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Le livre qui défend la légalisation du cannabis
Dans un ouvrage à paraître mardi, un maire de Seine-Saint-Denis et un ex-policier plaident pour la légalisation du cannabis, seule solution à leurs yeux pour en finir avec les trafics. Une propositions controversée.
Et si pour mieux lutter contre les dangers de la drogue, on légalisait le cannabis? Un vrai débat de société en Californie, en Europe et peut-être bientôt en France, où le livre du maire écologiste de Sevran (Seine-Saint-Denis) et d’un ex-policier à la retraite bouscule la norme. Dans leur ouvrage à paraître demain, Stéphane Gatignon et Serge Supersac ne se lancent pas dans une apologie des drogues douces.
Ils pointent surtout l’échec de la politique de prohibition et de répression menée en France.
Chaque jour en Seine-Saint-Denis ou ailleurs, de petits ou de grands réseaux de trafic de résine tombent. Que ce soit par barrettes ou par tonnes, les policiers et les gendarmes ne cessent de saisir et de traquer une drogue consommée aujourd’hui par 4 millions de Français. Malgré cela, le nombre d’usagers ne diminue pas et les réseaux n’ont jamais été aussi puissants, constatent les auteurs du livre.
Mettre fin aux poursuites
Le maire de Sevran est bien placé pour savoir que les trafics de résine pourrissent la vie d’une ville et d’un quartier, nourrissent une économie souterraine florissante et entraînent de nombreux règlements de comptes. « Pour en finir avec les dealers » et casser les réseaux mafieux, Stéphane Gatignon et Serge Supersac proposent donc de mettre fin aux poursuites pour les consommateurs et d’organiser au niveau de l’Etat la production ainsi que la distribution de cannabis. Ils plaident également pour une vraie politique de prévention face à une drogue dont personne ne discute la nocivité. Dans ce combat « contre l’hypocrisie », ils sont rejoints par Daniel Vaillant, député-maire PS du XVIIIe arrondissement de Paris et surtout ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement Jospin. En 2009, il avait été l’un des premiers élus à lancer l’idée de légaliser la consommation de cannabis. Daniel Vaillant doit publier mi-mai un rapport rédigé par un groupe de travail mis en place à l’Assemblée et souhaite que ce document ouvre la voie à un débat entre les candidats à l’élection présidentielle.
L’un est maire de Sevran (Seine-Saint-Denis) depuis 2001, ville parmi les plus pauvres de France. L’autre est un ancien policier de terrain qui a dirigé des compagnies de CRS dans ce département gangrené par les trafics de stupéfiants. Stéphane Gatignon, 41 ans, ex-communiste qui a rejoint Europe Ecologie en 2010, et Serge Supersac, 54 ans, retraité depuis l’automne, prônent une « réponse lucide » « Pour en finir avec les dealers » : la légalisation du cannabis, conclusion d’une démonstration argumentée qu’ils développent au fil d’un livre à paraître demain.
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« Le cercle vicieux ne prendra pas fin avec une intensification des interventions de police », écrit Serge Supersac, qui défend l’urgence de changer la loi. En premier lieu « parce qu’on ne peut pas faire de prévention efficace dans un cadre de prohibition ». Stéphane Gatignon va plus loin : « Il faut en finir avec la prohibition des drogues dites douces, car sinon la banlieue et ma ville en particulier passeront bientôt sous la coupe du crime organisé. »
Pourquoi prônez-vous la dépénalisation du cannabis ?
STÉPHANE GATIGNON. La France est le pays d’Europe où les lois sont les plus répressives et où l’on fume le plus de cannabis. La pénalisation de cette drogue n’a pas empêché la consommation de masse. Tout le monde le sait, y compris les plus fervents défenseurs de la prohibition. C’est toute l’hypocrisie de la société française. La prohibition favorise par ailleurs l’émergence d’organisations mafieuses. Aujourd’hui, il faut concevoir les usagers du cannabis comme les consommateurs d’alcool ou de tabac. C’est une question de santé publique.
N’y a-t-il pas précisément de risque sanitaire ?
Non, aucun effet mécanique n’est prouvé entre la dépénalisation et l’explosion de la consommation des drogues, dures ou douces. Regardez l’exemple du Portugal. En revanche, une fois le cannabis dépénalisé et même légalisé, on pourrait enfin, comme pour l’alcool, lancer des campagnes réelles de prévention pour expliquer ses dangers. Expliquer que, lorsqu’on fume, on n’étudie et ne travaille pas dans de bonnes conditions. Dire aussi que 15 à 20% des accidents dans le monde du travail sont en lien avec la consommation du cannabis. Les 650 M€ investis par l’Etat pour la lutte contre les trafics pourront servir à cette prévention.
Vous craignez que des villes comme Sevran se retrouvent sous la coupe du crime organisé si rien ne change…
Le risque est réel. On n’est plus dans l’image du petit dealer de quartier. Avec la crise, tout ce qui est argent facile triomphe. Les réseaux se structurent, avec des comptables, des avocats, des businessmen, en sorte qui investissent tous les pans de la société…
Le travail de la police ne sert-il donc à rien ?
La police fait son travail, mais elle vide la mer avec une petite cuillère. Quand elle démantèle un bout de réseau, un escalier de vente, un autre se met en place. Depuis des années, la pression policière est forte à Sevran. Nous avons d’ailleurs bénéficié en 2007 du premier groupe de traitement de la délinquance relatif à la drogue. Mais on n’arrive pas à s’en sortir. La guerre contre les trafics est déjà perdue. En dix-huit mois, on a eu plus de six morts, sans compter les blessés et les coups de feu qui terrorisent tout le monde.
Que proposez-vous alors ?
La dépénalisation de l’usage du cannabis, sa légalisation et la mise en place d’une structure économique pour la vente. Pour rompre avec les narcotrafics internationaux, il est nécessaire de favoriser la cannabiculture en France. Pourquoi pas des champs de pavot ou d’herbe en Ile-de-France ? Il faudra aussi proposer du travail aux 100000 dealers de rue, qui touchent entre 900 et 1400 € par mois. Et imaginer, comme pour le tabac, une sorte de Seita (NDLR : Altadis) du cannabis.
Cela ne relève-t-il pas de l’utopie ?
Non, c’est une question de priorités. Il faut sortir des grands débats moraux. Je ne défends pas une idéologie, mais des solutions pragmatiques.
Que faites-vous des conventions internationales qui interdisent la production ?
Une discussion internationale s’impose. Plusieurs chefs d’Etat, en Colombie, au Brésil ou encore au Mexique, défendent cette idée de la légalisation des drogues et de leur contrôle pour sortir de la guerre qu’ils vivent. Sinon, les Etats risquent d’être contrôlés par les narcotrafiquants.
(désolé pour les pavés)Un commissaire : « Comment l’Etat pourrait-il devenir le fournisseur officiel d’une drogue ? »
« C’est un bon sujet pour écrire des livres, mais la réalité est un peu différente, juge Jean-Paul Mégret, commissaire à la 1re DPJ à Paris et secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police. SUR LE MÊME SUJET
Le livre qui défend la légalisation du cannabis« La pénalisation n’a pas empêché la consommation de masse »Le livre qui défend la légalisation du cannabisJe ne suis pas sûr qu’on envoie un bon signal avec cette idée alors que des études alarmantes évoquent les dégâts du cannabis sur la santé. Comment l’Etat pourrait-il devenir le fournisseur officiel d’une drogue ? » S’il partage avec les auteurs du livre le constat d’une « politique pénale qui ne donne pas de bons résultats », il serait « dangereux » selon lui de choisir la voie de la légalisation. « Si demain la résine est en vente libre il faudra bien que tous les consommateurs financent leur addiction. Comment le feront-ils ? Souvent ils commettront d’autres délits. Par ailleurs, si on casse les réseaux de cannabis, les trafiquants se reporteront sur d’autres produits. Ils n’abandonneront pas une telle manne financière. Déjà des équipes se diversifient dans la cocaïne car elle dégage plus de marge. »
Le coordinateur de la lutte antidrogue : « Le combat n’est pas perdu »
Président de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie, Etienne Apaire est opposé à tout aménagement de la loi : « A supposer qu’on change notre législation, les organisations criminelles développeraient la consommation de cocaïne ou d’autres drogues de synthèse. L’essor des drogues, c’est l’offre et la demande. On tente d’agir sur les deux. Il nous faut être meilleurs sur la prévention et travailler davantage sur l’acheminement de la drogue et les trafics. » Quant aux usagers, « notre objectif n’est pas de les envoyer en prison, reprend Etienne Apaire. C’est pour cela que nous avons développé l’obligation de stages sur les dangers des drogues aux frais de l’usager. » Et de conclure : « Avant de penser à la légalisation, il faut remettre de la République, de la sécurité dans les quartiers, être encore plus présent, regagner du terrain. Le combat n’est pas perdu. »
Les médecins : « Il faut faire de la vraie prévention »
« Je suis contre la dépénalisation du cannabis parce que c’est une drogue qui peut entraîner des problèmes physiques et mentaux sérieux. C’est une substance dangereuse », réagit le docteur Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’hôpital parisien Paul-Brousse. Dépénaliser ou légaliser cette drogue, « la première consommée en Europe et en France », ne ferait que déplacer le problème sur des drogues plus dures, juge-t-il. Le professeur Bertrand Dautzenberg, chef de service de pneumologie à la Pitié-Salpêtrière, ajoute : « En tant que médecin, on ne peut qu’être contre une substance toxique qui augmente les risques de devenir schizophrène et le nombre de morts sur la route. » Le spécialiste pense toutefois que la France peut mieux faire : « Envoyer des brigades de police et de gendarmerie ne peut être la seule solution. Pour lutter, il faudrait faire de la vraie prévention en milieu scolaire et dans le monde du travail. »
tu crois pas si bien dire, l'Pablo, le pb du tabac tu le transpose à la weed légaliser : j'ai faillit me taper 2500 roros d'amende pour 4 plants de tabac....(merci les délateurs....)Ben commencez a arrêter de fumer vos clopes et faites pousser du tabac