Recherche ouvrage : Histoire-Origines-Variétés de la weed.

Ici on parle de tout ce qui touche au cannabis : actualité, législation...
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Peter

Recherche ouvrage : Histoire-Origines-Variétés de la weed.

#1 Message non lu par Peter »

Salut à tous et à toutes :D

A force de parler de landraces, de variétés cultivées outre atlantique, d’origine, de croisement, etc… Ca ma donné envie d’approfondir mes connaissances sur ces sujets là.

Je suis donc à la recherche, de conseils pour le choix d’un ou plusieurs bouquins, (complet si possible) sur l'histoire, les origines, les différentes variétés de notre chère Weed ! . Afin de me servir du net juste comme complément d'info :wink:

Si bien sûr de tels ouvrages existent :? En FR ou en UK (de préférence en Fr)

Je ne parle pas ici de bouquin de culture, j’ai déjà ma bible : Cannabis-Jardin d’intérieur-Guide de culture de Philipe Adams :wink:

Il y a aussi le breeding qui m’intéresse, mais bon dans le post des landraces j’ai récupéré pas mal de truc à lire. Je verrais ça ultérieurement :P

Merci Par avance :wink:

coolman69000

#2 Message non lu par coolman69000 »

Il existe le big book of buds en anglais

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sam gamgi
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#3 Message non lu par sam gamgi »

salut
ouai tu as les big book of bud 1 et 2, mais il concerne majoritairement les hybride commerciaux
sinon un bouquin hyper complet sur le cannabis en general , et ses origine , les souche 1er etc... c est " La botanique du cannabis" par Robert C.Clarke, aux edt du lézard
voila bonne lecture :wink:
1 humain sur 12 est armé , le tout est de savoir comment armés les onze autres

and fuck the peace and love bastards

Peter

#4 Message non lu par Peter »

Merci coolman69000 & sam gamgi :wink:

Je vais voir ça desuite :wink:

Rahan

#5 Message non lu par Rahan »

UTILISATIONS HISTORIQUES ET CULTURELLES DU CANNABIS ET LE « DÉBAT SUR LA MARIJUANA » AU CANADA

Produit pour le comité sénatorial spécial sur les drogues illicites

Leah Spicer
Division du droit et du gouvernement

Le 12 avril 2002



INTRODUCTION

Le présent document donne un aperçu des utilisations culturelles du cannabis dans l’histoire. Si l’on remonte à l’âge mésolithique, le cannabis était récolté à l’origine pour sa fibre tirée de la gaine épaisse de sa tige pour de nombreuses utilisations, notamment des câbles de bateaux, aux cordes de pendus nouées au cou des condamnés([1]). Même aujourd’hui, le cannabis est cultivé à des fins industrielles semblables, comme pour fabriquer du papier ou des vêtements.

Dans le présent document, nous mettons l’accent sur une utilisation beaucoup plus controversée du cannabis. En plus de sa production de fibres, le cannabis était déjà connu à l’époque préhistorique pour sa résine épaisse et collante (delta-1-tétrahydrocannabinol ou THC([2])), qui produit des effets psychotropes chez les humains.

Actuellement, cette résine intoxicante est illégale dans certains pays (p. ex., le Canada). Pourtant, dans d’autres pays, l’utilisation du cannabis est toléré (p. ex., les Pays-Bas). Les légalités inégales du cannabis ne sont pas sans racine et il est plus facile de les comprendre en gardant à l’esprit les points de vue culturels et historiques. Comme l’ont indiqué les anthropologues et les historiens, les traditions culturelles, les différences climatiques, les pratiques médicinales et les forces historiques, politiques, légales et économiques occupent une partie importante dans le rôle que joue le cannabis dans les diverses sociétés et cultures([3]). Cela crée des différences culturelles marquées des utilisations de la plante et du contexte de son utilisation. À titre d’exemple, de nombreux groupes culturels du monde entier croient que « l’utilisation de la marijuana est un moyen valable de détente, d’introspection et de sociabilité »([4]) tandis que d’autres groupes croient que « la marijuana a comme effet immédiat de produire une explosion d’énergie suffisante pour accomplir les tâches laborieuses »([5]). La reconnaissance des grands rôles différents que joue le cannabis dans les diverses cultures est très importante pour les Canadiens puisque le Canada est un pays multiculturel où vit un groupe diversifié d’immigrants provenant de pays du monde entier ayant diverses valeurs culturelles relatives au cannabis. Cependant, il est difficile de reconnaître les diverses utilisations culturelles du cannabis puisque « nous n’aimons pas voir d’autres gens défendre quelque chose que nous [historiquement à titre de Canadiens] avons considéré comme mauvais sur le plan moral »([6]). Toutefois, une telle compréhension est importante, non seulement pour saisir pourquoi le cannabis est devenu un sujet de controverse dans la société canadienne (à l’instar de nombreux autres pays), mais également pour éclairer les politiques qui seront élaborées relativement au cannabis au Canada.

D’abord, le présent document donne un aperçu des origines historiques des utilisations psychotropes culturelles du cannabis. Avant de continuer à présenter les autres utilisations culturelles du cannabis à des fins psychotropes, une description des conditions climatiques de la culture et des niveaux de puissance du cannabis psychotrope est présentée pour souligner que les conditions environnementales jouent un rôle important dans l’utilisation culturelle du cannabis. Cela est suivi d’une discussion des diverses utilisations culturelles du cannabis dans des régions comme l’Inde, l’Afrique, le Brésil et la Jamaïque. Ensuite, la deuxième partie du document porte sur l’Amérique du Nord et plus particulièrement sur le contexte culturel canadien de l’utilisation du cannabis, y compris un examen des facteurs économiques, politiques et juridiques qui ont influencé son utilisation. On apprend ainsi que la société canadienne n’a pas utilisé le cannabis à des fins psychotropes avant la fin du XXe siècle. Puis, le document se termine en soulignant qu’étant donné que les Canadiens ont été récemment exposés aux diverses utilisations culturelles du cannabis à des fins psychotropes, la connaissance des autres utilisations culturelles du cannabis est importante pour élaborer les politiques futures relatives à la question du cannabis au Canada.



PARTIE I – UTILISATIONS CULTURELLES DU CANNABIS DANS LE MONDE ENTIER

A. Origines historiques et utilisations du cannabis

Il est difficile de retracer exactement le lieu et le moment de l’origine du cannabis. D’après certains, il tire ses origines de l’Asie centrale, tandis que d’autres croient qu’à cause de la vaste documentation médicale et agricole à son sujet dans la Chine ancienne, le cannabis origine de la Chine. « Bien que le volume des publications concernant le chanvre (cannabis) ait augmenté rapidement au cours de la dernière décennie, l’origine exacte de la plante n’a pas encore été établie; les itinéraires historiques de sa diffusion restent obscurs. »([7])



1. La Chine

Les archéologues ont découvert un village ancien de la Chine où l’on trouve la plus ancienne utilisation du cannabis. Ce village remonte à plus de 10 000 ans à l’âge de la pierre. Parmi les débris de ce village, les archéologues ont trouvé de petits pots décorés de fibres spiralées du chanvre. Cette utilisation du cannabis laisse entendre que « les hommes utilisent la plante de la marijuana d’une façon ou d’une autre depuis les premiers jours de l’histoire »([8]). La fibre de cannabis (chanvre) n’a pas été utilisée uniquement comme décoration en Chine, mais elle a également été utilisée pour faire des vêtements([9]), des câbles, des filets de pêche([10]) et du papier([11]). C’était également un aliment végétal important qui était considéré à l’origine comme une des cinq céréales de la Chine([12]). Le cannabis a pris tellement d’importance dans la culture chinoise que les prêtres anciens ont commencé à utiliser la tige de la plante comme symbole de pouvoir pour chasser le mal.

Éventuellement, lorsque le processus d’extraction a été mis au point, les Chinois se sont rendu compte de l’utilisation psychotrope de l’huile (résine) de la graine du cannabis et l’ont intégré dans leur pratique de la médecine. La première circonstance de l’utilisation médicinale du cannabis se trouve dans le livre Pên-ts’ao Ching, que l’on attribue à l’empereur Shen-nung qui a vécu vers 2000 avant Jésus-Christ. Puisque la médecine chinoise tire son origine de la magie, ce livre relate l’utilisation de la marijuana par les Chinois, autant dans les pratiques médicales que rituelles. Elle a été utilisée pour traiter les cas de fatigue menstruelle, la goutte, le rhumatisme, la malaria, la constipation, le manque de concentration et pour anesthésier les patients durant les opérations chirurgicales([13]). D’autres utilisations thérapeutiques historiques sont également relatées dans la médecine populaire de toute l’Asie moderne, notamment la « cachexie ». Par exemple, en Thaïlande, « le cannabis est fréquemment utilisé pour stimuler l’appétit des personnes malades ou pour les faire dormir… son utilisation pour contrer la diarrhée et la dysenterie est également courante »([14]).

Il y a un débat dans l’histoire de la Chine concernant l’utilisation hallucinogène des propriétés psychotropes du cannabis. Certains chinois ont dénoncé la marijuana comme « libérateur de péché »([15]). Cela peut être imputable à une religion chinoise en expansion, le taoïsme, selon laquelle « toute chose qui contient un yin, comme la marijuana, est considéré avec mépris puisqu’elle affaiblit le corps qui l’ingurgite. Seules les substances remplies de yang, le principe revigorant de la nature, étaient vus d’une façon favorable »([16]). Toutefois, dans la dernière édition de Pen Ts’ao, il était indiqué que même si « ma-fen (les fruits du cannabis)… pris en quantité excessive provoquait des hallucinations (littéralement « voir des démons ») s’il est pris sur une période prolongée, il permet de communiquer avec les esprits et d’alléger le corps »([17]). Au premier siècle après Jésus-Christ les taoïstes utilisaient les graines de cannabis dans leurs encensoirs pour provoquer des hallucinations qu’ils considéraient comme une façon d’atteindre l’immortalité.

Cependant, au VIIIe siècle après Jésus-Christ, le cannabis a été relégué à l’arrière-scène pour ses vertus hallucinogènes et l’opium a pris une importance beaucoup plus grande comme hallucinogène dans la culture chinoise. Il y a une explication culturelle au fait que le cannabis n’a pas été adopté à titre d’hallucinogène.

L’opium est un euphorique, un sédatif de l’activité mentale. Le cannabis par contre se situe dans le fantastique; il s’agit d’une drogue hallucinogène qui cause une euphorie mentale et une excitation nerveuse. Il fausse le sens du temps et de l’espace. Une utilisation excessive peut causer des mouvements rapides… ces effets sont bien notés par les médecins chinois au moins à compter du deuxième siècle après Jésus-Christ ou avant. Ils étaient à tous égards incompatibles avec la philosophie et les traditions de la vie chinoise. L’abandon de l’utilisation du cannabis par les Chinois pourrait s’expliquer simplement par sa non-pertinence au tempérament et aux traditions des Chinois. La conformité du particulier dans la société chinoise est régie par un sentiment de honte inculqué. La personnalité confucianiste est une personnalité axée sur la honte. L’adoption de l’opium et la non-adoption du cannabis dénote une réaction comportementale de la société chinoise traditionnelle. L’utilisateur d’opium était plus susceptible de rester pacifique et calme et ainsi, moins susceptible de contester les normes sociales. Le cannabis, avec les effets erratiques stimulants qu’il provoque, risquait de faire poser à l’utilisateur des gestes susceptibles de le mettre dans l’embarras, lui ou sa famille.([18]) [Traduction]

Ainsi, bien qu’il ait été rapporté que les Chinois ont utilisé les propriétés psychotropes du cannabis, la valeur de cette plante en Chine reposait principalement sur son utilisation comme source de fibres. Toutefois, il est noté que le chanvre a été cultivé en Chine depuis l’âge néolithique, ce qui porte à croire que l’utilisation du cannabis origine de la Chine plutôt que de l’Asie centrale([19]) où l’on a longtemps attribué l’origine du cannabis.



2. L’Asie centrale

De nombreux érudits occidentaux attribuent l’origine du Cannabis aux Scythes vers le VIIe siècle avant Jésus-Christ autour de la Sibérie, Asie centrale du nord. D’après Hérodote, un historien grec qui a vécu au cinquième siècle avant Jésus-Christ, la marijuana faisait partie intégrante du culte des morts que les Scythes suivaient pour rendre hommage à la mémoire et à l’esprit de leurs chefs disparus([20]). Dans le cadre de ces cérémonies funéraires, ils érigeaient de petites tentes dans lesquelles ils plaçaient des encensoirs de métal contenant des pierres chauffées par les feux funéraires. Les Scythes lançaient des graines de cannabis sur les pierres chauffées, ce qui créait une vapeur épaisse qu’ils inhalaient et qui les intoxiquait. Il semblerait « que la purification était le pendant scythe de la veille des Irlandais où l’alcool coulait à flot, la marijuana remplaçant l’alcool comme intoxicant cérémoniel »([21]).

La première description ethnographique de l’inhalation de marijuana par des peuples anciens comme stimulant psychotrope a été confirmée par un archéologue russe, le professeur S. I. Rudenko en 1929, qui a découvert que la marijuana a également été utilisée par les Scythes dans la vie de tous les jours([22]). Non seulement a-t-il trouvé le corps embaumé d’un homme et un chaudron de bronze rempli de graines de marijuana brûlées, mais il a également trouvé des chemises de tissu de fibres de chanvre et des encensoirs métalliques conçus pour inhaler la fumée de marijuana, inhalation qui ne semblait pas lié à un rite religieux. Pour Rudenko, « les indices portent à croire que l’inhalation de la fumée des graines de marijuana ne se passait pas dans un contexte religieux, mais qu’il s’agissait plutôt d’une activité quotidienne à laquelle participaient les femmes scythes avec les hommes »([23]).

Même récemment, en 1993, les archéologues russes ont confirmé la théorie de Rudenko lorsqu’ils ont découvert le corps d’une femme de 2000 ans congelée dans une tombe dans le même cimetière où Rudenko avait fait sa première découverte. La momie de la femme russe était si bien préservée que des tatouages élaborés ont été trouvés sur son bras gauche, ce qui a porté les archéologues russes à conclure qu’elle était à la fois une princesse scythe et une prêtresse. Les archéologues ont trouvé enterrées dans un tronc d’arbre creux quelques-unes de ses possessions près d’elle, notamment un petit contenant de cannabis qui, de l’avis des archéologues, était fumé pour le plaisir et utilisé dans des rituels païens([24]).



3. Le Proche-Orient antique

a. Les Sumériens

Plusieurs personnes qui s’intéressent au cannabis croient que les peuples du Proche-Orient étaient les premiers à utiliser le cannabis à des fins religieuses à cause de l’incapacité des gens de faire de l’introspection([25]). D’après cette théorie, le cannabis rendait l’homme plus apte à faire de l’introspection, mais ce dernier croyait que sa propre introspection était la voix des dieux qui lui parlaient. Julian Jaynes, un psychologue qui a écrit The Origin of Consciousness in the Breakdown of the Bicameral Mind, est d’avis que « les peuples de l’antiquité, allant de la Mésopotamie jusqu’au Pérou, ne pouvaient pas « penser » comme nous le faisons aujourd’hui et par conséquent, n’étaient pas conscients qu’ils étaient l’objet d’hallucinations auditives – les voix des dieux qui ont été réellement entendues, comme il est rapporté dans l’Ancien Testament ou dans l’Iliade – qui, provenant de l’hémisphère droit du cerveau, disaient à une personne quoi faire dans des situations nouvelles ou de stress. » Terrence McKenna a poursuivi cette théorie dans sa publication intitulée Food of the Gods, et il avance « que les plantes psychotropes comme le champignon à psilocybine et le cannabis agissaient comme catalyseurs et accélérateurs de la transition de l’humanité vers la conscience et l’autoréflexion. Les hallucinations et les intuitions mystiques que connaissaient les personnes qui consommaient ces plantes ont convaincu les croyants de l’antiquité qu’ils étaient en contact avec le divin. »([26])

Par exemple, les Sumériens du Proche-Orient antique ont établi leur propre « divinité personnelle » qu’ils vénéraient tous les jours en faisant brûler du cannabis. Les Sumériens croyaient que de vénérer leur divinité personnelle les aidait à gagner leur vie et à être courageux au combat. Toutefois, les analystes croient que cette « divinité personnelle » était simplement une « personnification de la chance d’un homme et de sa capacité de réfléchir et d’agir »([27]). Autrement dit, le cannabis a été intégré dans la religion sumérienne parce que les Sumériens croyaient qu’il les mettait en contact avec leurs dieux. Les chercheurs croient toutefois que l’inhalation de cannabis ne faisait que faciliter la découverte par les Sumériens de leur réflexion intérieure personnelle.


b. Origines bibliques

Il existe de nombreuses théories contestées sur l’apparition du cannabis et son utilisation par les peuples du Proche-Orient dans l’Ancien Testament. Ces théories sont souvent mises en doute parce qu’elles sont plutôt obscures et que l’histoire qui les entoure n’est pas claire([28]). Cependant comme l’a écrit C. Creighton dans son article, On Indications of the Hachish-Vice in the Old Testament, « il y a des raisons qui expliquent pourquoi l’histoire n’est pas claire. Tous les vices sont cachés, et cela est particulièrement vrai pour les vices de l’Orient. Les rares fois qu’on y fait allusion, c’est dans des termes cryptiques, subtiles, humoristiques et allégoriques. Par conséquent, pour les découvrir, il nous faut lire entre les lignes. »([29])

Dans son texte, Creighton, affirme que le cannabis semble avoir été mangé par Saul et Jonathan dans I Samuel 14, 25-45. Dans le cas de Jonathan, le passage de la bible se lit comme suit :

Tout le peuple … entra dans la forêt, il vit du miel qui coulait; mais nul ne porta la main à la bouche, car le peuple respectait le serment. Jonathan ignorait le serment que son père avait fait faire à son peuple; il avança le bout du bâton qu’il avait en main, le plongea dans un rayon de miel et ramena la main à sa bouche; et ses yeux furent éclaircis.([30])

Creighton affirme qu’au fil des ans, les mots hébreux « yagarah hadebash » ont été traduits incorrectement par « rayons de miel ». Il prétend que les traductions précédentes, bien qu’elles aient été obscures, révèlent que le « miel » est d’un type particulier([31]) et que la version syrienne du texte est une version plus fidèle. D’après la version syrienne, Jonathan a plongé son bâton dans un champ de tiges fleuries avec une exudation résineuse qui se produisait en période de canicule – comme c’est le cas pour la résine de cannabis.

Si une preuve existait que les peuples de l’Ancien Testament utilisaient le cannabis, cette utilisation serait antérieure à la croyance selon laquelle le terme « cannabis » originait des Scythes. À l’instar de Creighton, les analystes tels que Sula Benet, Sara Bentowa et Chris Bennett ont également fouillé sous la surface des textes bibliques pour avancer que le terme cannabis a en réalité été tiré par les Scythes de langues sémites comme le Hébreu. Le terme « kaneh bosm » revient à plusieurs reprises dans l’Ancien Testament([32]) à la fois comme un encens qui faisait partie intégrante des célébrations religieuses et comme une substance intoxicante([33]), mais dans un exemple précis, Moïse l’utilise dans Exode 30:23, lorsque Dieu lui a demandé de faire une onction sainte avec de la myrrhe, du cinnamome aromatique, du roseau aromatique et de la casse. Benet explique que dans ce passage, d’après la définition en hébreu de Kaneh bosm, il s’agit d’un « roseau aromatique » kan voulant dire « roseau » ou « chanvre » et bosm voulant dire « aromatique »([34]). La ressemblance linguistique du mot « kaneh bosm », le terme scythe pour désigner le cannabis et la définition hébraïque de kaneh bosm porte Benet et Bentowa à affirmer que les propriétés intoxicantes du cannabis étaient probablement utilisées par les peuples du Proche-Orient et que l’utilisation s’est répandue par contact avec les Scythes([35]).

Aujourd’hui, il y a des groupes comme la Ethiopian Zion Coptic Church qui croit tout à fait aux enseignements de la bible et que la « marijuana est une création divine du début des temps… elle a été créée comme sacrifice ardent à offrir à notre Rédempteur durant les obligations. Le ganja (cannabis) est le droit sacramental de tout homme dans le monde entier »([36]). Pour confirmer davantage cette croyance, ils mentionnent la section de l’Encyclopedia Britannica sur les cultes pharmacologiques où il est indiqué que « l’utilisation cérémonielle de l’encens dans les rituels contemporains est probablement un vestige de l’époque où les propriétés psychotropes de l’encens faisaient entrer les fidèles de l’antiquité en contact avec les forces surnaturelles. »([37])

B. Propriétés de la production de cannabis

Avant de poursuivre l’aperçu des utilisations culturelles des propriétés psychotropes du cannabis, il est important de décrire les conditions climatiques nécessaires à la culture du cannabis, puisqu’il s’agit d’un facteur d’influence dans la production par la plante du cannabis de la résine psychotrope, le THC. De plus, il est nécessaire de préciser qu’il existe différentes catégories de préparations psychotropes du cannabis, ainsi que plusieurs noms culturels pour chaque catégorie.



1. Conditions climatiques pour la production de cannabis

Le cannabis est comme une mauvaise herbe et il pousse à peu près n’importe où. Cependant, son milieu le plus propice à la production de la résine se situe dans des climats très chauds où le cannabis se protège de la mort en produisant autant de résine que possible pour conserver son eau. « Le cannabis produira plus de résine ou plus de fibres selon les conditions dans lesquelles il est cultivé. Lorsqu’il est cultivé dans des climats chauds et secs, la résine est produite en grande quantité et la qualité de la fibre est médiocre. Dans les pays où la température est humide et douce, la plante produit moins de résine et la fibre est plus solide et durable.([38]) » Par conséquent, puisque le climat est plus doux et humide en Europe, il n’est pas surprenant de constater que « la plupart des Européens connaissaient très peu les propriétés intoxicantes du cannabis avant le XIXe siècle, lorsque le haschich a été importé de l’Inde et des pays arabes »([39]). Avant le XIXe siècle, la plupart des pays occidentaux n’utilisaient le cannabis que pour sa richesse en fibres.



2. Catégories de préparations psychotropes du cannabis([40])

Deux variétés importantes de la plante de cannabis ont été classées en 1753 par le botaniste suédois Carolus Linneaus. La plus commune est le cannabis sativa, qui est touffue, avec des branches éparses et qui peut atteindre une hauteur de 20 pieds et produire une fibre et une graine oléagineuse de qualité inférieure. Le Cannabis indica atteint une hauteur de trois à quatre pieds, ses branches sont denses, il a la forme d’une pyramide et il produit des quantités supérieures de résines intoxicantes([41]). Les plantes de cannabis ont trois niveaux distincts de puissance, pour lesquels une partie de la plante est utilisée. Chaque niveau de puissance porte un nom différent selon le langage culturel.

Puissance douce : Marijuana (Europe et Amérique du Nord), Mariguango (Mexique) Dagga (Afrique du Sud), Kif (Afrique du Nord), Bhang (Inde) :

Les feuilles en fleur des plantes de chanvre mâles et femelles mûres sécrètent une résine collante qui est la source de tout ou sinon de presque tout le THC (delta-1-tétrahydrocannabinol, l’ingrédient qui produit chez l’homme tous les effets psychodysleptiques après avoir fumé ou mangé de la marijuana ou du haschisch) du cannabis. Sous cette forme d’utilisation du cannabis, les feuilles et parfois les tiges et même les graines ou les plantes entières sont hachées et fumées ou préparées sous forme de biscuits. La puissance varie selon la teneur en THC. Le bhang est un peu différent parce qu’il n’est composé habituellement que de feuilles, il est bu et est habituellement un peu plus riche en THC que la marijuana d’Amérique du Nord.



Puissance intermédiaire : Ganja (Inde) :

Les bouts fleuris séchés des plantes cultivées sont couverts de THC parce qu’ils n’ont pas produit de graine. Ils sont récoltés et utilisés dans le « ganja ». Le ganja est habituellement fumé, mais il est également bu ou préparé au four dans des sucreries. À l’extérieur de l’Inde, il est à peu près inconnu.

Puissance élevé : Charas (Inde), haschich (Arabie et Amérique du Nord), hashishi (Syrie) :

Presque tout le THC est contenu dans la résine des feuilles près des bouts en fleur. La résine des feuilles est grattée, pressée en blocs et elle est habituellement fumée. Le haschich est environ 10 fois plus puissant que la marijuana et c’est le seul dérivé du cannabis qui a la capacité de produire régulièrement des effets hallucinogènes et psychodysleptiques. Un pharmacologue Indien, Chopra, a décrit une autre façon de récolter le charas : parfois, les hommes nus ou vêtus de costumes ou de vestes de cuir passent dans les champs de cannabis sativa en se frottant sur les plantes et en les cassant grossièrement le matin, juste après le levé du soleil aussitôt que la rosée est tombée. La matière résineuse qui colle est ensuite grattée et forme la résine commerciale du charas.

Il y a d’autres noms courants du cannabis, mentionnons le grifa en Espagne et au Mexique; anascha en Russie; kendir dans le Tartar; konop en Bulgarie et konope en Pologne; momea au Tibet; kanbun en Chaldée; dawamesk en Algérie; liamba ou maconha au Brésil; et bust ou sheera en Égypte([42]).



C. Utilisations culturelles du cannabis

1. Inde

Le cannabis a toujours fait partie des habitudes de vie en Inde et est associé étroitement aux coutumes magiques, médicales, religieuses et sociales de l’Inde depuis des milliers d’années([43]). Cela peut être imputable en partie au climat semi-aride de l’Inde qui se prête parfaitement à la culture d’une quantité abondante de cannabis.

D’après une légende trouvée dans une collection de quatre livres sacrés appelés Vedas, un dieu indien, appelé Siva, est décrit comme le Seigneur du « bhang », une boisson faite avec des feuilles de cannabis, du lait, du sucre et des épices. Historiquement et encore aujourd’hui, « le bhang est à l’Inde ce que l’alcool est à l’Occident »([44]). Les règles de l’hindouisme orthodoxe ont interdit traditionnellement l’utilisation d’alcool, sauf pour les membres de la caste guerrière Rajput qui, en dépit des règles, prennent de l’alcool. Pour les membres de la caste brahmane, le cannabis était sans équivoque sanctionné pour son utilisation sociale afin d’aider à atteindre la vie spirituelle contemplative qu’ils recherchent pour diriger. D’après un historien du cannabis, encore dans les années 1940, le bhang faisait partie intégrante des activités sociales, y compris au cours des festivités et à la maison([45]). Durant les festivités particulières comme les mariages, on disait qu’un père devait apporter du bhang aux cérémonies pour empêcher les mauvais esprits de tourmenter les mariés. Le bhang était également un symbole d’hospitalité. « Un hôte offrait une tasse de bhang à un invité de façon aussi banale que nous offririons chez nous un verre de bière. Un hôte qui ne pose pas un tel geste est méprisé comme radin et misanthrope([46]). »

Le cannabis est également reconnu en Inde pour son utilisation dans les actes sexuels du yoga religieux tantrique. Environ une heure avant le rituel du yoga, le pratiquant mettait un bol de bhang devant lui et après avoir récité un mantra à la déesse Kali, il buvait la potion de bhang. « Le but de l’initiation au tantrisme était d’atteindre l’unité du mental, du corps et de l’esprit au moyen du yoga et d’épisodes sexuels marathon. Cela était généré par le bhang qui rehaussait l’expérience([47]). »

La préparation indienne la plus puissante du cannabis appelée « charas » avait la même importance religieuse pour de nombreux Indiens que le vin pour les chrétiens qui célébraient l’Eucharistie. Les mystiques indiens qui fumaient le charas dans la cérémonie de prières appelée Puja donnaient une saveur particulière au charas([48]). De plus, les hommes saints appelés « fakirs » qui étaient reconnus pour marcher sur des charbons ardents et dormir sur des lits de clous, croyaient que le charas les mettait en plus étroite relation avec leurs dieux([49]).

Le cannabis était également utilisé comme aide médicale, bien que sa prédominance en Inde ait été et continue d’être associée à la vie religieuse et de servir de lubrifiant social. Dans la médecine populaire de l’Inde, des branches de chanvre étaient jetées au feu pour vaincre les forces du mal. Sushruta, un médecin légendaire de l’Inde antique, l’a recommandé pour décongestionner, comme remède à la diarrhée et comme ingrédient pour soigner les fièvres([50]). Plusieurs années plus tard, lorsque la Indian Hemp Drug Commission de 1893-1894 a entendu les témoignages de centaines de médecins autochtones et occidentaux sur les utilisations thérapeutiques du cannabis dans le traitement de tout, allant des crampes et des maux de tête à la bronchite et au diabète, ainsi que son utilisation comme analgésique pour les maux de dents et comme anesthésique mineur dans les chirurgies mineures, la Commission s’est rendu compte que « les médicaments à base de chanvre semblent être utilisés fréquemment maintenant aux mêmes fins pour lesquelles ils étaient recommandés il y a des siècles et de la même manière; en outre, de nombreuses utilisations de ces médicaments par les médecins autochtones correspondent à leur application dans la thérapeutique européenne. Le cannabis doit être considéré comme le médicament le plus important de la pharmacopée indienne. »([51])

Même si la Indian Hemp Drug Commission a rejeté l’interdiction totale du cannabis à cause de son importance en médecine et dans les rites et traditions culturels, en 1896, le gouvernement britannique en Inde a adopté la Act XII pour décourager l’utilisation par habitude du cannabis et son utilisation comme substance intoxicante. La loi exigeait que les gouvernements d’État améliorent leurs systèmes de taxe locaux. Par la suite, en 1930, la Dangerous Drugs Act a été adoptée pour donner aux gouvernements des États le pouvoir d’établir des règles autorisant et réglementant l’importation et l’exportation entre les États, dans les territoires qui relevaient de leur administration, le transport, la possession et la vente des drogues fabriquées (qui comprenaient le cannabis médicinal)([52]). Bien qu’il ait continué de n’y avoir aucune disposition légale pour réglementer le cannabis, le gouvernement national de l’Inde a continué à exercer des pressions auprès des gouvernements des États pour décourager l’utilisation du cannabis. En 1964, l’Inde a signé et ratifié la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 et ensuite, en 1985, la culture, la possession, l’utilisation et la consommation de tout mélange de cannabis sont devenues interdites et le gouvernement national imposait des pénalités importantes en vertu de la Narcotic Drugs and Psychotropic Substances Act, 1985. Aujourd’hui, même si le cannabis continue de faire partie intégrante des cultures de l’Inde, les lois semblent avoir réussi à en décourager l’utilisation. « D’après les divers récits populaires qui circulent parmi les gens, il semblerait que l’habitude de l’utilisation du cannabis a existé sur une beaucoup plus grande échelle en Inde durant les siècles passés. »([53])

2. Afrique

L’utilisation culturelle du cannabis est répandue dans toute l’Afrique. Bien que la plante n’origine pas de l’Afrique, plusieurs traditions religieuses, médicales et récréatives où le cannabis est fumé ont progressé en Afrique depuis son arrivée il y a plus de six siècles.

À part l’Égypte où le cannabis est cultivé depuis plus de mille ans à la suite de l’influence de l’Inde et de la Perse, la première preuve archéologique de la présence de cannabis dans les parties centrales et méridionales de l’Afrique remonte à l’Éthiopie du XIVe siècle où deux fourneaux de pipe en céramique contenant des traces de cannabis ont été découverts([54]). Les chercheurs ont émis l’hypothèse selon laquelle, parce que le cannabis a été interdit en Égypte au troisième siècle après Jésus-Christ et qu’il était punissable par la loi religieuse et les autorités judiciaires, plusieurs communautés musulmanes qui désiraient continuer de cultiver le cannabis se sont déplacées vers le sud et ont apporté le cannabis en Éthiopie([55]). Les chercheurs croient également que plus tard, vers 1500 après Jésus-Christ, les routes commerciales complètement développées entre l’Arabie, la Turquie, l’Inde et la Perse et la côte orientale de l’Afrique ont permis aux commerçants arabes d’apporter le cannabis aux parties plus méridionales de l’Afrique([56]).

Bien que les commerçants arabes et les Nord-Africains aient apporté le cannabis en Afrique centrale et méridionale, ils n’ont pas importé les techniques d’utilisation psychotrope du cannabis. Pour la tribu Hottentot du Cape of Good Hope, « la pratique simple mais efficace qui consistait à lancer les plantes de chanvre sur les charbons ardents d’un feu et faire de « l’inhalation » collective semble avoir été une technique populaire au début »([57]). Le roi d’une autre tribu appelé les Kafirs, également de Cape of Good Hope, administrait le cannabis dans des breuvages très semblables au « bangue » indien. « Les personnes que le chef voulait divertir se voyaient offrir de la nourriture et des esprits intoxicants qu’ils devaient boire, malgré leur estomac, pour ne pas offenser le roi. »([58])

Plus tard, en 1705, les Hottentots ont appris l’art de fumer. L’habitude de fumer le cannabis que de nombreuses tribus appelaient le « dagga » s’est répandue très rapidement de tribu en tribu. La principale méthode pour fumer le dagga a été apprise par les tribus du centre et du sud de l’Afrique dans le cadre de leurs relations commerciales avec les chasseurs de nomades de la tribu « San ». « Les chasseurs étaient intoxiqués par la fumée et en échange de tabac et de dagga ils donnaient des plumes, du gibier et d’autres produits provenant de la chasse. »([59]) L’apprentissage de l’art de fumer le dagga a transformé la culture africaine et les habitants ont cessé de le mâcher pour commencer à le fumer et ils ont perfectionné les techniques de consommation de dagga([60]). Les habitants ont commencé à confectionner plusieurs pipes différentes à l’aide de gourdes, de tiges de bambou et de bols de coco. Lorsque l’habitude de fumer le cannabis a atteint les régions nordiques de l’Afrique, « ce sont les Africains du nord qui ont élaboré la pipe à eau qui rafraîchissait et jusqu’à un certain point, purifiait le fumée »([61]). Les tribus d’Afrique du nord donnaient au cannabis le nom de kif dans cette forme.

Il y a plusieurs exemples de façons dont le cannabis a marqué différents symboles importants dans les tribus africaines. En Afrique du nord, « la musique, la littérature et même certains aspects de l’architecture ont évolué avec une appréciation influencée par le cannabis. Dans certaines maisons, il y a même des pièces réservées au kif où les membres de la famille se rassemblent pour chanter, danser, raconter des récits fondés sur des traditions culturelles anciennes »([62]).

Un chercheur qui visitait le Congo a découvert, vers 1888, que le roi de la tribu des Balubas qui avait conquis plusieurs tribus des alentours en suivant le même rituel,

Il ordonnait de brûler publiquement toutes les idoles et fétiches anciens des territoires conquis. Il s’est rendu compte qu’une multiplicité de dieux tribaux ne pourraient pas servir de force unificatrice et ainsi, il a agi pour solidifier son pouvoir et soumettre ses sujets à une seule « nation » en remplaçant les anciennes idoles par une nouvelle idole plus puissante : le cannabis!([63]) [Traduction]



Ainsi, pour la tribu des Balubas, le cannabis a revêtu une importance rituelle les jours de fête et de l’État et comme passe-temps en soirée.

Le cannabis faisait également partie des croyances religieuses et magiques de nombreuses tribus africaines. Le bashilenge était un culte religieux établi par plusieurs petits clubs de fumeurs de chanvre qui avaient leur propre parcelle de terrain pour cultiver le chanvre.



Chaque membre de la tribu devait participer au culte et prouver sa dévotion en fumant le plus souvent possible. Les membres de la tribu attribuaient des pouvoirs magiques universels au chanvre qui, croyait-on, combattait toutes sortes de maux et ils en prenaient lorsqu’ils partaient à la guerre et lorsqu’ils voyageaient. La pipe de chanvre prenait un sens symbolique pour les membres du culte bashilenge, un peu comme le calumet de paix des Amérindiens. Aucun congé, aucun accord commercial, aucun traité de paix ne se passait sans le chanvre.([64]) [Traduction]

La tribu Bashilenge a fait du cannabis une partie importante de leur jurisprudence.

Tous les Autochtones accusés d’un crime devaient fumer le dagga jusqu’à ce qu’ils admettent leur crime ou qu’ils perdent conscience. En cas de vol, le voleur devait payer une amende sous forme de sel à chaque personne qui le voyait fumer. En cas d’adultère, la loi exigeait que le mâle coupable fume également le dagga. Toutefois, il n’y avait pas d’amende. La quantité de dagga à fumer dépendait du statut de l’homme qui avait été offensé. S’il était important, le coupable devait fumer jusqu’à ce qu’il perde conscience. Il était alors dévêtu, du poivre était versé dans ses yeux et un mince ruban était passé à travers son os nasal.([65]) [Traduction]



Plusieurs tribus comme les Zoulous et les Sothos étaient réputés pour fumer du cannabis avant de partir à la guerre. « Les jeunes guerriers zoulous en particulier fumaient le dagga au point de devenir toxicomanes et sous l’effet de l’euphorie que procurait la drogue, ils étaient capables de braver les plus grands dangers([66]). » Certains historiens croient également que les Zoulous étaient sous l’effet du dagga lorsqu’ils ont attaqué les Hollandais dans la bataille de Blood River en 1838([67]). Par ailleurs, les Sothos utilisaient le dagga pour renforcer leur esprit avant un assaut.

Sauf pour l’Afrique du nord, où « le cannabis n’a été ni implanté ni accepté avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale »([68]), les tribus africaines du reste du continent ont également utilisé le cannabis dans la pratique de la médecine traditionnelle populaire. « La plante était utilisée comme remède contre les morsures de serpent, (Hottentots) pour faciliter l’accouchement (Sotho) et les Africains de Rhodésie l’utilisaient comme remède contre l’anthrax, la malaria, la fièvre bilieuse hémoglobinurique, l’empoisonnement du sang et la dysenterie. Il était également bien connu pour soulager les symptômes de l’asthme. »([69])

L’Afrique est devenue un pays de cultures de cannabis bien avant l’arrivée des Européens. Malgré les tentatives de ces derniers pour interdire l’utilisation psychotrope du cannabis, il a continué d’être bien ancré dans les cultures de plusieurs tribus africaines.



3. Amérique du Sud – Brésil

En 1549, les Français et les Britanniques ont importé des esclaves angolais de la côte sud-ouest de l’Afrique pour les faire travailler dans les plantations de sucre du nord-est du Brésil. « Les esclaves transportaient des graines dans des poupées de chiffon attachées à leurs vêtements en lambeaux. Les planteurs autorisaient les esclaves à cultiver leur maconha entre les rangées de canne et à fumer et à rêver au cours des périodes d’inactivité entre les récoltes. Toutefois, les planteurs en sont restés à leurs cigares parfumés. »([70]) De nombreux planteurs croyaient que s’ils autorisaient leurs esclaves à fumer de la marijuana, ils pourraient travailler plus fort([71]).

Le cannabis en est venu à être considéré au Brésil comme l’opium du pauvre, utilisé pour fabriquer des câbles et des vêtements, comme des produits comestibles et des épices, et des produits énergisants et vigorifiants, de même que des médicaments et euphorisants([72]). Ce modèle d’utilisation du cannabis reproduisait un modèle que Vera Rubin appelait le « complexe du ganja ». Sauf dans les rituels auxquels participaient des membres de la classe des prêtres, l’utilisation polyvalente courante par les gens ordinaires a été en général limitée aux classes sociales inférieures : les paysans, les pêcheurs, les artisans ruraux et urbains et les travailleurs manuels([73]).

Cependant, il n’était pas utilisé par la classe supérieure du Brésil. En 1808, la Cour royale du Portugal, menacée par l’invasion de la péninsule ibérienne par Napoléon, s’est enfuie au Brésil et s’est établie à Rio de Janeiro. La Cour a passé six ans au Brésil et est retournée au Portugal à la fin des guerres napoléoniennes. En 1817, la reine Carlota Joaquina, l’épouse de l’empereur Don Joao VI, roi du Portugal et du Brésil, était à l’agonie. Elle a demandé à son esclave angolais favori qui l’a accompagnée dans le retour du Brésil jusqu’au Portugal d’apporter « une infusion de fibres de damba do amazonas, qui nous ont permis d’envoyer tant d’ennemis en enfer ». L’esclave a fait une infusion de cannabis et d’arsenic et la lui a donnée. « Lorsqu’elle a pris l’infusion, Dona Carlota n’a pas senti de douleur pendant qu’elle mourait à cause de l’action analgésique du diamba. »([74]) Ce récit a porté des anthropologues à croire que c’est en réalité la Cour portugaise qui a apporté le cannabis au Brésil durant son bref séjour.

Peu importe que ce furent les esclaves angolais ou la Cour portugaise qui aient apporté le cannabis au Brésil, on a observé que les Indiens en fumaient durant l’époque coloniale([75]). Les Indiens Catimbo utilisaient la marijuana dans leurs propres pratiques pour recevoir les esprits et guérir les malades. Les pratiques angolaises de l’Afrique ont influencé les Catimbos à utiliser la marijuana pour faire de la divination, la révélation de secrets et des hallucinations mystiques.

Au XIXe siècle, l’utilisation de la marijuana était interdite à Rio de Janeiro. Toutefois, l’interdiction n’était pas appliquée dans les provinces où les fumeurs continuaient d’utiliser à leur guise la marijuana et ils ont commencé à cultiver leurs propres jardins près de leur maison à des fins personnelles([76]). Souvent, le cannabis était utilisé à des fins médicinales et thérapeutiques : « habituellement, une préparation de thé, mélangée à des feuilles de marijuana, était ingurgitée par le patient pour le soulager du rhumatisme, des « problèmes féminins » de la colique et d’autres affections courantes, comme les maux de dents; dans ce cas, la marijuana était appliquée contre la dent attaquée. »([77])

Près du début du XXe siècle, le « complexe de ganja » était complètement développé et beaucoup de personnes de la classe inférieure fumaient de la marijuana dans les régions rurales et dans les villes. Des groupes de canotiers et de pêcheurs et d’autres Brésiliens de classe inférieure se rassemblaient toutes les semaines pour des séances de fumée collective. Cette coutume portait le nom de Club de Diambistas([78])et le but principal était la recherche d’expériences psychédéliques([79]). Elle était également fumée dans les casernes militaires et dans les prisons pour vaincre l’ennui et le désespoir([80]).



4. Jamaïque

Le cannabis n’a pas pris racine en Jamaïque avant le milieu du XIXe siècle, à l’époque où des travailleurs des Indes orientales ont été amenés par les Britanniques pour travailler à long terme en Jamaïque([81]). Ultimement, leurs connaissances du cannabis ou du « ganja » et des façons de le fumer se sont répandues parmi la classe ouvrière noire.

Actuellement le cannabis est officiellement illégal en Jamaïque, mais « il est intégré aux nombreuses dimensions de la culture jamaïcaine et est régi par des règles sociales qui guident son utilisation et en interdit l’utilisation abusive »([82]). Pour les Jamaïcains, le ganja n’est pas uniquement une drogue récréative, mais certains groupes transculturels le voient également comme une plante qui a à la fois une valeur religieuse et médicinale. Des études anthropologiques ont démontré que l’utilisation du ganja en Jamaïque est répandue de façon extraordinaire([83]). On peut reconnaître trois groupes importants qui l’utilisent de façons culturellement variées. Premièrement et traditionnellement, les Jamaïcains de la classe inférieure sont initiés socialement aux utilisations du ganja dès leur petite enfance parce qu’il est utilisé à la maison. En outre, les jeunes enfants sont exposés à l’utilisation sociale du ganja par leur père. Deuxièmement, les membres du Rastafari un mouvement politico-religieux de Jamaïque utilisent le ganja comme un sacrement religieux. Troisièmement et plus récemment, et peut-être à cause de l’influence croissante des Rastafariens, il n’est plus inhabituel de voir des femmes jamaïcaines fumer le ganja de la même manière que les hommes.



a. Socialisation du ganja à la maison et son utilisation principale par les hommes dans les familles ouvrières de la classe inférieure

Tous les jeunes enfants des familles de classe inférieure de la Jamaïque ont à un moment ou un autre été exposés au ganja pour avoir ingéré des thés et des toniques dans des remèdes à base de plantes médicinales. Cette couche sociale de la société jamaïcaine croit que le ganja les aide « à se garder en bonne santé et à prévenir la maladie et qu’il est thérapeutique pour diverses affections, y compris les infections des voies respiratoires supérieures, l’asthme, les problèmes intestinaux, le glaucome, la gonorrhée, la cachexie imputable à la malnutrition, la diarrhée infantile, les fièvres endémiques, l’inconfort de la dentition, les brûlures et les éraflures de la peau »([84]). Bien que l’enfant soit bien au courant de l’ingrédient de base des thés ou des toniques, il n’a jamais entendu les membres de la famille parler de l’ingrédient du ganja parce qu’un « secret mystérieux entoure cette pratique courante »([85]).

Par la suite, lorsque les jeunes arrivent à l’adolescence, même si l’on a prévenu les jeunes garçons de ne pas en prendre, ils sont initiés à l’usage du ganja par leurs camarades plus âgés qui ont découvert que leur père le fume régulièrement. Le fait de ne pas fumer le ganja classait le non-fumeur comme un non-initié, parce que le ganja était le symbole de courage et du passage de l’enfance à l’âge adulte, ainsi qu’un signe d’amitié et de confiance.

À un niveau, l’utilisation de la substance est considérée comme une aventure par l’adolescent : en participant à une pratique illégale, même si elle est répandue parmi les aînés, le jeune fumeur croit qu’il fait preuve de courage, de défi et de façon plus importante, de virilité. De façons subtiles, l’utilisation du ganja est considérée par l’adolescent presque comme un rite de passage, un geste audacieux qui représente la transition entre l’adolescence et la maturité. À un autre niveau, particulièrement pour les mâles de la couche socio-économique la plus inférieure de la société, l’utilisation du ganja symbolise la camaraderie, l’égalité et l’appartenance; c’est un signe d’amitié et de confiance.([86]) [Traduction]

Les garçons ne deviennent pas tous des fumeurs réguliers. La réaction du garçon à sa première expérience détermine s’il deviendra ou non un fumeur régulier de ganja; cela ne dépend que du garçon lui-même et de ses compagnons qui se basent sur une « vision » culturellement normalisée. Au cours de la première expérience du ganja, le garçon est supposé voir une petite personne ou créature qui danse, ce qui symbolise une expérience positive de l’utilisation du ganja. Si les compagnons du garçon décident qu’il n’a pas vu la vision, ils disent qu’il n’a pas la tête qui convient et cela signifie que le garçon a eu une expérience négative de l’utilisation du ganja([87]). Même si une expérience négative peut marginaliser socialement le garçon, ce n’est pas complètement préjudiciable, puisque les membres des classes moyenne et supérieure de la Jamaïque désapprouvent traditionnellement l’utilisation du ganja et le considèrent comme illégal. Les personnes qui ne fument pas le ganja ont de meilleures chances de monter dans l’échelle sociale([88]).

Lorsque les hommes de la classe ouvrière établissent leur propre ménage, dans la vingtaine, les utilisateurs réguliers de ganja plantent leur propre approvisionnement dans un endroit caché près de chez eux. Contrairement aux années de leur jeunesse où le ganja occupait une partie centrale de leur vie sociale, à ce stade, l’utilisation du ganja devient « une partie naturelle des affaires ordinaires de la journée et n’est pratiquement pas remarquée dans les fêtes au travail, les pauses-repas, les visites en soirée, et ainsi de suite »([89]). Le ganja est apprécié pour sa capacité d’accroître la production au travail, particulièrement le travail manuel. Les hommes de la classe moyenne croient que des doses régulières de ganja leur permettent de renforcer le sang et leur donnent des forces. En plus, le ganja donne un accès d’énergie([90]).

L’utilisation traditionnelle du ganja au niveau de la classe ouvrière repose donc sur un comportement coutumier variant selon l’âge, les pairs et le travail. Le sexe pourrait également être une autre catégorie, puisque traditionnellement, il est rare que les femmes fument du ganja, ce qui est considéré comme vulgaire([91]).



b. Rastafariens

Le culte rastafari, unique à la Jamaïque, est un mouvement dont les membres croient que Hailé Sélassié, l’empereur d’Éthiopie, est le Messie noir qui s’est fait chair pour sauver tous les noirs exilés dans le monde des oppresseurs blancs. Pour les Rastafariens, l’Éthiopie est la Terre promise où les Noirs seront rapatriés dans le cadre d’un exode massif de tous les pays occidentaux où ils ont été esclaves([92]).

Le mouvement rastafari a commencé à prendre forme vers 1930-1933. En 1940, Leonard Howell a lancé la doctrine du mouvement rastafari et a recruté un grand nombre de fidèles (entre 500 et 1 600 personnes) qui l’ont rejoint dans les collines de St. Catherines qui surplombe Kingston pour ne pas être tracassés par la police à cause des principes radicaux de sa doctrine([93]). Howell est devenu chef de ce culte connu sous le nom de « Ethiopian Salvation Society » à la commune appelée « Pinacle ». Pour assurer leur survie, les gens de la commune cultivaient des produits commerciaux, y compris le ganja. De nombreux Rastafariens sont encore agriculteurs aujourd’hui.

Le ganja est devenu un symbole prédominant du mouvement rastafari et son utilisation est devenue un sacrement religieux. Encore aujourd’hui, on croit que le ganja est une herbe sainte et lorsque sa fumée est inhalée, elle permet aux Rastafariens de détendre leur esprit et de se percevoir comme des personnes noires libres des forces de conditionnement de la société européenne. Cela confirme ensuite la révélation selon laquelle Hailé Sélassié est vraiment leur Dieu et que l’Éthiopie est le royaume des Noirs([94]).

L’herbe est la clé de la nouvelle compréhension de soi, de l’univers et de Dieu. C’est le véhicule de la conscience cosmique; elle présente deux niveaux de la réalité que ne perçoivent pas normalement les Non-Rastafariens et elle permet d’établir un certain sens de communion avec tous les êtres humains.([95]) [Traduction]

Pour défendre la croyance selon laquelle le cannabis fait partie de leur héritage, les Rastafariens citent plusieurs extraits de la bible. Ils croient que Dieu qui a créé toutes choses a créé l’herbe pour la consommation humaine et ils citent le texte de la Genèse 1:12 pour le prouver([96]) :

La terre produisit de la verdure, de l’herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.

Les Rastafariens citent également quatre extraits de la bible pour prouver que leur utilisation du cannabis est légitime([97]) :

… tu mangeras de l’herbe des champs. (Genèse 3:18)

… dévorent toute l’herbe de la terre. (Exode 10:12)

… Mieux vaut de l’herbe pour de la nourriture, là où règne l’amour,

qu’un bœuf engraissé, si la haine est là. (Proverbes 15:17)

… Il fait germer l’herbe pour le bétail, et les plantes pour les besoins de

l’homme. (Psaumes 104:14)



L’utilisation du ganja est également le symbole de protestation des Rastafariens contre le pouvoir établi et représente la liberté des Rastafariens par rapport aux lois jamaïcaines.

Bien que Hailé Sélassié soit décédé en 1975, le ganja continue d’être le symbole idéologique des Rastafariens et d’être utilisé dans la foi rastafarienne pour renforcer l’idéologie de libération([98]).



c. Les femmes de la classe ouvrière en Jamaïque

Bien que traditionnellement, il ait été socialement inapproprié pour les femmes de fumer du ganja, la constatation de la réalité actuelle en Jamaïque révèle que le nombre de femmes qui fument le cannabis d’une façon récréative semblable aux hommes a énormément grimpé([99]). Cela peut être attribuable à l’influence du rastafari ou peut-être de l’incapacité des hommes de soutenir les femmes et les enfants à cause de la situation économique difficile. Lorsqu’il n’y a pas d’avantage à se conformer aux normes sociales, les gens ont tendance à les observer avec moins de rigueur([100]).

Il y a une large diversité de points de vue parmi les femmes jamaïcaines relativement à l’utilisation du ganja. À l’instar de la croyance médicale occidentale, beaucoup de femmes jamaïcaines croient qu’il est particulièrement préjudiciable de fumer du ganja pendant la grossesse. Toutefois, plusieurs autres femmes jamaïcaines croient que l’utilisation du ganja rehausse les capacités de s’occuper d’un enfant et favorise autant la santé du bébé que celle de la mère([101]). Une étude effectuée en Jamaïque en 1980 auprès de 30 femmes enceintes qui fumaient du ganja et de 30 autres femmes enceintes qui n’en fumaient pas a révélé que l’utilisation du ganja était en fait bénéfique pour la mère et pour le bébé([102]).

Une donnée importante de l’étude relative aux utilisations culturelles du cannabis révèle que plutôt que de servir de moyen récréatif, le ganja aidait les femmes enceintes à affronter les difficultés de la grossesse dans une société où les grossesses nombreuses sont courantes, où les familles sont souvent en difficulté financière et où les femmes doivent continuer de travailler dur pendant toute leur grossesse.

Pour de nombreuses femmes, le ganja était perçu comme une solution aux problèmes qui accompagnaient la grossesse, tels que la perte d’appétit, la nausée et la fatigue. Le ganja a aidé à donner plus d’appétit, à limiter et à prévenir la nausée durant la grossesse, à aider les femmes à dormir et à leur donner l’énergie nécessaire pour travailler. Pour les femmes qui assument la charge complète de leur ménage et qui ont besoin de faire leur travail pendant qu’elles ne se sentent pas bien, le ganja est une solution disponible et bon marché. Les femmes, particulièrement celles qui ont plusieurs grossesses, ont affirmé que l’utilisation sociale et privée du ganja atténuait leur sentiment de dépression et de désespoir lorsqu’elles devaient assumer leur maternité dans leurs communautés indigentes.([103])

Melanie Dreher illustre dans son étude que l’utilisation du ganja n’est pas uniquement devenue une activité récréative pour de nombreuses femmes qui décident de déroger aux normes sociales de la classe inférieure, mais qu’elle a également un sens symbolique pour de nombreuses femmes de la Jamaïque.



PARTIE II – CONTEXTE NORD-AMÉRICAIN DE L’UTILISATION DU CANNABIS

A. Histoire du cannabis en Amérique du Nord

Bien que des preuves historiques évidentes illustrent que les propriétés psychotropes du cannabis ont été utilisées dans le cadre de pratiques culturelles de plusieurs sociétés des quatre coins du monde, on ne sait pas au juste quand les propriétés psychotropes du cannabis ont été découvertes en Amérique du Nord. Des érudits croient que le cannabis a probablement existé en Amérique du Nord bien avant l’arrivée des Européens. Dans son ouvrage, Green Gold: Marijuana in Magic and Religion Chris Bennett affirme qu’« il y a de très bonnes preuves matérielles qui indiquent que le cannabis a joué une part dans certaines cultures autochtones avant l’arrivée de Christophe Colon. »([104]) En 1985, Bill Fitzgerald a découvert de la résine raclée dans des pipes vieilles de 500 ans à Morriston (Ontario) contenant « des traces de chanvre et de tabac cinq fois plus forte que les cigarettes fumées aujourd’hui »([105]). Parmi les autres preuves archéologiques, mentionnons les pipes en pierre et en bois et les blagues en fibre de chanvre qui ont été retrouvées dans la vallée de l’Ohio à compter d’environ 800 ans après Jésus-Christ([106]).

Les aînés des tribus autochtones de l’Amérique du Nord se rappellent également que leurs ancêtres utilisaient le cannabis d’une manière rituelle. D’après Richard L. Lingeman dans son livre Drugs from A to Z, un membre de 79 ans de la tribu Cinco putas en Californie

se rappelle avoir vu le rituel quotidien de sa grand-mère lorsqu’il était petit enfant. Elle prenait des fleurs de cannabis dans une boîte finement sculptée puis les roulait dans du papier de maïs fait à la main. Elle tenait le « joint » ainsi obtenu en face d’elle et en fixant la fumée qui tournoyait elle priait : « Merci Grande Mère! » pour chacun des cadeaux que la journée lui avait apportés, ainsi que pour son moment de détente actuel.([107]) [Traduction]

Il existe encore des tribus nord-américaines, particulièrement au Mexique, qui utilisaient le cannabis comme un cadeau sacré portant le nom de Rosa Maria ou de Santa Rosa et qui continuent de l’utiliser aujourd’hui.

Les Indiens des États mexicains de Veracruz, Hidalgo et Puebla pratiquent une cérémonie de guérison communale à l’aide d’une plante appelée Santa Rosa, identifiée comme du cannabis sativa, qui est considérée comme une plante et un intermédiaire sacré pour communiquer avec la Vierge. Bien que la cérémonie soit basée surtout sur des éléments chrétiens, la plante est adorée comme une divinité terrestre et on croit qu’elle est vivante et qu’elle représente une partie du cœur de Dieu.([108]) [Traduction]



Cependant, des érudits doutent que le cannabis ait fait partie intégrante des cultures des tribus autochtones de l’Amérique du Nord. « À quelques exceptions près, le cannabis n’a pas occupé une place importante dans les nombreuses croyances et les cérémonies religieuses des Autochtones. »([109]) Ces érudits croient que la culture du cannabis dans le Nouveau Monde a commencé avec les premiers colons blancs qui l’ont apporté. Même si les Autochtones d’Amérique du Nord ont utilisé le cannabis avant l’arrivée de l’homme blanc, « malheureusement, une bonne part de la religion et de la culture des peuples autochtones de l’hémisphère occidentale a été détruite ou marginalisée par les envahisseurs européens »([110]).

Il existe donc peu de preuves que les Autochtones du continent ont initié les colons blancs à la culture du cannabis ou à ses effets psychotropes. La preuve la plus éloignée remonte à Louis Hébert, l’apothicaire de Champlain, qui a fait connaître le cannabis aux colons blancs d’Amérique du Nord en 1606. Toutefois, les colons blancs n’ont pas découvert les propriétés psychotropes du cannabis avant la fin du XIXe siècle. Le cannabis a été cultivé à grande échelle en Amérique du Nord plutôt pour l’utilisation d’une fibre servant à faire des vêtements et des cordages, des voiles et des câbles de bateau. Les pèlerins ont également planté du chanvre peu après son arrivée et il a été utilisé pour couvrir les wagonnets.

Les gouvernements coloniaux se sont rendu compte assez rapidement des profits qui pouvaient être réalisés à partir de la production de fibre de cannabis (chanvre). Le roi James I a ordonné aux colons américains de produire du chanvre et plus tard, en 1619, le gouvernement de la colonie de Virginie a imposé des pénalités aux personnes qui ne produisaient pas de cannabis et a accordé des récompenses pour la culture de cannabis et la fabrication de fibres.

Des tentatives semblables pour stimuler l’industrie se sont produites également dans l’est du Canada. Le chanvre était cultivé sous le régime français et a été la première culture subventionnée par le gouvernement. En 1801, le lieutenant-gouverneur du Haut-Canada a distribué des graines de chanvre aux cultivateurs. Plus tard, dans les années 1820, un gentil-homme du nom d’Edward Allen Talbot, Esq., a écrit Five Years’ Residence in the Canadas. Il croyait que si le Canada produisait suffisamment de chanvre pour approvisionner l’Angleterre, ce serait la fin de la dépendance de pouvoirs étrangers et cela profiterait grandement aux colons canadiens. En 1822, le Parlement provincial du Haut-Canada a affecté 300 livres à l’achat de machinerie pour traiter le chanvre et 50 livres par année pendant les trois années suivantes pour payer les réparations. Le budget de 1823 offrait également des incitations aux producteurs nationaux. M. Fielding, ministre des Finances, a déclaré qu’il y avait un marché au Canada et avec un peu d’encouragement du gouvernement, une usine pourrait être établie au Manitoba pour traiter les récoltes de l’endroit. Il y avait six usines de chanvre au Canada à ce moment-là et le gouvernement en a financé une septième, la Manitoba Cordage Company. Toutefois, vers la fin du XIXe siècle, la production du cannabis a été remplacée par la production de coton qui nécessitait moins de main-d’œuvre. Même à la suite de l’invention d’une nouvelle machine en 1917, pour faciliter la séparation de la fibre du cannabis du cœur ligneux à l’intérieur, la production de la fibre de cannabis n’a plus pris d’expansion. Les nouvelles compagnies de textile synthétique à base de pétrole et les grands barons du commerce du bois et des journaux voyaient la production de chanvre comme une menace à leurs affaires. Par conséquent, en 1937, les États-Unis ont passé la Marijuana Tax Law et ont imposé une taxe d’accise professionnelle aux producteurs de fibres de cannabis. Le gouvernement canadien a suivi le geste américain et en a également interdit la production en vertu de la Loi sur l’opium et les drogues narcotiques le 1er août 1938.

Entre 1840 et 1900, le cannabis a également été utilisé dans la pratique médicinale dans toute l’Amérique du Nord. Durant cette période, plus de cent articles ont paru dans des publications médicales occidentales recommandant son utilisation pour diverses maladies et inconforts. Le premier médecin à intégrer le cannabis dans la médecine occidentale a été W.B. O’Shaunghnessy d’Écosse. Il a utilisé le cannabis en médecine occidentale en 1841 après en avoir observé l’utilisation en Inde et avoir effectué des expériences sur des animaux pour s’assurer que la substance était sûre pour la consommation humaine. Peu après l’arrivée du cannabis en Amérique du Nord, les médecins ont commencé à le prescrire pour diverses affections telles que la rage, le rhumatisme, l’épilepsie, le tétanos et comme relaxant musculaire. L’utilisation médicinale du cannabis est devenue tellement courante qu’éventuellement, des préparations de cannabis ont été vendues librement dans les pharmacies.

En 1860, la première étude du cannabis a été effectuée par la American Governmental Commission. Le Dr R. R. M’Meens a présenté les constatations de la Commission à la Ohio State Medical Society. M’Meens a constaté que,

les effets du cannabis sont moins intenses que ceux de l’opium et les sécrétions ne sont pas tout à fait supprimées par son utilisation. La digestion n’est pas perturbée; l’appétit a tendance à augmenter; l’effet du chanvre dans son ensemble est moins violent et produit un sommeil plus naturel, sans nuire au fonctionnement des organes internes; il est certainement préférable à l’opium dans bien des cas et il ne se compare pas à cette drogue sur les plans de la force et de la fiabilité.([111]) [Traduction]

Les médecins ont continué de trouver que le cannabis était un traitement valable pour diverses formes de névralgie jusqu’au début des années 1890, particulièrement les accès de migraine, l’épilepsie, la dépression et parfois l’asthme et la dysménorrhée. Certains médecins comme H.A. Hare ont également recommandé le cannabis pour atténuer l’agitation et l’anxiété et distraire l’esprit.

Rahan

#6 Message non lu par Rahan »

Nectar of Delight

Section on Cannabis from Schultes and Hofmann, "Plants of the Gods."

Tradition in India maintains that the gods sent man the Hemp plant so that he might attain delight, courage, and have heightened sexual desires. When nectar or Amrita dropped down from heaven, Cannabis sprouted from it. Another story tells how, when the gods, helped by demons, churned the milk ocean to obtain Amrita, one of the resulting nectars was Cannabis. It was consecrated to Shiva and was Indra's favorite drink. After the churning of the ocean, demons attempted to gain control of Amrita, but the gods were able to prevent this seizure, giving Cannabis the name Vijaya ("victory") to commemorate their success. Ever since, this plant of the gods has been held in India to bestow supernatural powers on its users.

The partnership of Cannabis and man has existed now probably for ten thousand years -- since the discovery of agriculture in the Old World. One of our old cultivars, Cannabis has been a five-purpose plant: as a source of hempen fibers; for its oil; for its akenes or "seeds," consumed by man for food; for its narcotic properties; and therapeutically to treat a wide spectrum of ills in folk medicine and in modern pharmacopoeias.

Mainly because of its various uses, Cannabis has been taken to many regions around the world. Unusual things hapen to plants after long association with man and agriculture. They are grown in new and strange environments and often have opportunities to hybridize that are not offered in their native habitats. They escape from cultivation and frequently become aggressive weeds. They may be changed through human selection for characteristics associated with a specific use. Many cultivated plants are so changed from their ancestral types that it is not possible to unravel their evolutionary history. Such is not the case, however, with Cannabis. Yet, despite its long history as a major crop plant, Cannabis is still characterized more by what is not known about its biology than what is known.

The botanical classification of Cannabis has long been uncertain. Botanists have not agreed on the family to which Cannabis belongs: early investigators put it in the Nettle family (Urticaceae); later it was accommodated in the Fig family (Moraceae); the general trend today is to assign it to a special family, Cannabaceae, in which only Cannabis and Humulus, the genus of Hops, are members. There has even been disagreement as to how many species of Cannabis exist: whether the genus comprises one highly variable species or several distinct species. Evidence now strongly indicates that three species can be recognized: C. indica, C. ruderalia, and C. sativa. These species are distinguished by different growth habits, characters of the akenes, and especially by major differences in structure of the wood. Although all species possess cannabinols, there may possibly be significant chemical differences, but the evidence is not yet available.

We cannot know now which of the several uses of Cannabis was earliest. Since plant uses normally proceed from the simpler to the more complex, one might presume that its useful fibers first attracted man's attention. Indeed remains of hempen fibers have been found in the earliest archaeological sites in the cradles of Asiatic civilization: evidence of fiber in China dating from 4000 B.C. and hempen rope and thread from Turkestan from 3000 B.C. Stone beaters for pounding hemp fiber and impressions of hempen cord baked into pottery have been found in ancient sites in Taiwan. Hempen fabrics have been found in Turkish sites of the late eighth century B.C., and there is a questionable specimen of Hemp in an Egyptian tomb dated between three and four thousand years ago.


The original home of Cannabis is thought to be central Asia, but it has spread around the globe with the exception of Artic regions and areas of wet tropical forests. Cannabis spread at a very early date to Africa (except for the humid tropics) and was quickly accepted into native pharmacopoeias. The Spaniards took it to Mexico and Peru, the French to Canada, the English to North America. It had been introduced into northern Europe in Viking times. It was probably the Scythians who took it first to China.

The Indian vedas sang of Cannabis as one of the divine nectars, able to give man anything from good health and long life to visions of the gods. The Zend-Avesta of 600 B.C. mentions an intoxicating resin, and the Assyrians used Cannabis as an incense as early as the ninth century B.C.

Inscriptions from the Chou dynasty in China, dated 700-500 B.C., have a "negative" connotation that accompanies the ancient character for Cannabis, Ma, implying its stupefying properties. Since this idea obviously predated writing, the Pen Tsao Ching, written in A.C. 100 but going back to a legendary emperor, Shen-Nung, 2000 B.C., may be taken as evidence that the Chinese knew and probably used the hallucinogenic properties at very early dates. It was said that Ma-fen ("Hemp fruit") "if taken to excess, will produce hallucinations [literally, `seeing devils']. If taken over a long term, it makes one communicate with spirits and lightens one's body." A Taoist priest wrote in the fifth century B.C. that Cannabis was employed by "necromancers, in combination with Ginseng, to set forward time and reveal future events."

In these early periods, use of Cannabis as an hallucinogen was undoubtedly associated with Chinese shamanism, but by the time of European contact 1500 years later, shamanism had fallen into decline, and the use of the plant for inebriation seems to have ceased and had been forgotten. Its value in Chine then was primarily as a fiber source. There was, however, a continuous record of Hemp cultivation in China from Neolithic times, and it has been suggested that Cannabis may have originated in China, not in central Asia.

About 500 B.C. the Greek writer Herodotus described a marvelous bath of the Scythians, aggressive horsemen who swept out of the Transcaucasus eastward and westward. He reported that "they make a booth by fixing in the ground three sticks inclined toward one another, and stretching around them woollen pelts which they arragne so as to fit as close as possible: inside the booth a dish is placed upon the ground into which they put a number of red hot stones and then add some Hemp seed...immediately it smokes and gives out such a vapor as no Grecian vapor bath can exceed; the Scyths, delighted, shout for joy...." Only recently, archaeologists have excavated frozen Scythian tombs in central Asia, dated between 500 and 300 B.C., and have found tripods and pelts, braziers and charcoal with remains of Cannabis leaves and fruit. It has generally been accepted that Cannabis originated in central Asia and that it was the Scythians who spread it westward to Europe.

While the Greeks and Romans may not generally have taken Cannabis for inebriation, there are indications that they were aware of the psychoactive effects of the drug. Democritus reported that it was occasionally drunk with wine and myrrh to produce visionary states, and Galen, about A.D. 200, wrote that it was sometimes customary to give Hemp to guests to promote hilarity and enjoyment.

Cannabis arrived in Europe from the north. In classical Greece and Rome, it was not cultivated as a fiber plant. Fiber for ropes and sails, however, was available to the Romans from Gaul as early as the third century B.C. The Roman writer Lucilius mentioned it in 120 B.C. Pliny the Elder outlined the preparation and grades of hempen fibers in the first century A.C., and hempen rope was found in a Roman site in England dated A.D. 140-180. Whether the Vikings used Hemp rope or not is not known, but palynological evidence indicates that Hemp cultivation had a tremendous increment in England from the early Anglo-Saxon period to late Saxon and Norman times -- from 400 to 1100.

Henry VIII fostered the cultivation of Hemp in England. The maritime supremacy of England during Elizabethan times greatly increased the demand. Hemp cultivation began in the British colonies in the New World: first in Canada in 1606, then in Virginia in 1611; the Pilgrims took the crop to New England in 1632. In pre-Revolutionary North America, Hemp was employed even for making work clothes. Hemp was introduced quite independently into Spanish colonies in America: Chile, 1545; Peru, 1554.

There is no doubt that hempen fiber production represents an early use of Cannabis, but perhaps consumption of its edible akenes as food predated the discovery of the useful fiber. These akenes are very nutritious, and it is difficult to imagine that early man, constantly searching for food, would have missed this opportunity. Archaeological finds of Hemp akenes in Germany, dated with reservation at 500 B.C., indicate the nutritional use of these plant products. From early times to the present, Hemp akenes have been used as food in eastern Europe, and in the United States as a major ingredient of bird food. The folk-medicinal value of Hemp -- frequently indistinguishable from its hallucinogenic properties -- may even be its earliest role as an economic plant. The earliest record of the medicinal use of the plant is that of the Chinese emperor-herbalist Shen-Nung who, five thousand years ago, recommended Cannabis for malaria, beri-beri, constipation, rheumatic pains, absent-mindedness, and female disorders. Hoa-Glio, another ancient Chinese herbalist, recommended a mixture of Hemp resin and wine as an analgesic during surgery.

It was in ancient India that this "gift of the gods" found excessive use in folk medicine. It was believed to quicken the mind, prolong life, improve judgment, lower fevers, induce sleep, cure dysentery. Because of its psychoactive properties it was more highly valued than medicienes with only physical activity. Several systems of Indian medicine esteemed Cannabis. The medical work Sushruta claimed that it claimed leprosy. The Bharaprakasha of about A.D. 1600 described it as antiphlegmatic, digestive, bile affecting, pungent, and astringent, prescribing it to stimulate the appetite, improve digestion, and better the voice. The spectrum of medicinal uses in India covered control of dandruff and relief of headache, mania, insomnia, venereal disease, whooping cough, earaches, and tuberculosis!

The fame of Cannabis as a medicine spread with the plant. In parts of Africa, it was valued in treating dysentery, malaria, anthrax, and fevers. Even today the Hotentots and Mfengu claim its efficacy in treating snake bites, and Sotho women induce partial stupefaction by smoking Hemp before childbirth.

Although Cannabis seems not to have been employed in medieval Europe as an hallucinogen, it was highly valued in medicine and its therapeutic uses can be traced back to early classical physicians such as Dioscorides and Galen. Medieval herbalists distinguished "manured hempe" (cultivated) from "bastard hempe" (weedy), recommending the latter "against nodes and wennes and other hard tumors," the former for a host of uses from curing cough to jaundice. They cautioned, however, that in excess it might cause sterility, that "it drieth up... the seeds of generation" in men "and the milke of women's breasts." An interesting use in the sixteenth century -- source of the name Angler's Weed in England -- was locally important: "poured into the holes of earthworms [it] will draw them forth and...fisherman and anglers have use this feate to baite their hooks." The value of Cannabis in folk medicine has clearly been closely tied with its euphoric and hallucinogenic properties, knowledge of which may be as old as its use as a source of fiber. Primitive man, trying all sorts of plant materials as food, must have known the ecstatic hallucinatory effects of Hemp, an intoxication introducing him to an other-worldly plant leading to religious beliefs. Thus the plant early was viewed as a special gift of the gods, a sacred medium for communion with the spirit world.

Although Cannabis today is the most widely employed of the hallucinogens, its use purely as a narcotic, except in Asia, appears not to be ancient. In classical times its euphoric properties were, however, recognized. In Thebes, Hemp was made into a drink said to have opium-like properties. Galen reported that cakes with Hemp, if eaten to excess, were intoxicating. The use as an inebriant seems to have been spread east and west by barbarian hordes of central Asia, especially the Scythians, who had a profound cultural influence on early Greece and eastern Europe. And knowledge of the intoxicating effects of Hemp goes far back in Indian history, as indicated by the deep mythological and spiritual beliefs about the plant. One preparation, Bhang, was so sacred that it was thought to deter evil, bring luck, and cleanse man of sin. Those treading upon the leaves of this holy plant would suffer harm or disaster, and sacred oaths were sealed over Hemp. The favorite drink of Indra, god of the firmament, was made from Cannabis, and the Hindu god Shiva commanded that the word Bhangi must be chanted repeatedly during sowing, weeding, and harvesting of the holy plant. Knowledge and use of the intoxicating properties eventually spread to Asia Minor. Hemp was employed as an incense in Assyria in the first millennium B.C., suggesting its use as an inebriant. While there is no direct mention of Hemp in the Bible, several obscure passages may refer tangentially to the effects of Cannabis resin or Hashish.

It is perhaps in the Himalayas of India and the Tibetan plateau that Cannabis preparations assumed their greatest hallucinogenic importance in religious contexts. Bhang is a mild preparation: dried leaves or flowering shoots are pounded with spices into a paste and consumed as candy -- known as maajun -- or in tea form. Ganja is made from the resin-rich dried pistillate flowering tops of cultivated plants which are pressed into a compacted mass and kept under pressure for several days to induce chemical changes; most Ganja is smoked, often with Tobacco. Charas consists of the resin itself, a brownish mass which is employed generally in smoking mixtures.

The Tibetans considered Cannabis sacred. A Mahayana Buddhist tradition maintains that during the six steps of asceticism leading to his enlightenment, Buddha lived on one Hemp seed a day. He is often depicted with "Soma leaves" in his begging bowl and the mysterious god-narcotic Soma has occasionally been identified with Hemp. In Tantric Buddhism of the Himalayas of Tibet, Cannabis plays a very significant role in the meditative ritual used to facilitate deep meditation and heigten awareness. Both medicinal and recreational secular use of Hemp is likewise so common now in this region that the plant is taken from granted as an everyday necessity.

Folklore maintains that the use of Hemp was introduced to Persia by an Indian pilgrim during the reign of Khrusu (A.D. 531-579), but it is known that the Assyrians used Hemp as an incense during the first millennium B.C. Although at first prohibited among Islamic peoples, Hashish spread widely west throughout Asia Minor. In 1378, authorities tried to extirpate Hemp from Arabian territory by the imposition of harsh punishments. As early as 1271, the eating of Hemp was so well known that Marco Polo described its consumption in the secret order of Hashishins, who used the narcotic to experience the rewards in store for them in the afterlife. Cannabis extended early and widely from Asia Minor into Africe, partly under the pressure of Islamic influence, but the use of Hemp transcends Mohammedan areas. It is widely believed that Hemp was introduced also with slaves from Malaya. Commonly known in Africa as Kif or Dagga, the plant has entered into primitive native cultures in social and religious contexts. The hotentots, Bushmen, and Kaffirs used Hemp for centuries as a medicine and as an intoxicant. In an ancient tribal ceremony in the Zambesi Valley, participants inhaled vapors from a pile of smoldering Hemp; later, reed tubes and pipes were employed, and the plant material was burned on an altar. The Kasai tribes of the Congo have revived an old Riamba cult in which Hemp, replacing ancient fetishes and symbols, was elevated to a god -- a protector against physical and spiritual harm. Treaties are sealed with puffs of smoke from calabash pipes. Hemp-smoking and Hashish-snuffing cults exists in many parts of east Africa, especially near Lake Victoria.

Hemp has spread to many areas of the New World, but with few exceptions the plant has not penetrated significantly into many native American religious beliefs and ceremonies. There are, however, exceptions such as its use under the name Rosa Maria, by the Tepecano Indians of northwest Mexico who occasionally employ Hemp whem Peyote is not available. It has recently been learned that Indians in the Mexican states of Veracruz, Hidalgo, and Puebla practice a communal curing ceremony with a plant called Santa Rosa, identified as Cannabis sativa, which is considered both a plant and a sacred intercessor with the Virgin. Although the ceremony is based mainly on Christian elements, the plant is worshiped as an earth diety and is thought to be alive and to represent a part of the heart of God. The participants in this cult believe that the plant can be dangerous and that it can assume the form of a man's soul, make him ill, enrage him, and even cause death. Sixty years ago, when Mexican laborers introduced the smoking of Marihuana to the United States, it spread across the south, and by the early 1920s, its use was established in New Orleans, confined primarily among the poor and minority groups. The continued spread of the custom in the United States and Europe has resulted in a still unresolved controversy.

Cannabis sativa was officially in the United States Pharmacopoeia until 1937, recommended for a wide variety of disorders, especially as a mild sedative. It is no longer an official drug, although research in the medical potential of some of the cannabinolic constituents or their semi-synthetic analogues is at present very active, particularly in relation to the side-effects of cancer therapy.

The psychoactive effects of Cannabis preparations vary widely, depending on dosage, the preparation and the type of plant used, the method of administration, personality of the user, and social and cultural background. Perhaps the most frequent characterisitic is a dreamy state. Long forgotten events are often recalled and thoughts occur in unrelated sequences. Perception of time, and occasionally of space, is altered. Visual and auditory hallucinations follow the use of large doses. Euphoria, excitement, inner happiness -- often with hilarity and laughter -- are typical. In some cases, a final mood of depression may be experienced. While behavior is sometimes impulsive, violence or aggression is seldom induced.

In relatively recent years, the use of Cannabis as an intoxicant has spread widely in Western society -- especially in the United States and Europe -- and has caused apprehension in law-making and law-enforcing circles and has created social and health problems. There is still little, if any, agreement on the magnitude of these problems or on their solution. Opinion appears to be pulled in two directions: that the use of Cannabis is an extreme social, moral, and health danger that must be stamped out, or that it is an innocuous, pleasant pastime that should be legalized. It may be some time before all the truths concerning the use in our times and society of this ancient drug are fully known. Since an understanding of the history and attitudes of peoples who have long used the plant may play a part in furthering our handling of the situation in modern society, it behooves us to consider the role of Cannabis in man's past and to learn what lessons it can teach us: whether to maintain wise restraint in our urbanized, industrialized life or to free it for general use. For it appears that Cannabis may be with us for a long time.
Picture excerpts:

This miniature is from a fifteenth-century manuscript of Marco Polo's travels depicts the Persian nobleman Al-Hassan ibn-al-Sabbah, who was known as the Old Man of the Mountain, enjoying the artificial paradise of Hashish eaters. His followers, known as ashishins, consumed large amounts of Cannabis resin to increase their courage as they slaughtered and plundered on behalf of their leader. The words assassin and hashish were derived from the name of this band.

The Cuna Indians of Panama use Cannabis as a sacred herb. This mola of applique work depicts a Cuna council meeting. An orator is shown adressing two headmen, who lounge in their hammocks and listen judiciously; one smokes a pipe as he swings. Spectators wander in and out, and one man is seen napping on a bench.

The Cora Indians of the Sierra Madre Occidental of Mexico smoke Cannabis in the course of their sacred ceremonies. Rarely is an introduced foreign plant adopted and use in indigenous religious ceremonies, but it seems that the Cora of Mexico and the Cuna of Panama have taken up the ritual smoking of Cannabis, notwithstanding the fact that, in both areas, it was brought in by the early Europeans.

In the nineteenth century, a select group of European artists and writers turned to psychoactive agents in an attempt to achieve what has come to be regarded as "mind-expansion" or "mind-alteration." Many people, such as the French poet Baudelaire, believed that creative ability could be greatly enhanced by the use of Cannabis. In fact, Baudelaire wrote vivid descriptions of his personal experiences under the influence of Cannabis. At the upper left is Gustave Dore's painting Composition on the Death of Gerard de Nerval, inspired probably by the use of Cannabis and Opium. At the upper right is a contemporary American cartoon humorously epitomizing the recurrence of this belief (it shows caveman around a fire, one saying "Hey, what is this stuff? It makes everything I think seem profound."). It was not only among the French literati that psychoactive substances raised expectations. In 1845, the French psychiatrist Moreau de Tours published his investigation of Hashish in a fundamental scientific monograph Du hachisch et de l'alienation mentale. Moreau de Tours's scientific study was on the effects of Cannabis. He explored the use of this hallucinogen in Egypt and the Near East and experimented personally with it an dother psychoactive plant substances. He concluded that the effects resemble certain mental disorders and suggested that they might be used to induce model psychoses.

This marvelous experience often occurs as if it were the effect of a superior and invisible power acting on the person from without....This delightful and singular state...gives no advance warning. It is as unexpected as a ghost, an intermittent haunting from which we must draw, if we are wise, the certainty of a better existence. This acuteness of though, this enthusiasm of the senses and the spirit must have appeared to man through the ages as the first blessing. Les Paradis Artificiels Charles Baudelaire

Peter

#7 Message non lu par Peter »

Merci Rahan :sm6:

Je sais ce que je vais faire ce soir :roll:

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sam gamgi
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#8 Message non lu par sam gamgi »

ouai ca vas te faire de la lecture :wink:
1 humain sur 12 est armé , le tout est de savoir comment armés les onze autres

and fuck the peace and love bastards

GuyGadebois

Re:

#9 Message non lu par GuyGadebois »

Rahan a écrit : 1. La Chine
Au premier siècle après Jésus-Christ les taoïstes utilisaient les graines de cannabis dans leurs encensoirs pour provoquer des hallucinations qu’ils considéraient comme une façon d’atteindre l’immortalité.
Plié........avec quelle substance contenue dans la graine de cannabis peut-on halluciner?

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sam gamgi
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Re: Recherche ouvrage : Histoire-Origines-Variétés de la weed.

#10 Message non lu par sam gamgi »

en fait guyga, dans l antiquité quand les gens parlent de graines de chanvre, ça comprend toute la tete grainés, qui était placer soit dans des encensoir, les romains utilisait eux dans certain termes(bains) ou des tete de chanvre grainé etait jeter sur des pierre chaude et les vapeur se répandait dans l air du bains provoquant la rélaxation
1 humain sur 12 est armé , le tout est de savoir comment armés les onze autres

and fuck the peace and love bastards

GuyGadebois

Re: Recherche ouvrage : Histoire-Origines-Variétés de la weed.

#11 Message non lu par GuyGadebois »

sam gamgi a écrit :en fait guyga, dans l antiquité quand les gens parlent de graines de chanvre, ça comprend toute la tete grainés, qui était placer soit dans des encensoir, les romains utilisait eux dans certain termes(bains) ou des tete de chanvre grainé etait jeter sur des pierre chaude et les vapeur se répandait dans l air du bains provoquant la rélaxation
Il fallait que ce fût précisé, merci!

Astrey01

Re: Recherche ouvrage : Histoire-Origines-Variétés de la weed.

#12 Message non lu par Astrey01 »

Cool, lecture tres sympathique malgré que ce soit pas du nouveau... :wink:

Raoul Duke

Re: Recherche ouvrage : Histoire-Origines-Variétés de la weed.

#13 Message non lu par Raoul Duke »

Super idée comme topic :topcool:

Un grand merci à sam gamgi ... je viens de commander "La Botanique du Cannabis"

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portnou
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Re: Recherche ouvrage : Histoire-Origines-Variétés de la weed.

#14 Message non lu par portnou »

Salut,
sympa rahan ;)
Vous avez maté ce thread ?
viewtopic.php?f=28&t=38760&hilit=landrace
la violence est le dernier refuge de l'incompétence

Raoul Duke

Re: Recherche ouvrage : Histoire-Origines-Variétés de la weed.

#15 Message non lu par Raoul Duke »

portnou a écrit :Salut,
sympa rahan ;)
Vous avez maté ce thread ?
viewtopic.php?f=28&t=38760&hilit=landrace

Pour ma part, je l'ai déjà lu :wink:

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