil pour oublier qu'on est chômeur n'a pas les mêmes conséquences.
clcdi ump : Monsieur Boutih, ma question sera brève : seriez vous prêt à condamner la banalisation du cannabis ?
Le problème n'est plus la condamnation morale mais la capacité pour les pouvoirs publics de reprendre la main dans un phénomène qui leur a totalement échappé.
djak : Je suis vraiment désolé, mais alors que le chômage monte, que les déficits se creusent, que l'insécurité est toujours présente, je trouve un peu anecdotique de la part du PS de concentrer une partie de ces efforts sur le cannabis et son éventuelle légalisation. Vous n'êtes pas ne serait-ce qu'un peu d'accord ? Si tout le monde avait du boulot, une vie équilibrée, on penserait peut-être un peu moins à fumer des joints pour prendre le large.
Le Parti Socialiste ne passe pas ses journées à débattre du cannabis et est présent dans l'ensemble des débats politiques que vous évoquez. Quant à votre hypothèse sur un monde plus heureux où on ne fumerait plus, on ne boirait plus, on n'aurait plus aucun vice, cela me paraît peu crédible. D'ailleurs, c'est dans les sociétés les plus riches que la consommation de drogue est la plus forte.
jureed : Selon toi cher camarade socialiste, faut-il punir d'emprisonnement les consommateurs ?
La droite elle-même a abandonné cette position qu'elle a tenue depuis plusieurs décennies. Une telle logique va à l'inverse de l'intérêt des citoyens et des responsabilités de protection que doivent avoir les pouvoirs publics.
Olivier : Il existe aussi des interventions associatives, notamment de parents de toxicomanes ou d'anciens toxicomanes, mais cela ne correspond pas à la majorité des usages, il existe un gros besoin de formation initiale et continue des intervenants, la mildt l'avait initié quand la gauche était au pouvoir, comment continuer ?
Permettre à la gauche de revenir au pouvoir et, en attendant, soutenir ces associations en faisant le tri entre celles qui ont une véritable efficacité et les charlatans qui sont nombreux dans ce domaine.
dominique : Concernant la vente libre de certaines drogues, qu'en pensez-vous? Est-ce quelque chose d'envisageable ? Est-ce que ce serait une solution ? Est-ce que ce ne serait pas une fausse solution ? Certes, je donne déjà ce vers quoi mon c?ur penche, mais le souci d'essayer de trouver une solution qui respecte la personne est réel.
Vous avez résumé en quelques mots les interrogations du groupe de travail sur le cannabis du Parti Socialiste. Cette réflexion est complexe, tous les arguments, sans sectarisme doivent être entendus, mais à la fin il faudra trancher et faire preuve de courage politique pour ouvrir de nouvelles voies. Ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que laisser les choses en l'état est la pire des situations.
taxcab : Bonjour, ne trouvez vous pas honteux que Johnny Hallyday puisse dire dans "Le Monde" qu'il est consommateur régulier de cocaïne alors que porter un tee-shirt avec une feuille de cannabis est passible d'amende et de peine de prison ?
C'est toute la contradiction de la situation actuelle et les besoins d'une nouvelle cohérence législative qui redonnera de l'autorité à la loi et à ses représentants aujourd'hui discrédités en partie par ce genre de comportement.
nado : Concrètement, quelles structures d'accueil proposez-vous pour un jeune qui débute dans la consommation de drogues dites douces ?
Je ne sais pas si, concernant le cannabis, la notion de structure d'accueil est opportune. Ce problème se pose beaucoup plus pour les consommateurs d'autres drogues qui ont besoin d'un encadrement pour les aider. Malheureusement, si tout le monde est d'accord pour ces structures, personne ne veut qu'elles soient dans son quartier.
bob : Y a-t-il des consensus entre droite et gauche sur le cannabis ? Et pour toi, quelles sont les grosses divergences ?
Il n'y a pas consensus entre la gauche et la droite concernant le cannabis. Si une partie de la droite va vers une dépénalisation, c'est surtout face à des consommateurs de leur même milieu social, alors que la gauche a au c?ur de ses préoccupations des considérants sociaux plus importants aussi bien en matière de protection des plus faibles que dans la lutte contre le ghetto et la drogue comme seuls revenus pour ceux qui y vivent.
jean claude : Malek, as tu une totale liberté de ton au PS ?
Oui, même si parfois un discours iconoclaste peut déranger certains. Je crois qu'il est utile pour que le PS retrouve des racines dans les quartiers où l'on ne vote plus. En tout cas, François Hollande m'encourage dans mes démarches même si parfois il tempère mes ardeurs. Mais je reconnais que j'en ai besoin.
Merci beaucoup Malek Boutih, le mot de la fin ?
Si vous souhaitez participer à ce débat, faire évoluer les mentalités et la loi dans notre pays, n'hésitez pas à adhérer au Parti Socialiste, on a besoin de nouvelles voix, dans tous les sens du terme. A bientôt.
