Yo
Puisque personne n'en parle et vu que j'utilise ses avantages depuis un bout de temps.
Charbon de bois/ ou charbon végétale
- 1. En théorie:
L'apport de charbon de bois (vendu sous le nom de biochar, agrochar ou agrocharbon) est un amendement qui permet d'accroître la fertilité des sols et les rendements agricoles, semble-t-il en attirant et favorisant les microbes utiles, en conservant l'humidité (surtout efficace dans les sols macroporeux), et en conservant mieux les éléments nutritifs du sol. C'est ainsi que les amérindiens d'Amazonie ont créé la terra preta et on a récemment redécouvert cette technique.
Le charbon végétal est extrêmement poreux et possède une énorme surface spécifique, autour de 300m² "de gallerie" par gramme.
Cette porosité importante lui confère une énorme capacité d'absorption. Il peut donc retenir jusqu’à cinq fois son poids propre en eau ainsi que les éléments nutritifs qui s’y trouvent sous forme diluée.
En agronomie, il permet aussi de catalyser et d’amplifier l’effet des engrais traditionnels, minéraux ou organiques.
Une autre caractéristique expliquant la dynamique particulière du charbon végétal en ce qui concerne les éléments nutritifs est la forte capacité d’échanges cationique (CEC). Une CEC élevée empêche le lessivage d’éléments nutritifs minéraux et organiques et assure globalement une meilleure disponibilité de ces éléments. Une CEC élevée fixe aussi des molécules toxiques, ce qui protège la faune et la flore du sols. La CEC dépend aussi de la surface du charbon bio, mais constitue un facteur chimique qui s’amplifie au contact de l’oxygène et du sol et qui n’atteint son niveau maximum qu’au bout d’un certain temps.
Les CA (capaccité d'apsorbtion) et CEC élevées du charbon bio font de celui-ci un excellent support d’éléments
nutritifs. Et ces éléments nutritifs absorbés par le charbon bio font à leur tour que les
micro organismes trouvent des espaces de vie idéaux dans et autour du charbon bio, ce qui
profite à son tour à l’amendement microbien global, qui permet d’accroitre la potentialité de
symbioses entre microorganismes et racines des plantes.
- 2. Comment obtient ton du charbon végétal
Aujourd'hui le charbon végétal est obtenu par pyrolyse de matières de base organiques telles que le bois, la paille, le marc de raisin, des branches, mais également le fumier séché, les boues d’épuration ou les déchets de cuisine. La biomasse séchée est chauffée avec exclusion de l’oxygène à 400-800 degrés, ce qui permet de briser les composés organiques à chaîne longue des cellules.C’est dans une plage située entre 450 et 700°C que l’on obtient la capacité d’absorption la plus élevée pour le charbon bio. C’est ainsi que l’on obtient des gaz de pyrolyse et jusqu’à 40% de charbon végétal dont la consistance correspond à celle du charbon de bois.
Le bilan climatique de la pyrolyse atteint le niveau étonnant de 489 kg de CO2 éliminés du cycle du carbone par tonne de biomasse sèche.
- 3. Activation du charbon végétal et principe d'enrichissement
Le charbon végétal n’est pas un engrais. Il est surtout un vecteur pour la diffusion d’éléments nutritifs et un habitat pour les microorganismes. Pour faire agir rapidement et efficacement sa capacité d’amendement, le charbon végétal doit d’abord être enrichi et biologiquement activé.
Si l’on veut incorporer du charbon végétal dans le sol, alors la forte capacité d’absorption de ce charbon et la CEC croissante feraient que les éléments nutritifs et l’eau disponibles dans le sol seraient absorbés et fixés par le charbon végétal. Ceci conduirait à son tour, du moins dans un premier temps (de quelques mois à un an) et en fonction de la teneur en éléments nutritifs du sol, à un ralentissement de la croissance de plantes. Pour empêcher cela, il faut que le charbon végétal, avant son incorporation dans le sol, soit :
- -Enrichi avec des éléments nutritifs et de l’eau.
-Peuplé avec des microorganismes, ce qui rend les éléments nutritifs fixés plus facilement disponibles.
-Vieilli par oxydation, afin d’amener la CEC à proximité de son niveau maximum avant l’incorporation dans le sol.
il est facile de créer un bio-char en respectant les principes de base suivants :
- -suffisamment d’humidité, afin que les éléments nutritifs puissent entrer en solution et les pores du charbon se recharger.
-Une diversité aussi étendue que possible en éléments nutritifs, de préférence organiques, pour éviter un manque de certains éléments nutritifs.
-Les principaux éléments nutritifs pour le peuplement microbien sont le carbone organique et l’azote, qui ne sont présents que de manière très limitée dans le charbon frais.
-La relation C/N du substrat de charbon végétal devrait e situer entre 25 et 35.
-La durée de l’enrichissement devrait être de 14 jours minimum.
-Inoculation avec des microbes du sol moyennant ajout de terre en humus, thé de compost, compost, ou moyennant des microorganismes sélectionnés.
4. Les trois procédés suivant constituent des exemples d’une mise en œuvre pratique de l’activation de charbon végétal
4.1 Charbon végétal et fumier
Il faut veiller à ce que le pourcentage de paille soit élevé. Comme la méthode suivante n’et pas un compostage, le fumier devrait être préalablement stocké pendant un an au moins. L’idéal serait toutefois d’utiliser le charbon végétal déjà dans l’étable, en tant que litière pour le fumier. Alternativement, il est aussi possible d’épandre régulièrement le charbon végétal dans la fosse à purin.
En fonction de la culture et des besoins en éléments nutritifs.
- -Humidifier d’abord le charbon végétal avec beaucoup d’eau.
-Etendre le charbon végétal en bandes d’environ 120 cm de large et d’une épaisseur d’environ 5 cm sur un sol plutôt riche en humus.
-Recouvrir d’une couche de fumier, épaisse d’environ 3 cm.
-Ajouter environ 1% de poudre de roche (pas absolument nécessaire, mais améliore la qualité de substrat).
-Si le fumier ne contient pas suffisamment de paille, ajouter environ 10% d’herbe, de silo de maïs ou de tailler d’été.
-Recouvrir d’une couche supplémentaire de charbon végétal.
-Humidifier de tout avec beaucoup d’eau (si possible, enrichir l’eau avec du thé de compost ou de l’EM-A (microorganismes effectifs).
-Si le sol sur lequel le mélange est préparé est trop dur et contient peu d’humus, il faut ajouter une couche de terre fertile, à fort teneur en humus, pour assurer le peuplement microbien du substrat.
-Passer au moins deux fois sur la bande avec un rotovator pour bien mélanger le substrat.
-Maintenir le mélange bien humide pendant 14 jours et le remuer tous les 3 jours avec le rotovator.
4.2 Charbon végétal – Bokashi (fermentation lactique de biomasse)
- -Mélanger le fumier à forte teneur en paille avec 10% d’herbe, 10% de charbon végétal et 1% de poudre de roche
-Pulvériser la biomasse avec une solution de 3% d’EM-A (microorganismes effectifs) et 3% de mélasse de canne à sucre.
-Compacter le tas de compost en roulant dessus plusieurs fois avec un tracteur.
-Recouvrir le tas de compost avec une bâche de sillage étanche. Recouvrir ensuite le tout avec un film opaque noir, puis fixer ce dernier avec des sacs de gravier.
-Enlever le film en fonction de la température extérieure au bout de 14-21jours. Le produit devrait dégager une légère odeur de ferment lactique.
-Pour activer des quantités plus importantes de charbon végétal, le Bokashi peut être complété avec jusqu’à 50% (vol.) de charbon végétal supplémentaire.
-Bien humidifier et mélanger le tas de compost avec un tourne-terreau ou un rotovator, puis laisser le tas s’aérer pendant encore quelque jours. Ajouter un peu de terre fraîche pour l’inoculation avec des microorganismes du sol.
4.3 Charbon végétal et NPK
- - Calculer la quantité d’engrais minéraux dont vous avez besoin pour une superficie donnée. Grâce au mélange avec du charbon bio, le lessivage et le dégazage sont sensiblement diminués, ce qui augmente nettement l’efficience des engrais et limite les besoins à seulement la moitié de la quantité calculée conventionnellement.
- Veiller à ce que l’engrais minéral contienne non seulement l’élément principal N-P-KMg, mais qu’il présente également une diversité minérale élevée. En cas de doute,ajouter de la poudre de roche.
- Dissoudre la quantité d’engrais minéral calculée dans suffisamment d’eau.
- Ajouter pendant deux jours du charbon bio jusqu’à ce que le liquide soit complètement
absorbé par celui-ci.
Pour l’enrichissement, des engrais liquides organiques sont à préférer aux engrais NPK. Ainsi, les purin conviennent par exemple très bien pour l’enrichissement de charbon bio.
Dans le cas de la variante 4.3, il n’y a peu de peuplement microbien. Celui-ci se produira dans le sol. Dans la culture biologique, la variante avec des engrais minéraux du commerce est prohibée.
5. Incorporation dans le sol
Le charbon végétal activé ou le substrat proche de le Terra Preta doivent être incorporés superficiellement dans le sol. Si la technique adéquate n’est pas disponible, on peut se contenter de répandre le substrat sur le sol. Le mélange effectué dans le sol par le vers prend alors un peu plus de temps.
lien avec photo + test:
http://www.dc.delinat-institut.org/doc/ ... -preta.pdf
Je ne peux que vous pousser à tester l'utilisation du charbon de bois dans vos mix. Je suis près à parier qu'il deviendra un ajout aussi important que les champis et autres mycho du substrat.
A+
