free a écrit :À ce jour je n’en vois aucun
CAPITALISM, FALL !!!!!
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Re: CAPITALISM, FALL !!!!!
peut être...ou bien les deux; comme les faces distinctes de la même pièce 
Ø.....?.....Ø
-
metallicseed
Re: CAPITALISM, FALL !!!!!
donc on peut finalement atteindre la vie éternelle grâce a l'espoir 
"l'espoir fait vivre" et "tant qu'y a de la vie y a de l'espoir", cercle vicieux

"l'espoir fait vivre" et "tant qu'y a de la vie y a de l'espoir", cercle vicieux
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- Petitgris
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Re: CAPITALISM, FALL !!!!!
Warren Buffet Part 2 ou "des comme ça, on n'en a pas"
Je citai Buffet, non pas pour montrer son cynisme (spécialité libérale, il est vrai) mais pour saluer sa clairvoyance et son honneteté. Sur CNN, il a eu un entretien qui précise son point de vue :
Dobbs, le PPDA de CNN : Est-ce que vous auriez une solution rapide pour réparer la Sécurité Sociale ?
Warren Buffett : Personnellement, j’augmenterais la base imposable au dessus des 90 000 $.
Dobbs : C’est une idée progressiste. En d’autres termes, les riches paieraient plus ?
Warren Buffett : Ouais. Les riches se portent si bien dans ce pays. Je veux dire, ça n’a jamais aussi bien marché pour nous.
Dobbs : C’est une idée radicale.
Warren Buffett : C’est une guerre de classes, ma classe est en train de la gagner, mais ça n’est pas normal.
Dobbs : Pourtant, on entend la Table Ronde du Business, la Chambre de Commerce des Etats-Unis se plaindre, que « c’est déjà trop coûteux », que « c’est difficile de respecter les lois et de remplir toutes ses obligations ». Quelle est votre réaction ?
Warren Buffett : Eh bien, en ce moment, les profits des entreprises atteignent un sommet en pourcentage du PIB. Tandis que les impôts sur les entreprises, en pourcentage global des impôts, sont presque au plus bas.
Dobbs : Historiquement, vous voulez dire.
Warren Buffett : Historiquement. Alors, vous savez, les entrepreneurs américains ne souffrent pas, disons ça comme ça.
Plus précisemment, il raconte aussi sa stupéfaction d’être moins imposé que sa standardiste :
« car je crois que la seule manière d'aborder ce sujet est d'entrer dans les détails. 15 personnes de ma société [Berkshire Hathaway, NDLR] parmi un total de 18 ont accepté de répondre à l'enquête que nous avons mené en interne, sans que j'ai forcé qui que ce soit à y prendre part. Si l'on comptabilise mes charges sociales et mon impôt sur le revenu, je suis taxé à hauteur de 17,7%. Au bureau, la moyenne est de 32,9%. Il n'y a personne dans l'entreprise, pas même la standardiste, qui paie un taux plus bas que le mien. Et ne j'ai pas d'arrangements, d'avantages fiscaux, ni de comptable. Je fais simplement ce que le Congrès des Etats-Unis me dit de faire ».
Quelques citations pour la route :
"Le système des impôts a complètement dévié en faveur des riches aux dépens des classes moyennes, au cours de ces dix dernières années. C'est dramatique !"
"Etre licencié peut être un fantastique jour de paye pour un patron. Il peut gagner plus, en une journée, en nettoyant son bureau, qu'un travailleur américain gagnera toute sa vie en nettoyant des toilettes."
Je citai Buffet, non pas pour montrer son cynisme (spécialité libérale, il est vrai) mais pour saluer sa clairvoyance et son honneteté. Sur CNN, il a eu un entretien qui précise son point de vue :
Dobbs, le PPDA de CNN : Est-ce que vous auriez une solution rapide pour réparer la Sécurité Sociale ?
Warren Buffett : Personnellement, j’augmenterais la base imposable au dessus des 90 000 $.
Dobbs : C’est une idée progressiste. En d’autres termes, les riches paieraient plus ?
Warren Buffett : Ouais. Les riches se portent si bien dans ce pays. Je veux dire, ça n’a jamais aussi bien marché pour nous.
Dobbs : C’est une idée radicale.
Warren Buffett : C’est une guerre de classes, ma classe est en train de la gagner, mais ça n’est pas normal.
Dobbs : Pourtant, on entend la Table Ronde du Business, la Chambre de Commerce des Etats-Unis se plaindre, que « c’est déjà trop coûteux », que « c’est difficile de respecter les lois et de remplir toutes ses obligations ». Quelle est votre réaction ?
Warren Buffett : Eh bien, en ce moment, les profits des entreprises atteignent un sommet en pourcentage du PIB. Tandis que les impôts sur les entreprises, en pourcentage global des impôts, sont presque au plus bas.
Dobbs : Historiquement, vous voulez dire.
Warren Buffett : Historiquement. Alors, vous savez, les entrepreneurs américains ne souffrent pas, disons ça comme ça.
Plus précisemment, il raconte aussi sa stupéfaction d’être moins imposé que sa standardiste :
« car je crois que la seule manière d'aborder ce sujet est d'entrer dans les détails. 15 personnes de ma société [Berkshire Hathaway, NDLR] parmi un total de 18 ont accepté de répondre à l'enquête que nous avons mené en interne, sans que j'ai forcé qui que ce soit à y prendre part. Si l'on comptabilise mes charges sociales et mon impôt sur le revenu, je suis taxé à hauteur de 17,7%. Au bureau, la moyenne est de 32,9%. Il n'y a personne dans l'entreprise, pas même la standardiste, qui paie un taux plus bas que le mien. Et ne j'ai pas d'arrangements, d'avantages fiscaux, ni de comptable. Je fais simplement ce que le Congrès des Etats-Unis me dit de faire ».
Quelques citations pour la route :
"Le système des impôts a complètement dévié en faveur des riches aux dépens des classes moyennes, au cours de ces dix dernières années. C'est dramatique !"
"Etre licencié peut être un fantastique jour de paye pour un patron. Il peut gagner plus, en une journée, en nettoyant son bureau, qu'un travailleur américain gagnera toute sa vie en nettoyant des toilettes."
Beng geg-a-geng geng geng geng
-
barbapapa
Re: CAPITALISM, FALL !!!!!
pour aller dans le sens de free, un peu plus haut, et au cynisme de buffet, posté par petit gris..
une piste... parmi d'autres
c'est long, mais interessant..
une piste... parmi d'autres
c'est long, mais interessant..
http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=10558
Derrière la panique, la guerre financière pour la future domination
bancaire mondiale
par F. William Engdahl
Mondialisation.ca, Le 14 octobre 2008
Cette version française a été révisée le 22 octobre 2008.
Ce qui ressort du comportement des marchés financiers européens ces deux
dernières semaines, c’est que les anecdotes dramatiques de la crise
financière et la panique provoquée servent délibérément à certains
groupes d’influence - à l’intérieur et en dehors de l'Union européenne -
à façonner le futur visage de la finance mondiale suite à la débâcle aux
États-Unis des subprimes (prêt à haut risque) et des titres adossés à
des créances (ABS). Le développement le plus intéressant des derniers
jours est la position allemande unifiée et forte de la Chancelière, du
ministre des Finances, de la Bundesbank et du gouvernement de coalition.
Tous sont opposés à un super-fond de renflouage bancaire du style
étasunien dans l’Union européenne. Pendant ce temps-là, le ministre
étasunien des Finances, Henry Paulson, continue son copinage capitaliste
(Crony Capitalism) au détriment de la nation et au profit de ses copains
du monde financier. C'est un cocktail inutilement explosif.
La chute de la bourse de 7 à 10 pour cent par jour fait les gros titres
de l'actualité et sert à susciter un grand sentiment de malaise proche
de la panique chez le citoyen ordinaire. Les événements des deux
dernières semaines dans les banques de l'UE - depuis les sauvetages
dramatiques des banques Hypo Real Estate, Dexia et Fortis, et l'annonce
d’Alistair Darling, le Chancelier de l'Échiquier au Royaume-Uni, d'un
changement radical dans la politique du traitement des banques en
difficulté au Royaume-Uni - ont commencé à révéler les grandes lignes
des diverses réponses européennes à ce qui est en réalité une crise «
made in USA ».
On peut raisonnablement penser que Henry Paulson, l’ancien directeur
général de Goldman Sachs, n'est pas un ministre des Finances stupide. Il
y a aussi des raisons réelles de croire qu'il agit en fait en fonction
d'une stratégie à long terme bien pensée. Les événements qui se
déroulent actuellement dans l'UE tendent à le confirmer. Comme me l’a
dit un haut responsable d’une banque européenne lors d’une discussion
privée, « Une guerre est en cours entre les États-Unis et l'Union
européenne pour définir le futur visage de la finance européenne. »
Du point de vue de ce banquier, la tentative en cours du Premier
ministre italien Silvio Berlusconi et du président français Nicolas
Sarkozy de créer un « fonds » commun en Union européenne (avec peut-être
plus de 300 milliards de dollars pour sauver les banques en difficulté)
participerait de facto à la stratégie à long terme de Paulson et de
l’establishment étasunien. En réalité, cela affaiblirait les banques en
remboursant les titres véreux d’origine étasunienne détenus par les
banques de l'UE.
Utiliser la panique pour centraliser le pouvoir
Comme je l’expose dans mon prochain livre, Power of Money: The Rise and
Decline of the American Century, (Le pouvoir de l'argent : essor et
déclin du siècle étasunien), dans toutes les grandes paniques
financières aux États-Unis depuis au moins celle de 1835, les titans de
Wall Street, surtout la Maison JP Morgan avant 1929, ont délibérément
déclenché la panique bancaire en coulisses pour consolider leur emprise
sur le système bancaire étasunien. Les banques privées ont utilisé cette
panique pour contrôler la politique de Washington, notamment la
définition exacte de la propriété privée de la nouvelle Réserve fédérale
en 1913, et pour consolider leur contrôle sur les groupes industriels
comme US Steel, Caterpillar, Westinghouse, etc. En bref, ce sont des
habitués de ce genre de guerre financière, qui augmente leur pouvoir.
Ils doivent maintenant faire quelque chose de semblable à l'échelle
mondiale afin de pouvoir continuer à dominer la finance mondiale, le
cœur de la puissance du siècle étasunien.
Cette pratique du recours à la panique pour concentrer leur pouvoir
privé a créé une concentration extrêmement puissante de pouvoir
financier et économique entre quelques mains du secteur privé. Ce sont
ces mêmes mains qui, en 1921, créèrent le Council on Foreign Relations,
l’influent groupe d’experts en politique étrangère étasunienne, pour
guider la montée du Siècle Étasunien, comme l’appelait Henry Luce, le
fondateur du Time, dans un essai capital en 1941.
Il devient de plus en plus évident que les gens comme Henry Paulson, qui
fut l'un des promoteurs les plus énergiques de la révolution de l’ABS à
Wall Street, avant de devenir ministre des Finances, sont animés par des
mobiles qui dépassent de loin leurs instincts de cupidité. Dans ce
contexte, la propre expérience de Paulson est intéressante. A l’aube des
années 70, Paulson entama sa carrière en travaillant pour un homme
célèbre nommé John Ehrlichman, l’impitoyable conseiller en politique
intérieure du président Nixon. A l'époque du Watergate, John Ehrlichman
avait mis sur pieds la fameuse équipe des plombiers pour réduire au
silence les adversaires du président, mais Nixon l’avait abandonné et il
avait fini en prison, sans soutien.
Paulson semble avoir pris de la graine de son mentor de la Maison
Blanche. Selon un article du New York Times, en 1998, quand il était
coprésident de Goldman Sachs, il a fait partir de force Jon Corzine,
l’autre coprésident, dans ce qui équivalait à un « coup d’État ».
Comme je l'ai exposé en détail dans les parties I à IV de ma précédente
série, Financial Tsunami, il devient évident que Paulson et ses amis de
Citigroup et JP Morgan Chase ont une stratégie, de même que le parrain
de la titrisation des hypothèques et de la déréglementation bancaire,
l’ancien président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan.
Sachant qu’à un moment donné, la pyramide de billions de dollars de
subprimes douteuses et autres titres hypothécaires à haut risque allait
s’effondrer, ils étaient apparemment déterminés à propager le plus
possible dans le monde entier les « déchets toxiques » de l’ABS, pour
attirer les grandes banques du monde, plus particulièrement celles de
l'Union européenne, dans leur piège à miel.
Mais ils n’agissaient pas seuls. Lors de son dernier témoignage sous
serment, Lynn Turner, chef comptable de la Securities and Exchange
Commission (SEC, organisme fédéral de réglementation et de contrôle des
marchés financiers, NDR), qui était chargé de la surveillance du marché
des swaps de défaut (credit default swaps), un marché d’un montant de 62
000 milliards de dollars, avait fait les frais des coupes budgétaires de
l’administration Bush. Son personnel était passé de plus de 100
personnes à une seule. Oui. UNE personne, ce n'est pas une faute de
frappe.
Le représentant du Vermont au Congrès, Peter Welsh demanda à Lynn Turner
« (…) la réduction des effectifs des autorités de régulation visait-elle
à rendre impossible un quelconque contrôle avec un seul employé en poste
? Et est-il exact que 146 personnes ont été licenciées du département de
contrôle du SEC ? ». Et Turner, sous serment, lui répondit « Oui… je
pense qu’un écrémage systématique – appelez ceci comme vous voudrez –
parmi les fonctionnaires a eu lieu dans cette administration, afin de
saper ses capacités de contrôle ».
Etait-ce simplement une coupe budgétaire inspirée par une ferveur
idéologique, ou cette manœuvre avait-elle un objectif caché ? L'ancien
employé de Goldman Sachs, qui avait convaincu le président d’embaucher
Henry Paulson et Joshua Bolten (ancien directeur de l’Office of
Management and Budget (OMB) de Bush et actuel chef d'état-major du
président) tentait-il de s’assurer que le gouvernement ne s’occuperait
pas de l'explosion de la titrisation des actifs hypothécaires ?
Ce sont peut-être des questions que le Congrès ferait bien de poser à
des gens comme Henry Paulson et Joshua Bolten, au lieu de faire
diversion en évoquant le montant des indemnités touchées par Richard
Fuld pour son départ de chez Lehman Brothers. N’y a-t-il pas les
empreintes de M. Bolten sur les lieux du crime ? Et pourquoi n’y a-t-il
personne pour questionner le rôle de Paulson en tant que directeur
général de Goldman Sachs - l’un des promoteurs de titres exotiques et
autres produits de titrisation les plus agressifs - de Wall Street ?
Il semblerait aujourd’hui que la stratégie de Paulson était d'utiliser
une situation de crise - de crise préprogrammée, prévisible dès 2003,
quand Joshua Bolten a accédé à la tête de l’OMB - lorsqu’elle se
produirait, pour affoler les gouvernements les plus conservateurs de
l'Union européenne et les précipiter au secours des actifs pourris des
États-Unis.
Si cela devait arriver, ça détruirait ce qui reste de bon dans le
système bancaire et les institutions financières de l'UE, et cela
rapprocherait le monde d’un marché monétaire contrôlé par les copains de
Paulson, des copains capitalistes « à la mode américaine ». Le «
copinage capitaliste » est certainement une expression appropriée ici.
Robert Rubin, prédécesseur de Paulson à la fois chez Goldman Sachs et au
ministère des Finances, aimait accuser les banquiers de Thaïlande,
d’Indonésie et des autres pays frappés en 1997 par les attaques
spéculatives des fonds de placement sponsorisés par les États-Unis, de «
copinage capitaliste ». Cela donnait l'impression que la crise avait sa
source en Asie et n’était pas la conséquence d'attaques délibérées
d’institutions financières étasuniennes, ayant pour objectif d’éliminer
le modèle des Tigres asiatiques et de transformer l'Asie en bailleur de
fonds de la dette de Washington.
Il est intéressant de noter que Rubin est à présent directeur de
Citigroup, manifestement l'une des banques survivantes « copines de
Paulson ». C’est la banque qui a dû jusqu’ici inscrire à son passif la
plus grande somme en titres empoisonnés.
Si l'allégation de panique planifiée, comme celle de 1907, est exacte
(et c'est un grand « si »), alors le plan a réussi… jusqu'à un certain
point. Ce point a été franchi pendant le week-end du 3 octobre, le même
jour que l’anniversaire de l'unification nationale de l’Allemagne.
L'Allemagne rompt avec le modèle étasunien
Dans la soirée du dimanche 5 octobre, lors de pourparlers à huis clos,
Alex Weber, patron pragmatique de la Bundesbank, Jochen Sanio, dirigeant
de BaFin, et des représentants du gouvernement de coalition à Berlin de
la chancelière Angela Merkel, ont lancé pour Hypo Real Estate (HRE) un
plan de renflouage d'un valeur nominale de 50 milliards d’euros.
Toutefois, comme le soulignait Weber au ministre des Finances Peer
Steinbrück dans une lettre du 29 septembre rendue publique dans la
presse, les banques privées allemandes doivent apporter 60 pour cent de
la somme et l’Etat, 40 pour cent. De plus, compte tenu de l'attention
avec laquelle le gouvernement, en coopération avec la Bundesbank et
BaFin, a établi l’accord de crédit de secours, la perte maximale
possible pour l'État serait limitée à 5,7 milliards d’euros dans le pire
des scénarios, et non pas à 30 milliards, comme beaucoup le pensent.
C’est toujours beaucoup d'argent, mais ce n’est rien en comparaison du
chèque de 700 milliards de dollars que le Congrès des États-Unis,
contraint par les quelques jours de chute des cours boursiers, a décidé
de donner à Paulson.
La rapidité d'action du ministre des Finances Steinbrück à licencier la
direction de HRE, en contraste frappant avec Wall Street où les
fraudeurs du même acabit restent dans leur bureau à récolter d'énormes
primes, témoigne aussi d’une approche différente. Mais cela ne tranche
pas le nœud du problème. La situation de HRE provient, comme noté
précédemment, des excès de DEPFA, sa banque filiale auxiliaire en
propriété exclusive, basée en Irlande, un pays de l'UE connu pour sa
réglementation libérale peu contraignante et son bas régime fiscal.
Changement dans la politique britannique
Au Royaume-Uni, après le renflouage stupide et coûteux de Northern Rock
en début d'année, le gouvernement du Premier ministre Gordon Brown vient
d'annoncer un changement politique radical, allant dans le même sens que
l'Allemagne. Les banques britanniques obtiendront exceptionnellement 50
milliards de livres (64 milliards d’euros) de crédits de renflouage du
gouvernement et de prêts de secours de la Banque d'Angleterre.
Le Trésor Public a déclaré que le gouvernement allait acheter des
actions privilégiées de la Royal Bank of Scotland Group Plc, de Barclays
Plc et d’au moins six autres banques, et fournira environ 250 milliards
de livres de garanties de prêts pour refinancer la dette. La Banque
d'Angleterre mettra à disposition au moins 200 milliards de livres. Le
plan ne précise pas combien obtiendra chaque banque.
Tout ça signifie que le gouvernement britannique va nationaliser, au
moins partiellement, ses banques internationales les plus importantes,
au lieu de racheter leurs prêts véreux dans le style d’un plan
inapplicable à la Paulson. Avec cette approche, le coût pour le
contribuable du Royaume-Uni sera bien moindre car, une fois la crise
calmée et les affaires revenues à la normale, le gouvernement pourra
vendre des parts de l'État aux banques en bonne santé avec peut-être un
bon bénéfice pour le Trésor Public. Le gouvernement Brown a sans doute
réalisé que la couverture de garantie accordée à Northern Rock et
Bradford & Bingley en début d’année n’a fait qu’ouvrir les vannes des
dépenses gouvernementales sans arranger le problème.
Cette nouvelle politique de nationalisation contraste totalement avec
l’approche idéologique du libre marché prônée par Paulson, qui consiste
à racheter le titres sans valeur détenus par des banques que Paulson a
choisi de sauver, plutôt que de recapitaliser les banques pour leur
permettre de continuer à fonctionner.
Les lignes de la bataille se dessinent
Que se dégage-t-il des grandes lignes des deux approches opposées face
au développement de la crise ? À présent, le plan Paulson fait
manifestement partie d'un projet visant à créer trois colosses
financiers mondiaux : Citigroup, JP Morgan Chase et bien entendu Goldman
Sachs, la « maison » de Paulson, maintenant transformée en banque de
façon assez opportune. Après être parvenus à arracher 700 milliards de
dollars aux contribuables étasuniens par la peur et la panique, ces
trois mastodontes utiliseront leurs muscles hors du commun pour ravager
les banques européennes dans les années à venir. Tant que les plus
grandes agences mondiales financières de notation - Moody's et Standard
& Poors - seront épargnées par les scandales et les auditions au
Congrès, le pouvoir financier réorganisé de Goldman Sachs, Citigroup et
JP Morgan Chase pourrait potentiellement se regrouper et faire
progresser leur plan de bataille mondial dans les prochaines années, en
marchant sur les cendres de la faillite de l'économie étasunienne, mise
en banqueroute par leur folie.
En s’accordant sur la stratégie de nationalisation des banques que les
ministres des Finances de l'UE estiment « trop stratégiques par leur
caractère systémique pour être abandonnées » tout en garantissant les
dépôts bancaires, les plus grands gouvernements de l'UE, l'Allemagne et
le Royaume-Uni, ont pris le contre-pied des États-Unis, et ont opté pour
une approche sur le long terme, qui permettra aux géants bancaires de
résister aux attaques financières de géants comme Goldman Sachs ou
Citigroup.
La liquidation spectaculaire des actions sur les bourses d'Europe et
d'Asie est en réalité un problème secondaire, bien moins critique. Selon
des rapports du marché, ce bradage est alimenté surtout par les fonds de
placements (hedge funds) étasuniens, qui tentent désespérément d’obtenir
des liquidités, car ils réalisent que l'économie étasunienne se dirige
vers une dépression économique à laquelle ils seront exposés et que le
plan Paulson ne prévoit pas de régler le problème.
Le problème le plus important, c’est de trouver un système bancaire et
interbancaire solvable et fonctionnel. La débâcle de l'ABS était « made
in New York ». Néanmoins, ses effets doivent être isolés et les banques
viables de l'UE défendues dans l'intérêt public et non pas, comme aux
États-Unis, dans le seul intérêt des banques des « copains de Paulson ».
Les instruments non réglementés à l’étranger, comme les hedge funds et
les banques et assurances non réglementées, ont tous participé à la
construction de ce que j’ai appelé un tsunami de 80 000 milliards de
dollars en ABS. Certains des gouvernements les plus conservateurs de
l’UE ne sont pas sur le point d’adopter le remède proposé par
Washington.
Tout en s’emparant des gros titres, la baisse coordonnée des taux
d'intérêt de la BCE et des autres banques centrales européennes ne fait
pas grand chose en réalité pour traiter le vrai problème : la peur des
banques de se prêter entre elles tant que leur solvabilité n’est pas
assurée.
En amorçant un état partiel de nationalisation dans l'UE, et en rejetant
le système de renflouage Berlusconi-Sarkozy, les gouvernements de l'UE,
cette fois menés de façon intéressante par l'Allemagne, mettent en place
une base saine pour sortir de la crise.
Et c’est loin d'être terminé. C’est là une lutte pour la survie du
Siècle étasunien, en construction depuis 1939 par la domination
financière et militaire : les piliers jumeaux de la domination
étasunienne.
Les banques asiatiques, gravement endommagées par la crise asiatique de
1997-98 pilotée par Wall Street, sont apparemment très peu exposées aux
problèmes étasuniens. Les banques européennes sont exposées de
différentes façons, mais aucune ne l’est aussi sérieusement que la
sphère bancaire étasunienne.
Original en anglais: Behind the Panic: Financial Warfare and the Future
of Global Bank Power, publié le 9 octobre 2008.
- bld01
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Re: CAPITALISM, FALL !!!!!
La sortie du capitalisme a déjà commencé
La dernière analyse d’André Gorz
André Gorz est mort le 22 septembre 2007 à 84 ans . Quelques jours auparavant, ce texte aux accents prophétiques circula (le texte est publié avec quelques coupes. on peut prendre connaissance du texte complet sur de nombreux sites, comme : http://kinoks.org/spip.php .
Il faut le relire aujourd’hui, à la lumière d’une crise financière qui semble saper les bases mêmes du capitalisme.
Face aux inévitables gourous de la finance qui ont toujours tout compris, nous avons besoin de cette parole lucide pour prendre la mesure de l’enjeu.
Article paru dans POLITIQUE n°56 : octobre 2008, par André Gorz
La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système mort-vivant qui se survit en masquant par des subterfuges la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.
Cette crise de système tient au fait que la masse des capitaux accumulés n’est plus capable de se valoriser par l’accroissement de la production et l’extension des marchés. La production n’est plus assez rentable pour pouvoir valoriser des investissements productifs additionnels. Les investissements de productivité par lesquels chaque entreprise tente de restaurer son niveau de profit ont pour effet de déchaîner des formes de concurrence meurtrières qui se traduisent, entre autres, par des réductions compétitives des effectifs employés, des externalisations et délocalisations, la précarisation des emplois, la baisse des rémunérations, donc, à l’échelle macro-économique, la baisse du volume de travail productif de plus-value et la baisse du pouvoir d’achat. Or moins les entreprises emploient de travail et plus le capital fixe par travailleur est important, plus le taux d’exploitation c’est-à-dire le surtravail et la survaleur produits par chaque travailleur doivent être élevés. Il y a à cette élévation une limite qui ne peut être indéfiniment reculée, même si les entreprises se délocalisent en Chine, aux Philippines ou au Soudan.
Les chiffres attestent que cette limite est atteinte. L’accumulation productive de capital productif ne cesse de régresser. Aux États-Unis, les 500 firmes de l’indice Standard & Poor’s disposent en moyenne de 631 milliards de réserves liquides ; la moitié des bénéfices des entreprises américaines provient d’opérations sur les marchés financiers. En France, l’investissement productif des entreprises du CAC 40 n’augmente pas, même quand leurs bénéfices explosent. L’impossibilité de valoriser les capitaux accumulés par la production et le travail explique le développement d’une économie fictive fondée sur la valorisation de capitaux fictifs. Pour éviter une récession qui dévaloriserait le capital excédentaire (suraccumulé), les pouvoirs financiers ont pris l’habitude d’inciter les ménages à s’endetter, à consommer leurs revenus futurs, leurs gains boursiers futurs, la hausse future de la valeur marchande de leur logement, cependant que la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, les achats futurs des ménages, les gains que feraient dégager les dépeçages et les restructurations, imposés par les LBO d’entreprises qui ne s’étaient pas encore mises à l’heure de la précarisation, surexploitation et externalisation de leurs personnels.
La valeur fictive (boursière) des actifs financiers a doublé en l’espace d’environ six ans, passant de 80 000 à 160 000 milliards de dollars (soit trois fois le PIB mondial), entretenant aux États-Unis une croissance économique fondée sur l’endettement intérieur et extérieur, lequel entretient de son côté la liquidité de l’économie mondiale et la croissance de la Chine, des pays voisins et par ricochet de l’Europe.
La victoire de Tatcher
L’économie réelle est devenue un appendice des bulles financières. Il faut impérativement un rendement élevé du capital propre des firmes pour que la bulle boursière n’éclate pas et une hausse continue du prix de l’immobilier pour que n’éclate pas la bulle des certificats d’investissement immobilier vers lesquels les banques ont attiré l’épargne des particuliers en leur promettent monts et merveilles – car l’éclatement des bulles menacerait le système bancaire de faillites en chaîne, l’économie réelle d’une dépression prolongée (la dépression japonaise dure depuis quinze ans).
« Nous cheminons au bord du gouffre », écrivait Robert Benton. Voilà qui explique qu’aucun État n’ose prendre le risque de s’aliéner ou d’inquiéter les puissances financières. I1 est impensable qu’une politique sociale ou une politique de « relance de la croissance » puisse être fondée sur la redistribution des plus-values fictives de la bulle financière. I1 n’y a rien à attendre de décisif des États nationaux qui, au nom de l’impératif de compétitivité, ont au cours des trente dernières années abdiqué pas à pas leurs pouvoirs entre les mains d’un quasi-État supranational imposant des lois faites sur mesure dans l’intérêt du capital mondial dont il est l’émanation – ces lois, promulguées par l’OMC, l’OCDE et le FMI, imposent dans la phase actuelle le tout-marchand, c’est-à-dire la privatisation des services publics, le démantèlement de la protection sociale, la monétarisation des maigres restes de relations non commerciales. Tout se passe comme si le capital, après avoir gagné la guerre qu’il a déclarée à la classe ouvrière, vers la fin des années 1970, entendait éliminer tous les rapports sociaux qui ne sont pas des rapports acheteur/vendeur, c’est-à-dire qui ne réduisent pas les individus à être des consommateurs de marchandises et des vendeurs de leur travail ou d’une quelconque prestation considérée comme « travail » pour peu qu’elle soit tarifée. Le tout marchand, le tout marchandise comme forme exclusive du rapport social poursuit la liquidation complète de la société dont Margaret Thatcher avait annoncé le projet. Le totalitarisme du marché s’y dévoilait dans son sens politique comme stratégie de domination. Dès lors que la mondialisation du capital et des marchés, et la férocité de la concurrence entre capitaux partiels exigeaient que l’État ne fût plus le garant de la reproduction de la société mais le garant de la compétitivité des entreprises, ses marges de manoeuvre en matière de politique sociale étaient condamnées à se rétrécir, les coûts sociaux à être dénoncés comme des entorses à la libre concurrence et des entraves à la compétitivité, le financement public des infrastructures à être allégé par la privatisation. (...)
Si l’on a à l’esprit cette toile de fond, les programmes, discours et conflits qui occupent le devant de la scène politique paraissent dérisoirement décalés par rapport aux enjeux réels. Les promesses et les objectifs mis en avant par les gouvernements et les partis apparaissent comme des diversions irréelles qui masquent le fait que le capitalisme n’offre aucune perspective d’avenir, sinon celle d’une détérioration continue des conditions de vie, d’une aggravation de sa crise, d’un affaissement prolongé passant par des phases de dépression de plus en plus longues et de reprise de plus en plus faibles. Il n’y a aucun « mieux » à attendre si on juge le mieux selon les critères habituels : il n’y aura plus de « développement » sous la forme du plus d’emplois, plus de salaire, plus de sécurité. Il n’y aura plus de « croissance » dont les fruits puissent être socialement redistribués et utilisés pour un programme de transformations sociales transcendant les limites et la logique du capitalisme.
Mirages du plein emploi
L’espoir mis, il y a quarante ans, dans des « réformes révolutionnaires » qui, engagées de l’intérieur du système sous la pression de luttes syndicales, finissent par transférer à la classe ouvrière les pouvoirs arrachés au capital, cet espoir n’existe plus. La production demande de moins en moins de travail, distribue de moins en moins de pouvoir d’achat à de moins en moins d’actifs ; elle n’est plus concentrée dans de grandes usines pas plus que ne l’est la force de travail. L’emploi est de plus en plus discontinu, dispersé sur des prestataires de service externes, sans contact entre eux, avec un contrat commercial à la place d’un contrat de travail. Les promesses et programmes de « retour » au plein emploi sont des mirages dont la seule fonction est d’entretenir l’imaginaire salarial et marchand, c’est-à-dire l’idée que le travail doit nécessairement être vendu à un employeur et les biens de subsistance achetés avec l’argent gagné. Autrement dit : qu’il n’y a pas de salut en dehors de la soumission du travail au capital et de la soumission des besoins à la consommation de marchandises : qu’il n’y a pas de vie, pas de société au-delà de la société de la marchandise et du travail marchandisé, au-delà et en dehors du capitalisme.
L’imaginaire marchand et le règne de la marchandise empêchent d’imaginer une quelconque possibilité de sortir du capitalisme et empêchent par conséquent de vouloir en sortir. Aussi longtemps que nous restons prisonniers de l’imaginaire salarial et marchand, l’anticapitalisme et la référence à une société au-delà du capitalisme resteront abstraitement utopiques et les luttes sociales contre les politiques du capital resteront des luttes défensives qui, dans le meilleur des cas, pourront freiner un temps mais non pas empêcher la détérioration des conditions de vie.
Décroissance ?
La « restructuration écologique » ne peut qu’aggraver la crise du système. Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis 150 ans. Si on prolonge la tendance actuelle, le PIB mondial sera multiplié par un facteur 3 ou 4 d’ici à l’an 2050. Or, selon le rapport du Conseil sur le climat de l’ONU, les émissions de CO2 devront diminuer de 85% jusqu’à cette date pour limiter le réchauffement climatique à 2°C au maximum. Au-delà de 2°C, les conséquences seront irréversibles et non maîtrisables.
La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d’autres rapports sociaux. En leur absence, la décroissance risque d’être imposée à force de restrictions, rationnements, allocations de ressources caractéristiques d’un socialisme de guerre. La sortie du capitalisme s’impose donc d’une façon ou d’une autre. La reproduction du système se heurte à la fois à ses limites internes et aux limites externes engendrées par le pillage et la destruction d’une des deux « principales sources d’où jaillit toute la richesse » : la terre. La sortie du capitalisme a déjà commencé sans être encore voulue consciemment. La question porte seulement sur la forme qu’elle va prendre et la cadence à laquelle elle va s’opérer. (...)
16 septembre 2007
- Sellafield 2 will release the same amount of radioactivity into the environment as Tschernobyl every 4,5 years.
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- travail : du latin : trepalium, instrument de torture....
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Re: CAPITALISM, FALL !!!!!
c'est pas fini
suite > http://www.mondialisation.ca/index.php? ... &aid=11061La Grande Dépression du 21ème siècle : l’effondrement de l'économie réelle
par Michel Chossudovsky
La crise financière s’aggrave au risque de perturber gravement le système international de paiements.
Cette crise est bien plus grave que la Grande Dépression. Tous les grands secteurs de l'économie mondiale sont touchés. De récents rapports suggèrent que le système des lettres de crédit, ainsi que le transport maritime international, qui constituent la bouée de sauvetage du système commercial international, sont potentiellement en danger.
Le « plan de sauvetage » bancaire, envisagé dans le cadre du fameux Troubled Asset Relief Program (TARP), n’est pas une « solution » à la crise, mais la « cause » de plus de débâcle.
Le « plan de sauvetage » contribue au processus de déstabilisation de l'architecture financière. Il transfère de grandes quantités d'argent public entre des mains de financiers privés au détriment du contribuable. Il conduit au dérapage de la dette publique et à une centralisation du pouvoir bancaire sans précédent. Qui plus est, l’argent du renflouage est utilisé par les géants financiers pour garantir leurs acquisitions d'entreprise à la fois dans le secteur financier et dans l'économie réelle.
En revanche, cette concentration sans précédent de puissance financière accule à la banqueroute des secteurs entiers de l'industrie et de l'économie des services, provoquant la mise au chômage de dizaines de milliers d’employés.
Les hautes sphères de Wall Street éclipsent l'économie réelle. De grandes quantités d'argent, accumulées par une poignée de conglomérats de Wall Street et leurs associés des fonds spéculatifs (hedge funds), sont réinvesties dans l'achat de biens réels.
La richesse sous forme d’argent se transforme en possession et contrôle des moyens de production réels, que sont notamment l'industrie, les services, les ressources naturelles, les infrastructures, etc.
L’effondrement de la demande de biens de consommation
L'économie réelle est en crise. L'augmentation du taux de chômage qui en résulte est propice à la baisse des dépenses de consommation, qui se répercute à son tour sur le niveau de la production des biens et services.
Aggravée par la politique macro-économique néolibérale, cette spirale descendante cumulative aboutit à une offre excédentaire de marchandises.
Les entreprises ne peuvent vendre leurs produits puisque leurs employés ont été mis au chômage. Les consommateurs, à savoir les travailleurs, ont été privés du pouvoir d'achat nécessaire au maintien de la croissance économique. Avec leurs maigres revenus, ils ne peuvent se permettre d’acheter les biens produits.
La surproduction entraîne une série de faillites
Les listes de biens invendus s'accumulent. Tôt ou tard, la production s'écroule ; l’offre de marchandises diminue à cause de la fermeture des installations de production, notamment des usines de fabrication et de montage.
Dans ce processus de fermeture d'usines, toujours plus de travailleurs deviennent des chômeurs. Des milliers d'entreprises en faillite sont chassées du paysage économique, entraînant la chute de la production.
La pauvreté généralisée et le déclin mondial du niveau de vie résultent des bas salaires et du chômage généralisé. C’est le fruit d'une économie mondiale de main-d'œuvre bon marché, largement caractérisée par les usines d'assemblage à faible salaire dans les pays du tiers-monde.
La crise actuelle étend les contours géographiques de l'économie de main-d'œuvre bon marché, provoquant l'appauvrissement de grands pans de population (dont la classe moyenne) dans pays soi-disant développés.
Aux États-Unis, au Canada et en Europe de l'Ouest, le secteur industriel entier est potentiellement en danger.
Nous avons affaire à un long processus de restructuration économique et financière. Dans sa phase initiale, débutant dans les années 1980, à l’ère Reagan-Thatcher, des entreprises locales et régionales, des exploitations agricoles familiales et de petites entreprises ont été déplacées et détruites. En retour, le boom des fusions et des acquisitions dans les années 1990 a conduit à la consolidation simultanée de grandes entités corporatives, à la fois dans l'économie réelle et dans les services bancaires et financiers.
Toutefois, dans les récents développements, la concentration du pouvoir bancaire se fait au détriment des grandes entreprises.
Ce qui diffère dans cette phase particulière de la crise, c’est non seulement la capacité des géants financiers (grâce à leur contrôle décisif sur le crédit) à créer le chaos dans la production de biens et de services, mais aussi à saper et à détruire les grandes sociétés de l’économie réelle.
Les faillites surviennent dans tous les principaux secteurs d'activité : fabrication, télécommunications, vente au détail, centres commerciaux, compagnies aériennes, hôtels et tourisme, sans parler de l'immobilier et de la construction, et des victimes de la débâcle du prêt hypothécaire à risque (subprime).
General Motors a confirmé qu'« il pourrait être à cours de liquidité d’ici quelques mois, ce qui provoquerait l'un des plus grands dépôts de bilan de l'histoire étasunienne. » (USNews.com, 11 novembre 2008.) En retour, cela pourrait se répercuter sur une série d’industries connexes. L’évaluation des pertes d'emplois dans l'industrie automobile des États-Unis va de 30.000 à plus que 100.000. (Ibid).
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