Je l’aime pas trop celui-là

(non plus) Il a un arrière goût de « je me fous de ta gueule » qui me fait m’en méfier. Je l’utilise donc avec parcimonie pour éviter toute source de malentendu.
Sinon, merci pour ta visite Portnou

et pour ton commentaire inspiré

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On pourrait y voir un soupçon d’ironie et au moins une insinuation, mais ce serait céder à une paranoia de circonstance (ne dit-on pas que le cannabis pourrait parfois l’exciter), contraire aux relations cordiales que nous entretenons

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La résurgence de cette citation de Lippmann s’explique par le fait que le canard enchaîné (bon journal, du reste) de la semaine dernière la reprenait dans un artice plutôt intéressant. J’imagine que ton entourage a dû le parcourir et que la pertinence de cette synthèse l’a ému au point de le citer tout haut, je ne peux que m’en réjouir.
Ce genre de vérités ne bénéficie pas toujours de cette visibilité (Lippmann, pour notre malheur, ne collabore pas activement avec aucun médium dominant français).
Maintenant, je suppose que la crise va permettre à quelques interprétations alternatives une diffusion un peu plus large que précédemment, cela semble compréhensible et là encore, je m’en réjouis.
Pour ce qui est de l’insinuation que je refuse de t’attribuer sachant ce que l’on sait

et qui ferait de moi une sorte de girouette qui caquette ponctuellement car c’est la mode (le fameux effet Kiss Kool) suite à cette panade financière, elle est, je le jure sur ma bibliothèque, totalement injustifiée. Je n’entrerai pas dans une larmoyante auto justification tentant de prouver que mon avis sur ces questions n’a pas cillé depuis au moins une décénnie (Y a que les cons qui ne changent pas d’avis

) et que je fais preuve au quotidien de toute l’intégrité qu’on pourrait attendre de moi, cet exercice aurait pour le coup quelque chose de complaisant et de grotesque (quoique puisse inspirer son titre, ce post n’est pas ma propriété ou une scène pour mes « représentations », il restera, je l’espère, un espace de discussion ouvert) qu’il me saoûle d’entreprendre.
Ta dernière phrase, prise independamment, peut être interprétée comme un vœu général, non ciblé, mais un esprit torturé pourrait avoir l’audace de l’associer à la première insinuation (qui n’est rappelons-le aussi qu’une spéculation infondée

), on aurait alors :
« C’est l’effet Kiss Kool de la crise, tout le monde veut refaire le monde » (insinuation : tu t’agites en fonction de l’actualité)
Ahhhh….
« Si seulement, y'avait quelques courageux autrement qu'en parole ... » (insinuation : si seulement, au lieu de jaqueter, de n’avoir que de la gueule, tu agissais).
Mais j’arrête là ce fastidieux exercice en rebondissant cependant sur cette dernière insinuation. Ca revient souvent : « paroles », « beau parleur », concernant les contributions de certains (les miennes particulièrement

). En quoi les contributions « écrites » sur un forum devraient-elles être interprétées comme des paroles ? Qu’est-ce qui transforme un texte tapé sur son clavier AZERTY en un propos oral ? D’où peut bien provenir ce glissement ?
Il y a peut-être une explication intentionnelle (parano, sors de ce corps) : sur la longue échelle des tracasseries, des nuisances et de tout ce qui fait chier, l’image du mec qui pérore en gueulant (pourquoi pas ?) en vous saoulant de propos chiants et redondants est une sorte de concept qui fonctionne bien : cette image parle à tout le monde, on a tous des chieurs « oraux » qui nous pourrissent la vie. De là à transformer un scribouilleur en un tribun vociférant debout sur son tonneau, il n’y a qu’un pas, souvent franchi avec allégresse.
Dans la domination masculine (pas son meilleur mais intéresant tout de même), Bourdieu évoque la situation de l’intellectuel, du lettré confronté à un « champ social » pauvre en « capitaux » de toutes sortes. Pour trouver une illustration qui parlera à tous, imaginons un doctorant en sciences sociales, confronté dans une de nos reluisantes cités du 93 (il n’y en a pas que là, c’est une illustration), à quelques jeunes désoeuvrés (illustration encore, ils sont loin de l’être tous) et voulant poursuivre un échange argumenté sur leur situation sociale.
Très vite arrivent les mots compliqués, décrire une situation sociale entraine en effet un certain vocabulaire, des descriptions, des références à certaines théories sociales (pour le doctorant). Ca donne un débit, une élocution, des mots complexes qui, pour ses interlocuteurs aboutiront à une féminisation du malheureux. Il sera alors facile de reprendre ses interventions avec la bouche en cul de poule pour souligner leur préciosité, leur obséquiosité (des attributs « féminins »). L’étudiant devient alors facilement une sorte de gonzesse, voire mieux, « une pédale ». C'est un autre glissement...