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De la non violence ...

Publié : 27 mai 2008, 14:10
par free
On peut se demander parfois si d'être non-violent n'est pas source de tromperie. Comme si la non-violence était une sorte d'extension du politiquement correct, de la morale à 2 balles (religieuse, républicaine, etc.).
Qu'à la violence, on ne doit répondre par la violence... et si on se trompait ?
Je suis moi-même non violent autant que c’est possible. Toutefois, cher ami, Jean, je vais vous raconter brièvement l’histoire colombienne d’Haïti et du tribut de la non violence de la plupart de ses premiers habitants.

En 1492, ce voyou criminel que fut Christophe Colomb fit la conquête de l’ouest de l’écoumène, conquête célébrée par les occidentaux comme découverte de l’Amérique. Découverte dont le concept même est un ethnocide eurocentriste en tant qu’il nie la conscience de ceux qui vivaient sur les territoires et qui avaient exploré, peuplé des siècles voire des millénaires déjà avant les européens la terre ultérieurement dénommée Amérique.

Bien entendu, cela n’est pas mon propos du jour. Pour revenir donc à l’Histoire colombienne d’Haïti, en 1492, il y avait entre 1 million et demi voire 2 millions de taïnos sur la terre haïtienne que Colomb rebaptisa Hispaniola. En 1503, il n’en restait que 10 mille. Les taïnos, trop pacifiques, trop non violents furent tous détruits par les armes de l’envahisseur, par l’esclavagisation, par les sévices des barbares espagnols conduits par l’immonde italien dont le nom résonne encore comme une infamie à mon entendement d’homme.

1503 toujours, une autre horreur commença, les noirs dont je suis en partie descendant, vu le grand métissage de mon tronc généalogique, furent traînés comme des choses dans les cales des négriers selon le conseil de l’évêque Las Casas qui conjurait Isabelle la catholique d’esclavagiser les nègres plutôt que les « indiens » - (nom donné aux taïnos par Colomb, le premier colon de l’Amérique) - pas assez forts pour travailler dans les mines. Force est de constater que les taïnos ont fini par disparaître totalement d’Haïti, appellation qu’ils ont d’ailleurs donnée à leur terre, leur pays volé au prix de leur sang par l’Europe.

Dans d’autres sociétés moins crédules, plus combatives et plus violentes, les européens n’ont pas su détruire toutes les populations. Ma question donc, est celle-ci : avec la canaille criminelle qui poursuit de paisibles gens, la violence défensive n’est-elle pas obligatoire dans certaines conditions ? Quand on sait que la presse n’existait pas au temps des taïnos, on peut me répliquer que Gandhi et Martin L. King ont réussi en partie ! Mais cette presse, dites-vous bien, ne couvre que ce qu’elle veut. Aujourd’hui de mini génocides se font couramment en Afrique, commandités par des compagnies occidentales exacerbant des imbécillités tribales de certaines régions africaines et organisant des massacres comme ce fut récemment le cas en Sierra Leone avec des compagnies commerciales européennes et nord américaines du diamant.

La violence défensive, je le dis, est hélas, nécessaire à la survie dans certaines circonstances d’agression. Tant que le matériel primera le spirituel et que même les religions instituées officielles demeureront en filigrane des soupapes idéologiques de l’intérêt, la violence sera la seule réponse de l’opprimé poussé à bout et devant, vie contre vie, assurer sa survie, sa dignité, sa reconnaissance humaine par la bête criminelle, obsédée d’intérêt et de profit au mépris l’homme.

Fanon pensait que le racisme dominateur du blanc était tel que (et je cite) « lorsqu’un blanc débarquait quelque part parmi des non blancs, il avait deux destins possibles, soit il est tué, soit il devenait dieu » ! Et ce théoricien français de la dramaturgie que fut Antonin Artaud, nous raconte dans sa préface au théâtre et son double comment « l’arrivée d’un bateau européen sur des côtes étrangères voyait toujours les blancs apporter la décimation des ethnies non blanches envahies par les armes, la contagion par des maladies inconnues telles la peste et la variole ». Et moi, je le dis, la domination occidentale s’est faite et se maintient par la violence dominatrice et exterminatrice, les génocides et ce qui est peut-être la pire de toutes les violences, l’aliénation idéologique des dominés pour rendre pérennes les conquêtes abjectes du colonialisme ancien et nouveau.

Dans un monde où les loups ont toujours raison à cause de leurs crocs, il me semble impossible, cher ami, que les agressés restent des agneaux non violents et en même temps prétendre se libérer voire survivre parmi leurs prédateurs carnassiers. Hélas ! le monde est le lieu de la prégnance, de la violence et du règne des violents prenant tout aux non violents et ensuite faisant des lois interdisant la violence des victimes !

Par ailleurs, ce qui relève d’un tout autre registre, il y a au stade ontologique, une violence vitale comme une violence létale de l’esprit. Cela, j’y reviendrai sans doute un jour sur Altermonde.

Camille Loty Malebranche
Réfléchissons bien aux actes commis, qui sous couvert de l'histoire ou plutôt de la manipulation de l'histoire, sont (ou seront) justifiés pour les crimes qui se déroulent. Je crois que les exemples ne manquent pas et pas seulement à l'autre bout du monde mais chez soi.
Les nantis, l'etat, la police, (etc.): coupables !
Que tous les moutons du monde s'unissent ! :lol:

Re: De la non violence ...

Publié : 27 mai 2008, 14:39
par Supertongs
Martin Luther King a échoué là où Gandhi a réussi.
Si le mahatma a fait triompher sa cause en utilisant la non violence (encore qu'il s'est fait violence toute sa vie, donc, le terme est à redéfinir), c'est qu'il était au bon moment au bon endroit.
Il a bénéficié d'une conjoncture qui n'existe plus nulle part sur cette terre et qu'on ne peut plus reproduire.
Ceci dit, la non violence est une attitude qui peut fonctionner à petite échelle et à échelle individuelle, même si elle demande infiniment plus de conviction et de courage par rapport au laisser aller instinctif de la violence ordinaire. En effet, la non violence n'est pas "naturelle" chez l'homme, elle se forge, s'apprend et s'applique après des années d'interrogation et de travail sur soi.

Re: De la non violence ...

Publié : 27 mai 2008, 14:58
par bozo
Salut :D !

L'homme est violent par nature, refusé d'accepter et de vivre avec ce trait de caractère, c'est renié son humanité.
C'est juste mon avis, l'important est de canalisé cette "énergie destructrice" présente en chacun d'entre nous...

PEACE! :wink:

Re: De la non violence ...

Publié : 03 juin 2008, 19:05
par free
allez hop :up:

Re: De la non violence ...

Publié : 03 juin 2008, 21:45
par marteau rouge
Comme je le disais autre part, la non-violence oui, d'accord mais je suis pas d'accord de la pousser non plus trop loin. Le dialogue est primordiale mais il y a un moment au d'autre mot doivent raisonner.
Sa dépend aussi dans quel optique on utilise la non violence.

Re: De la non violence ...

Publié : 04 juin 2008, 00:10
par lord_preston
Entierement d'accord avec marteau rouge.

Quand ton interlocuteur est tout simplement trop abruti pour comprendre les arguments que t'avance tu as 2 solution si ca part en cacahuête : Tapé ou partir et souvent la dernières alternative n'en est pas une.

Re: De la non violence ...

Publié : 04 juin 2008, 08:56
par marteau rouge
+1
Croire que la révolution se fera par les urnes... MDR !!!!!
Le pouvoir ne laissera pas faire, donc la intervient la violence...