http://france.attac.org/spip.php?article8196Congrès de Versailles : Attac condamne le passage en force du traité de Lisbonne approuvé aujourd'hui par les parlementaires
article publié le 4/02/2008
auteur-e(s) : Attac France
Les parlementaires viennent aujourd’hui en congrès de voter la modification de la constitution préalable à la ratification du traité de Lisbonne. Ainsi ils ont validé la forfaiture présidentielle consistant à imposer au peuple français le traité rejeté par celui-ci en 2005. Il s’agit là d’un des plus graves coups portés à la démocratie dans notre pays, avec la complicité de la plupart des députés et sénateurs. Ceux-ci avaient pourtant la possibilité de bloquer le processus et d’imposer un référendum au président de la République : ils ne l’ont pas fait, invoquant des raisons aussi fallacieuses les unes que les autres !
Attac tient cependant à saluer les parlementaires qui, à Versailles, bravant parfois les consignes de leurs directions, et quelle que soit leur opinion sur le contenu du traité, ont refusé de cautionner ce déni de démocratie et souhaité redonner la parole au peuple souverain. De même, nous nous félicitons de la forte mobilisation populaire qui s’est déroulée aujourd’hui à Versailles lors du Congrès, ou plus de 1 000 personnes étaient rassemblées. Celle-ci est une preuve que les citoyennes et les citoyens n’ont pas renoncé à faire entendre leur voix. Elle confirme, avec les centaines de réunions publiques qui ont eu lieu ces derniers mois, l’intérêt que portent toujours les citoyennes et les citoyens à la question européenne.
Ce qui s’est passé en France va hélas se reproduire dans la plupart des États de l’Union européenne, puisque l’ensemble des dirigeants se sont entendus pour faire passer ce texte au pas de charge sans jamais demander son avis au peuple. Seule l’Irlande aura droit à un référendum, par obligation constitutionnelle.
Ce processus montre l’échec des élites néolibérales à faire accepter leur projet par les Européens. À ne plus pouvoir construire l’Europe néolibérale sans les peuples, on l’a construit contre l’avis qu’ils expriment dans les urnes. Les procédés anti-démocratiques s’ajoutent les uns aux autres, absence de consultation populaire, remise en cause des droits sociaux nationaux par une Cour de justice toute puissante… Cette dérive mortifère ne pourra perdurer très longtemps. La crise financière, qui fait des dégâts bien au delà des banques, nous le montre une fois de plus aujourd’hui : le néolibéralisme doit être dépassé de toute urgence.
C’est pourquoi Attac France et les Attac d’Europe continueront sur ces sujets à jouer leur rôle de mouvement d’éducation populaire tourné vers l’action : dénoncer les politiques néolibérales européennes, proposer des alternatives concrètes, être partie prenante de la construction de mobilisations sociales européennes. Attac prendra notamment très rapidement des initiatives pour faire de la présidence française, puis des élections européennes de 2009, de vrais moments de mobilisations et de débats. Le Forum Social Européen en septembre 2008 sera également un moment important pour rassembler toutes les initiatives citoyennes et avancer des propositions pour l’Europe que nous voulons.
Attac France,
Versailles, le 4 février 2008
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14 ... 354,0.htmlVERSAILLES (Reuters) - François Fillon a exhorté députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles à devenir des "acteurs de l'Histoire" en permettant la ratification du traité de Lisbonne, qui sortira l'Europe de son "enlisement".
"A ceux qui, pour des raisons de forme, contestent les modalités d'adoption du traité de Lisbonne par la voie parlementaire et à ceux qui, pour des raisons de fond, s'opposent à ce traité, je pose une question simple: voulez-vous réellement relancer l'Europe ou préférez-vous son enlisement?", a lancé le Premier ministre en ouvrant la séance du Congrès.
"Le traité de Lisbonne satisfait à nos responsabilités vis-à-vis de l'Europe et il satisfait à nos devoirs vis-à-vis des Français. Aux blocages, à l'opposition, il substitue la synthèse et l'initiative", a-t-il souligné.
"Le vote qui va avoir lieu n'est pas seulement un vote pour la France, ce n'est pas seulement un vote pour l'Europe, c'est aussi un vote qui distingue les acteurs des spectateurs de l'Histoire", a-t-il conclu.
Le Premier ministre visait notamment les socialistes, qui se sont rendus à Versailles en ordre dispersé. La majorité des élus du PS dénoncent le choix de Nicolas Sarkozy de faire adopter le traité de Lisbonne par voie parlementaire et non référendaire comme en 2005. Ils s'abstiendront lors du vote.
Le projet de loi modifiant la Constitution, qui doit être approuvé par les 3/5e des suffrages exprimés à Versailles, est un préalable nécessaire au vote de l'Assemblée nationale et du Sénat sur la ratification du traité de Lisbonne.
Le titre XV de la Constitution de 1958 fait en effet référence au "Traité établissant une Constitution pour l'Europe signé le 29 octobre 2004", un texte caduc puisque rejeté en 2005 par référendum en France et aux Pays-Bas.
Le scrutin public avec bulletins électroniques devrait débuter vers 17h15. Les résultats seront annoncés vers 18h00.
Le texte sera présenté le 6 février en conseil des ministres et examiné dans la soirée par les députés qui se prononceront le lendemain par un vote solennel. Le Sénat l'examinera à son tour dans la foulée en séance de nuit.
Sophie Louet
CONGRES DE VERSAILLES LE 4 FEVRIER 2008.
Ce qui se passe en France aujourd’hui au niveau institutionnel est extrêmement grave et dangereux.
Cela concerne la violation des principes fondamentaux de la République qu’est en train d’essayer d’accomplir le Président de cette République au sujet du Traité européen.
C’est une violation de l’esprit de la Constitution (française).
C’est une violation de la souveraineté du Peuple français.
C’est une première dans l’histoire de la France Républicaine depuis les sombres heures de l’Etat Français de Vichy.
Ce « nouveau mini - traité » (ainsi qualifié pour le faire paraître inoffensif) est en substance exactement le même que le TCE, rejeté majoritairement le 29 MAI 2005 par nos concitoyens.
En s’exprimant par voie référendaire contre cette constitution libérale pour l’Europe, le Peuple français a fait entendre sa voix souveraine.
Celle–ci passe au dessus de toutes les têtes, au dessus de tous les partis, s’impose à tous, c’est le fondement de la démocratie et de la République.
Si cette voix est étouffée, négligée, repoussée d’un revers de main, si ce vote de Mai 2005 est considéré comme nul et non avenu, nous devons redouter de graves dangers dans l’avenir, pour notre pays, pour les citoyens.
Nicolas SARKOZY tente de légitimer dans cette phase avancée ce qui ressemble de plus en plus à un coup d’état institutionnel.
Les élus du Peuple français, Députés, Sénateurs, ne doivent pas emboîter le pas à Nicolas SARKOZY, ne peuvent pas cautionner par la révision de la Constitution cette forfaiture anti - démocratique.
Aujourd’hui, la majorité de ces élus, de droite et de gauche, ont adapter la Constitution française permettant ainsi la ratification du TCE.
Ainsi, ils admettent explicitement qu’ils vont renoncer à leur obligation de mandataire du Peuple, qu’ils vont renoncer à défendre la légitimité républicaine, qu’ils sont prêts à laisser un Président de la République violer la voix du Peuple et la souveraineté de la Nation.
Ce n’est pas admissible. C’est intolérable.
Les principes républicains de la France sont issus de combats sanglants, de moments glorieux, gravés dans nos cœurs et nos mémoires.
Si Nicolas SARKOZY peut impunément agir ainsi, le Peuple de France risque de le payer cher pour ses libertés.
Cette bataille contre sa volonté hégémonique est décisive.
Il va tester dans cette phase peu reluisante la capacité du monde du Travail à résister et à combattre le Capital.
Ce combat et cette résistance, le Peuple de France les mèneront quoi qu’il en soit, au delà de toute divergence idéologique, car l’important c’est d’agir ensemble. Agissez !!
