Vous déviez complètement les gars, on est loin du sujet et comme l'a déjà dit et répété Najat Vallaud-Belkacem, "en France la théorie du genre n'existe pas". Seulement vous ne savez pas ce que les antis (les homophobes on peut dire aussi) appellent théorie du genre et assimilent au début d'éducation à l'acceptation des différences qu'on va essayer d'enseigner à vos enfants, pour qu'ils soient moins stupides que leurs parents. Les feujs arrêtent pas de pleurer sur la shoah, mais dans les camps il y a avait les pédés les gouines et les communistes aussi, et la France est un pays de collabos fils de collabos et petit-fils de collabos. Le but de cette réforme de l'enseignement étant de briser le cercle vicieux, pas de priver les gens de liberté, ce sont les homophobes et les fachos qui veulent priver les gens de la liberté de s'aimer, les religieux et les lepénistes, personne d'autre.
La théorie du genre est un terme employé pour la première fois au début des années 50 par un médecin anglais qui pensaient que filles et garçons naissaient indifférenciés, et que par un traitement hormonal adapté et une éducation correspondante, il pouvait décider du genre futur de l'enfant devenu un adulte transformé. Par malheur il a eu l'occasion de trouver un cobaye humain, un petit garçon, Ryan de son prénom, issu d'une paire de jumeaux dont la circoncision à l'arc électrique avait dérapé et lui avait tranché le pénis. Les parents cherchant une solution sont tombés sur ce médecin qui leur a conseillé de donner à Ryan un prénom féminin, des robes et des poupées, un traitement hormonal de substitution dès la préadolescence, et de l'éduquer en fille, en espérant ainsi démontrer sa "théorie du genre". Le résultat fut des plus malheureux car Ryan, devenu apte à comprendre et décider de lui-même, s'est opposé à ces traitements, continuait de se sentir homme, a refusé la chirurgie de réorientation sexuelle, et a fini par se suicider à 23ans. Un beau constat d'échec, donc, et c'est à cette théorie du genre exclusivement que se réfèrent les antis.
Si vous voulez comprendre un peu la réalité des études de genre telles qu'elles ont été menées depuis les années 70, 80, 90, il y a une section dans wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tudes_de_genre
Morceaux choisis :
Judith Butler est une philosophe américaine qui enseigne la rhétorique et la littérature comparée à Berkeley. Dans son ouvrage majeur, qui la fit connaître au monde entier (Gender Trouble), elle présentait ainsi les intentions de son livre : « Pour démontrer que les catégories fondamentales de sexe, de genre et de désir sont les effets d'une certaine formation du pouvoir, il faut recourir à une forme d'analyse critique que Foucault, à la suite de Nietzsche, a nommée généalogie. » Il s'agit, pour cela, « de chercher à comprendre les enjeux politiques qu'il y a à désigner ces catégories de l'identité comme si elles étaient leurs propres origine et cause alors qu'elles sont en fait les effets d'institutions, de pratiques, de discours provenant de lieux multiples et diffus. » Le but à atteindre étant défini par une volonté de déstabiliser « le phallogocentrisme et l'hétérosexualité obligatoire. » (introduction à l'édition française). Il s'agit aussi de repenser l'organisation sociale selon des modèles homosexuels ou transsexuels.
Dans l'un de ses derniers ouvrages (traduit en langue française par Le pouvoir des mots), elle veut montrer comment la violence verbale qui s'exerce contre les minorités (sexuelles ou raciales) constitue un discours profondément ambivalent. Ces discours peuvent être analysés, et, du même coup, retournés. Elle pense donc qu'il ne faut pas confier à l'État seul le soin de décider ce qui est dicible ou pas. Dans cet ouvrage, elle reprend notamment la catégorie du discours performatif qu'un auteur comme John Langshaw Austin avait conceptualisée.
ou encore :
"David Halperin est professeur au département de langue et de littérature anglaise de l'université du Michigan, à Ann Arbor. Dans Cent ans d'homosexualité, il explore les différentes catégories de l'amour grec en s'inscrivant dans le fil des questions analysées par Michel Foucault dans son Histoire de la sexualité. Il veut montrer, entre autres,
combien « l'hétérosexualité exclusive et "compulsive" (…) apparaît désormais comme une production spécifique de l'Occident moderne et même bourgeois », ce qui a contribué à réifier notre modèle actuel de « l'homosexuel ». Reconstruire la généalogie de ces catégories nous permet d'« introduire du neuf dans notre conscience culturelle, politique et personnelle ; c'est découvrir une nouvelle façon de nous voir et c'est créer, peut-être, de nouvelles façons d'être dans notre peau. » (Deux points de vue sur l'Amour grec).
L'un de ses ouvrages, Saint Foucault, « analyse la manière dont Foucault a anticipé le tournant queer de la politique gay », et peut être considéré comme une bonne introduction à la compréhension des liens tissés entre ce mouvement et les thèses du philosophe français".
Et pour ma part je citerais Pat Califa, dont je viens de découvrir l'existence dans le même article :
« Si vous pouviez changer de sexe aussi facilement dans la réalité que dans le monde virtuel, et reprendre votre sexe ensuite, n'aimeriez-vous pas essayer au moins une fois ? (…) Qu'est-ce qui changerait dans vos idées politiques, vos vêtements, vos préférences alimentaires, vos désirs sexuels, vos mœurs sociales, votre style de conduite, de travail, de langage corporel, de comportement dans la rue ? ».