☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vous ☆☆

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Tyler
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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3181 Message non lu par Tyler »

ouais mais il vendait à ses voisin :mrgreen:
et en fait c'est les flics qui se sont invités :mrgreen:

C'était plus détaillé dans mon lien page précédente : viewtopic.php?f=2&t=55173&start=3150#p1412111 :tusors:

vibes poto :mdr: ;) ;)

(j'ai fais la même il y a quelques jours :siffle: )

Vafancoulo
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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3182 Message non lu par Vafancoulo »

Légalisation du cannabis (4/6). Les impasses de la « guerre contre la drogue »

17 août 2014 | Par Iris Deroeux - Mediapart.fr



Le mouvement de réforme des politiques en matière de cannabis signifie-t-il que la « guerre contre la drogue » américaine arrive à son terme ? Non, mais il indique bien une évolution tant aux États-Unis qu’en Amérique latine.


De notre correspondante aux États-Unis. « La guerre contre la drogue est-elle terminée ? », interrogeaient la New York University et la revue intellectuelle N+1 lors d’une conférence qu’elles organisaient à New York, en avril 2014. Autour de la table, trois spécialistes connus pour leur opposition aux politiques répressives, prônant des politiques de régulation des drogues et de traitement des usagers : l’ancien président colombien César Gaviria ; l’historienne Kathleen Frydl, auteur d'un ouvrage de référence sur la guerre contre la drogue ; et Hamilton Morris, chimiste et journaliste scientifique spécialiste des drogues de synthèse.

L'objectif de la conférence était d'évaluer l’impact du mouvement local de dépénalisation et de légalisation du cannabis sur la politique globale des États-Unis en matière de drogues. Ce que firent les trois experts (ici en vidéo), en résumant les enjeux et en pointant les limites du mouvement de réforme en cours, avant de donner une réponse simple à la question posée par le titre : non, la « guerre contre la drogue » n’est pas terminée.

Pour rappel, cette expression désigne un ensemble de politiques répressives condamnant sévèrement l’usage, la vente, la culture de plantes psychotropes et la fabrication de drogues de synthèse, qu’il s’agisse de cannabis, d’héroïne, de cocaïne ou de méthamphétamine, pour ne citer qu’elles.


Nixon déclare la guerre aux drogues. © DR

Ses origines remontent au XIXe siècle, mais le terme de « guerre » fut définitivement adopté sous Richard Nixon (président des États-Unis de 1969 à 1974). L’époque est marquée par la guerre du Viêtnam, l’addiction à l’héroïne de nombreux soldats, les trafics de stupéfiants entre l’Asie et les États-Unis… Le président se saisit du problème en déclarant la « guerre » à la drogue, sans pour autant laisser de côté l’aspect social et médical du problème. Comme le souligne l’historienne Kathleen Frydl lors de notre entretien, à l’époque, les États-Unis investissent encore des sommes considérables dans le traitement de la toxicomanie.

En 1970, le Controlled Substance Act est adopté. Il devient la pierre angulaire de la loi américaine en matière de stupéfiants. Les drogues y sont classées en fonction de leur dangerosité et de leur utilité médicale, décrétées de manière subjective « pour des raisons politiques et historiques plutôt que scientifiques », note Kathleen Frydl. Dans la catégorie 1, figurent des drogues dont la possession est interdite, qui présentent un fort potentiel d’abus et n’ont pas d’intérêt médical aux yeux des autorités.

Y sont aujourd’hui classés la marijuana, l’héroïne, la MDMA, ou encore le LSD. Dans la catégorie 2, sont rangées des drogues considérées comme moins propices aux abus et utiles à des fins médicales reconnues, comme la cocaïne, l’opium, la morphine, la mépéridine (un opiacé de synthèse) ou encore la codéine. Selon leur catégorie, l’usage de ces drogues est ensuite plus ou moins sévèrement condamné. C’est la DEA (Drug Enforcement Agency), une agence fédérale créée en 1973, qui est chargée de faire respecter la loi, en collaboration avec les polices locales.

Cette approche pénale va se durcir sous la présidence de Ronald Reagan (1981-1989). Il crée le Bureau de la politique nationale de lutte contre les stupéfiants (Office of National Drug Control Policy), dont le directeur est plus communément appelé « Tsar de la drogue » (un titre popularisé notamment par Traffic de Steven Soderbergh, sorti en 2000). Dans les années 1980, deux lois viennent renforcer les sanctions fédérales qui s’appliquent aux délits liés aux stupéfiants. Se met alors en place un système pénal cumulant de sévères peines planchers et la « loi des trois coups », selon laquelle un délinquant condamné pour une troisième infraction, même mineure, se voit condamné à une peine allant de 25 ans de prison à la perpétuité.

Sous Ronald Reagan, les commissariats sont en outre encouragés à se financer grâce aux saisies de biens effectuées lors d’arrestations liées à la drogue. Par exemple, en conservant les voitures des conducteurs fouillés puis arrêtés pour possession de drogue. Ce système est toujours en place et, selon les chiffres du Bureau de la Justice, entre 2002 et 2012, les agences locales et fédérales ont ainsi collecté près d’un milliard de dollars grâce aux arrestations liées à la marijuana.

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L’une des conséquences de ces politiques répressives est l’explosion de l’industrie carcérale américaine. Depuis les années 1980 et les débuts de la guerre contre la drogue, le nombre de prisonniers a quadruplé selon les chiffres de la Prison Policy Initiative, pour atteindre aujourd'hui 2,4 millions de prisonniers. Dans les prisons d'État, les personnes condamnées pour des crimes et délits liés à la drogue représentent 10 % de la population carcérale, c'est onze fois plus qu'en 1980. Dans les prisons fédérales, cette proportion s'élève désormais à 49,8 % des prisonniers.

En parallèle, un autre chapitre de la guerre contre la drogue s’écrit dans les pays producteurs de drogues, notamment en Amérique latine. Depuis les années 1970, les États-Unis y ont investi plus de mille milliards de dollars dans la lutte contre la production et le trafic de stupéfiants. Leurs efforts ont été menés par le biais d’agences fédérales établies dans les pays concernés, la DEA, mais aussi le FBI et la CIA. La DEA dispose aujourd’hui de 222 bureaux sur le sol américain et de 86 bureaux dispatchés dans 67 pays étrangers.


Uruguay, premier État à légaliser



Parmi les opérations connues, il y eut l’opération Condor lancée dans les années 1970 au Mexique, devant servir à éradiquer la culture de marijuana et de coca au nord du pays. Ce fut un échec : la production n’a fait que se déplacer temporairement dans d’autres États mexicains. Mais la politique américaine ne fut pas remise en cause. Au contraire, elle se généralisa. À partir des années 1990, le Plan Colombie fut lancé, un gigantesque plan d’aide financière et militaire ayant pour objectifs d’éradiquer les cartels et de bloquer les routes du trafic. Il se poursuivit jusque dans les années 2010, avant de se déplacer cette fois vers les pays d’Amérique centrale, où transite la drogue.

Ce sont désormais ces pays – en particulier le Guatemala et le Honduras – qui font l’objet de l’attention américaine. Les sommes investies ne cessent d’augmenter. Comme le résumait cette enquête d’Associated Press, en 2012, sur les 830 millions de dollars d’aide militaire et policière dépensés dans la région par les États-Unis, neuf dollars sur dix étaient destinés à lutter contre le narcotrafic, soit 30 % de plus que lors de la décennie précédente.

Sauf que cette approche militaire suscite de plus en plus de critiques en Amérique du Sud. En 2013, l’Organisation des États américains – qui regroupe les gouvernements des États du continent – publiait un rapport intitulé “Le problème des drogues en Amérique”, appelant à une réforme des politiques en matière de drogue et à la mise en place d’une approche moins sévère à l’égard des usagers. Des chefs d’État du Brésil, de Colombie, du Mexique, du Guatemala et d’Uruguay ont déclaré que la guerre contre la drogue était un échec et se sont prononcés pour des politiques alternatives, notamment la dépénalisation du cannabis. L’Uruguay l’a fait : en décembre 2013, il est devenu le premier État à légaliser le cannabis, en adoptant une loi régulant la chaîne de production de la plante étoilée entièrement sous autorité de l’État.

En outre, depuis que le Colorado et l’État de Washington ont légalisé l’usage récréatif du cannabis, des hauts fonctionnaires mexicains ne se privent pas de pointer les contradictions américaines. Ils se demandent pourquoi ils devraient continuer à allouer tant de ressources à combattre une drogue comme le cannabis quand celui-ci est légal, ici et là, de l’autre côté de la frontière.



Dans un dispensaire du Colorado © ID
Pour César Gaviria, président de la Colombie de 1990 à 1994, la politique américaine est désormais illisible. « Est-ce que les États-Unis mènent toujours la guerre contre la drogue ou est-on passé à autre chose ? Nous n’en savons rien. Regardez, il n’y en a même pas un qui a le courage de venir défendre la position du gouvernement dans ce genre d’événement », s’emporte-t-il lors de la conférence organisée à la New York University, en faisant référence à l’absence de Michael Botticelli, actuellement « tsar de la drogue » de Barack Obama, pourtant invité.

L’ancien président poursuit : « Aux États-Unis, il ne faut surtout pas trop parler de réforme pour ne pas paraître mou contre le crime. En Europe, c’est quasiment un non-sujet politique… Les chefs d’État sont dans le déni de réalité, ils choisissent la fuite ! Ils refusent de parler de drogues alors que ça fait des morts tous les jours, juste là, de l’autre côté de la frontière. »

L’administration Obama n’est pourtant ni totalement silencieuse ni totalement passive sur le sujet, en tout cas lorsqu’il s’agit de politique intérieure.


D’abord, elle a choisi de laisser faire le Colorado et l’État de Washington plutôt que de leur mettre des bâtons dans les roues, et a indiqué qu’elle observait avec attention comment ceux-ci géraient la légalisation du cannabis. Du côté de la recherche, les agences fédérales compétentes telles que la FDA et la DEA ont récemment accepté d’augmenter la quantité de marijuana qui pouvait être cultivée à des fins scientifiques.

La réforme de l’assurance santé d’Obama, dite Obamacare, est aussi considérée comme une avancée par les défenseurs d’une nouvelle approche en matière de drogue. En devant permettre à tous les Américains d’être médicalement couverts, et en élargissant l’accès à Medicaid (l’assurance santé publique réservée aux plus démunis), cette loi est censée faciliter le traitement des toxicomanes.

Dès sa prise de fonction, en 2009, Barack Obama a également fait voter une loi corrigeant le fonctionnement des peines minimum. Pour des raisons historiques, liées à l’hystérie suscitée par les ravages du crack dans les années 1980, la consommation de crack était bien plus lourdement condamnée que celle de cocaïne (alors que le crack est un dérivé de la cocaïne). Ce déséquilibre a donc été rectifié, et les peines légèrement diminuées.

Actuellement, au Sénat, une autre loi est en discussion afin de réduire et d’améliorer le système des peines pour les crimes et délits liés à la drogue : le Smarter sentencing act (loi pour des condamnations plus intelligentes) a été initié par des démocrates et des républicains partageant le même ras-le-bol face à l’hypercarcéralisation de la société américaine.

« C’est une loi importante, mais à l’impact limité. Si elle était votée, elle ne s’appliquerait qu’aux peines fédérales, alors qu’en matière de drogue, la plupart des délits sont jugés et condamnés par des cours locales, appliquant le droit local », analyse la chercheuse Kathleen Frydl.



Contrôle quasi colonial



Selon cette historienne, ces quelques réformes fédérales ne sont donc que « des petits pas », qui ne vont pas « véritablement transformer le régime de prohibition, toujours en place et intact ». Une situation qu’elle explique en revenant sur les racines de la guerre contre la drogue aux États-Unis (auxquelles elle a consacré son ouvrage, The Drug Wars in America, 1940-1973) et en s’intéressant non pas aux échecs de cette guerre, mais à ses succès.

Autrement dit, si l’approche ultra-répressive domine encore, quand bien même elle ne permettrait pas de faire baisser la consommation ni le trafic de drogue, c’est qu’elle atteint finalement d’autres objectifs. La chercheuse estime que la guerre contre la drogue permet surtout « d’exercer une forme de contrôle quasi colonial sur différents territoires ». À l’international, elle a permis d’« imposer le pouvoir américain dans des pays en voie de développement ». « Dans les années 1980 et 1990, la guerre contre la drogue fut la structure grâce à laquelle de l’argent et des ressources furent acheminés à des gouvernements alliés en Amérique latine », explique-t-elle.

À l'intérieur des États-Unis, la guerre contre la drogue est devenue un outil de « contrôle des quartiers pauvres de centres-villes, habités par des minorités ethniques », poursuit-elle. Elle rappelle qu’historiquement, chaque drogue a été associée à une communauté aux États-Unis, et son interdiction vue comme un moyen de contrôler ce groupe ; que ce soit la marijuana associée aux migrants mexicains dès les années 1920 ou le crack aux Afro-Américains dans les années 1970.

Cette guerre s’est aussi accompagnée d’un changement du rôle des forces de police locales dans les quartiers populaires, dont l’objectif numéro un est dorénavant d’arrêter les consommateurs et les petits trafiquants de drogues. Analysant la guerre contre la drogue comme un outil de contrôle social, Kathleen Frydl conclut que « la réforme viendra d’abord des citoyens, pas du gouvernement ».

C’est précisément ce qui est en train de se passer : dans le Colorado, l’État de Washington, ou encore dans l’Oregon et en Alaska – qui se prononceront par référendum sur la légalisation du cannabis en novembre 2014 –, les politiques en matière de drogue évoluent grâce à des initiatives populaires.



Une manifestation pour la légalisation du cannabis à Albany, New York© Drug Policy Alliance

Mais ce mouvement local, nécessairement décousu puisque chaque État réforme à sa manière et à son rythme, n’est pas sans risque. Le danger le plus apparent est celui de voir pulluler des campagnes en faveur de la légalisation reposant essentiellement sur les arguments financiers – « la taxe sur le cannabis rapporte gros » – et libertariens – « Washington n’a pas à me dicter ma conduite » –, mais qui aboutissent à des lois prenant très peu en compte les questions de santé publique.

« Je sais que beaucoup de gens ici sont sensibles à l’argument libertarien, mais il est facile et dangereux. Je ne pense pas que la drogue soit cool et que c’est seulement ton droit de te défoncer. Il me semble que l’État a une responsabilité, il doit fournir des informations honnêtes sur les méfaits de chaque drogue, il doit prendre soin de ses citoyens », jugeait ainsi l’ancien président colombien, César Gaviria, à la New York University.

Pour le professeur de politiques publiques Mark Kleiman, de l’Université de Californie (UCLA), la prise en charge de ces problématiques par l’État central est absolument nécessaire (ici son analyse dans la revue Washington Monthly). Décryptant les lois votées dans le Colorado et l’État de Washington (un État qu’il a conseillé sur le sujet), il estime que le cadre juridique mis en place ne fait pas grand-chose pour réduire la consommation de drogues, mais favorise au contraire l’émergence d’une industrie puissante, qui aura bientôt une capacité de lobbying lui permettant d'étendre ses activités avec un minimum de règles.

Seules les autorités fédérales auraient selon lui le moyen de rectifier le tir, en intervenant vite. Reste à voir quand Washington va relever le défi de redéfinir sa politique en matière de drogues et d’identifier un message honnête et efficace sur les risques associés à leur usage. Pour l’instant, la Maison Blanche choisit le silence.


URL source: http://www.mediapart.fr/journal/interna ... -la-drogue

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Frakman
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#3183 Message non lu par Frakman »

mais pourquoi? POURQUOI, bordel de merde, faut il toujours que ce soit les States qui nous servent de leader d'opinion en France!? ceci dit je serais le dernier à me plaindre quand on pourra enfin faire pousser légalement de la weed chez nous...
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Vafancoulo
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#3184 Message non lu par Vafancoulo »

Légaliser le cannabis (5/6). L'exemple de l'Uruguay inspire l'Amérique latine

20 août 2014 | Par Karl Laske - Mediapart.fr

Manifestants à Montevideo lors de l'approbation de la loi. © DR
La loi prévoyant le contrôle par l’État de la production et de la vente de cannabis entre en application. L’exemple uruguayen provoque un mouvement en faveur de la légalisation au Mexique, au Brésil, au Chili, en Colombie et en Argentine.


« Quelqu’un doit être le premier », a dit le président uruguayen José Mujica en juin 2012, lors de l’annonce de son projet de production et vente de cannabis par l’État en Uruguay.« Quelqu’un doit commencer en Amérique du Sud, parce que nous perdons la bataille contre les drogues et le crime sur le continent. » « Je fais ça pour la jeunesse, parce que les approches traditionnelles n’ont pas donné de résultat, a explicité Mujica. Il faut chercher un autre chemin, même si beaucoup le considèrent audacieux. Nous sommes un petit pays où l’on peut faire les choses avec facilité. »

Le président uruguayen José Mujica © Reuters
C’est donc l’audace d’un petit pays – 3,2 millions d’habitants –, qui a déjà été le deuxième au monde à instaurer l’éducation obligatoire, en 1877, et l’un des premiers à permettre le divorce, en 1917. Selon un sondage réalisé en mai dernier, l’opinion publique uruguayenne désapprouve pourtant l’initiative à hauteur de 64 %, mais 46 % seulement se déclare favorable à sa remise en cause, préférant voir les résultats. Les élections présidentielles et législatives d’octobre prochain ouvrent de fait la possibilité d’une marche arrière, souhaitée par l’opposition, mais l’ex-président Tabaré Vázquez, candidat de la gauche et favori des sondages, devrait poursuivre la réforme.

« Nous ne sommes pas en train de proposer une légalisation qui permette à chacun d’aller dans un commerce acheter des quantités de marijuana, et faire ce qu’il veut avec, a précisé Mujica. L’État va contrôler la qualité, la quantité, le prix et les personnes seront enregistrées. »


L’idée vient de Mujica lui-même. L’ancien guérillero du Mouvement Tupamaros, écroué durant les douze années de la dictature (1973-1985), est devenu président de la République en mars 2010, après avoir été sénateur (Movimiento de Participación Popular), et un temps ministre de l’agriculture de Tabaré Vázquez (2005-2008). En 2009, son programme électoral n’évoque pas le projet d’une légalisation du cannabis, mais propose de « discuter de la politique nationale en matière de drogues ».

« La direction à prendre n’était pas très claire, a expliqué Sebastián Sabini, député (Frente amplio) au cœur de ce dossier, au journal argentin la Letra P. Nous pensions à une certaine forme de régulation par l’auto-culture ou les clubs qui modifierait la situation d’insécurité juridique. Puis il y a eu un dossier charnière. En janvier 2011, Alicia Castilla, une femme de 70 ans, a été inculpée pour la détention de quelques plantes, et détenue plus de 100 jours. Cela a cassé un peu l’idée préconçue de qui sont ceux qui fument, et cela eu un impact très grand en Uruguay. »

La grève de la faim d’Alicia Castilla et le recours qu’elle engage devant la Cour suprême pour sa remise en liberté provoquent le débat sur la prohibition. « Cela a donné un cadre au projet que nous avions d’une régulation de l’auto-culture, l’usage médical, industriel, scientifique, et les clubs de cannabis, mais cela n’incluait pas la vente, poursuit Sebastián Sabini. C’est au moment où nous allions commencer le débat en commission, que Pepe (José Mujica) est arrivé avec son initiative de réguler le marché, et tout a changé. »

Plus d’un an s’écoule, de réflexions et d’études, avant la première annonce du président uruguayen, en juin 2012. L’idée, a priori simple, est d’offrir un circuit légal, une marijuana d’État, aux consommateurs. Et de couper ainsi l’herbe sous le pied des trafiquants…

Le vote de la loi par les députés en juillet 2013 © DR
Dans la pratique, la création de la totalité de la chaîne est un véritable casse-tête, vu la multiplicité des acteurs de la future industrie. En amont, l’État va délivrer des autorisations de production – licences – à des entreprises pour une superficie totale de 10 hectares environ. La commercialisation est confiée aux pharmacies qui le souhaitent, et doivent s’enregistrer. En aval, les consommateurs, résidents âgés de 18 ans et plus, doivent eux aussi s’inscrire, ce qui leur donne une possibilité d’achat à hauteur de 40 grammes par mois – ou 10 par semaine. Le législateur prévoit d’assurer l’anonymat aux consommateurs qui pourront valider leur achat par leur empreinte digitale. Les plus actifs pourront s’orienter sur l’auto-production, dans la limite de 6 plants par personne, ou les clubs, à raison de 99 plants par club.


«Pourquoi prendre des risques si le marché légal m'offre la qualité la sécurité, et le même prix ?»



Ce scénario a été inscrit dans la loi, approuvée en juillet 2013 par les députés, puis en décembre 2013, par les sénateurs. L’entrée en vigueur est effective depuis le 6 mai 2014, date de la mise en place de l’Institut de régulation et de contrôle du cannabis (IRCCA).

Manifestants à Montevideo lors de l'approbation de la loi. © DR
Initialement envisagée à l’automne 2014, la mise en route de la chaîne de production a finalement pris du retard. Le 1er août, l’IRCCA a ouvert son appel d’offres aux entreprises intéressées, qui avaient jusqu’au 18 août pour se porter candidates à l’attribution d’une licence d’une durée de 5 ans. Cinq postulants seront choisis afin de produire, chacun, une à deux tonnes de cannabis destinées aux pharmacies. Les producteurs devront cultiver des plants 100 % féminins – la plante mâle qui a un faible niveau de principe actif ne se fume pas –, et être en mesure de livrer leur cannabis, de manière échelonnée, tous les quinze jours aux pharmacies, tout au long de l’année.

La culture doit s’effectuer sur des terrains mis à disposition par l’État dans le département de San José, et avec des semences fournies par l’IRCCA. Le conditionnement doit s’effectuer par paquets de 5 à 10 grammes, et offrir aux consommateurs quatre niveaux de concentration en THC (TétraHydroCannabinol, la molécule provoquant les effets psychotropes) allant de 5 à 14 %.

Selon Julio Calzada, l’un des cerveaux de la réforme, secrétaire général de la Junta nacional de drogas, le prix de vente envisagé par l’État pour sa marijuana tournerait autour de 20 à 22 pesos le gramme (environ un dollar), soit un prix voisin, voire inférieur à celui du trafic, provenant pour l’essentiel du Paraguay. En Uruguay, le nombre de consommateurs occasionnels est estimé entre 120 000 et 200 000 personnes – selon les sources officielles ou associatives. Et 20 000 personnes seraient des fumeurs quotidiens.

« Pourquoi opter pour le marché noir s’il représente des risques, pour un produit de mauvaise qualité, alors que le marché légal m’offre la qualité et la sécurité, et que le prix est le même ? » a souligné Julio Calzada.

Une opération policière de destruction de cultures de cannabis au Paraguay, premier fournisseur du marché noir uruguayen. © DR
L’État, qui va soumettre cette activité à l’impôt, a écarté l’application d’une TVA sur le cannabis, pour garder un prix compétitif. Mais le tarif annoncé par le gouvernement serait largement sous-évalué, compte tenu des investissements nécessaires au lancement de la production. Une marge de 30 % sur les ventes est en outre promise aux pharmaciens.

La loi ne réglemente pour l’instant que l’usage récréatif du cannabis. Un choix « pragmatique » selon Sebastián Sabini : « 95 % des usagers ne fument pas parce qu’ils ont un cancer, qu’ils ont mal à la cheville ou qu’ils souffrent d’arthrose », commente le député. Il était donc « réaliste », sans être plus facile, de légiférer en premier l’usage récréatif.« Viennent ensuite les utilisations politiquement plus correctes. L’usage médicinal est celui sur lequel on travaille actuellement. »

Qu’il choisisse l’auto-culture, l’achat en pharmacie ou l’inscription à un club, le consommateur devra s’inscrire sur le registre national d’usager détenu par l’IRCCA. Une entreprise informatique a été chargée de la mise au point et de la sécurisation de ce fichier – en vertu de la loi de protection des données personnelles. Les pharmacies doivent pouvoir vérifier les numéros d’inscription des usagers via un système de vérification des empreintes digitales, sans avoir accès aux données personnelles du consommateur. L’inscription, avec relevé d’empreintes, s’effectuera dans les bureaux de poste des villes de plus de 10 000 habitants.

L’inscription n’est pas encore possible. Par contre, les clubs ont été invités à se préinscrire. Jusqu'à présent, ils fonctionnaient clandestinement en coopérative, assurant des formations à la culture, l'approvisionnement en semences, etc. Plusieurs d’entre eux – Associacion de estudios del Cannabis en Uruguay, AECU, La hoja roja… – ont fait état récemment de leurs préparatifs pour démarrer leur activité légale, et de l’arrivée en ville de la marijuana auto-produite. « Il y a une explosion de culture qui inonde les bars de Montevideo de fleurs de marijuana meilleures que n’importe quel produit paraguayen », raconte le président de la fédération des cannabiculteurs, Julio Rey, au quotidien La Nacion.

Le plan de José Mujica se met donc en place. Alors que l’opposition dénonce « l’expérimentation » dans laquelle il engage le pays, elle a relevé la déclaration du milliardaire George Soros, en septembre 2013, lors d’une rencontre avec Mujica : « Nous sommes conscients que l’Uruguay va être un laboratoire, et que si l’expérience s’avère satisfaisante, elle pourra bénéficier au monde entier. » Ce soutien inattendu à Mujica a fait de Soros l’un des épouvantails de ce débat. L’Open Society Foundation (OSF) de Soros a soutenu financièrement l’organisation du Débat national sur les drogues en 2011 puis la campagne publicitaire télévisée « Régulation responsable » en soutien du projet de loi de légalisation, en 2013 (les clips de cette campagne sont en ligne ici).

L’implication de Soros dans le développement des agrocarburants dans la région – à travers la firme Adecoagro qui possède 340 000 hectares entre l’Argentine, l’Uruguay et le Brésil – a fait craindre son intervention sur le marché uruguayen du cannabis. Mais Soros a précisément bien assez d’affaires en cours, pour s’intéresser à un marché aussi encadré par l’État.



«L’enjeu est aujourd’hui l’utilisation de toutes les plantes maîtresses pour la santé publique»



En six mois, la loi uruguayenne a provoqué un mouvement en faveur de la légalisation dans plusieurs pays d'Amérique latine, par des appels au débat et des dépôts de projets de loi au Mexique, au Brésil, au Chili, et tout récemment en Argentine, où la présidente a donné son feu vert à l’examen d’une modification de la loi.

En février, ce sont des sénateurs mexicains du Partido revolucionario democrático (PRD, gauche) qui ont déposé une proposition de loi visant à dépénaliser un peu plus la consommation personnelle – en portant la dose maximale autorisée de 5 à 30 grammes – et à favoriser l’usage médical de cannabis. L’initiative accompagne l’étude d'un projet de régulation de la consommation sur le district fédéral de México.

En août 2013, l’ancien président mexicain Vicente Fox, du Partido de Acción nacional (PAN, conservateur), avait déjà salué l’avancée institutionnelle opérée par l’Uruguay, « à l’avant-garde de l’Amérique latine », et appelant de ses vœux une opération similaire à México. Et l’on a vu récemment un élu du PAN soutenir l’initiative du PRD. « Réguler n’est pas promouvoir la consommation, au contraire, c’est faire que l’État puisse jouer un rôle plutôt que laisser la délinquance décider de tout dans un marché qui va continuer d’exister », a déclaré le sénateur Mario Delgado (PRD), reprenant au mot près les explications uruguayennes.

Manifestation à Mexico en 2013 pour soutenir le projet du district fédéral
L'un des objectifs de la proposition est de décentraliser la politique de drogue au niveau fédéral, pour être en mesure d’assurer la distribution de marijuana dans des « lieux d’approvisionnement sûrs », sous l’autorité du district fédéral. L’Institut d’accueil et de prévention des addictions de la ville de México (IAPA) pourrait être chargé de cette tentative de régulation. Le projet du PRD vise aussi à obtenir la libération anticipée de détenus à México, mis en cause pour leur consommation ou des trafics de cannabis portant sur des quantités inférieures à 300 grammes.

Une affiche à México. © DR
Le mouvement de libéralisation aux États-Unis influence par ailleurs les milieux politiques conservateurs. « Ce serait une bêtise, alors que les États-Unis légalisent la marijuana dans plusieurs États, que nous n’abordions pas le sujet, que nous le criminalisions, que nous remplissions les prisons de vendeurs de cannabis qui ont pour objectif de l’amener là où elle est légale », a déclaré l’ancien président de la chambre de députés, Francisco Arroyo (Partido revolucionario institucional, PRI).

Le débat a été lancé aussi au Brésil, par le député médiatique Jean Wyllys (PSOL, gauche), qui a présenté un projet de loi reprenant d’assez près l’exemple de « régulation » uruguayen. Wyllys préconise la libéralisation de la culture pour la consommation personnelle, limitant à six le nombre de plantes cultivées, avec une inscription obligatoire sur un registre officiel, et de possibles inspections. Il plafonne comme en Uruguay la consommation à 480 grammes par an, et donne à l’exécutif la responsabilité de définir des zones de culture.

Plusieurs pays latino-américains ont déjà acté des dispositions de tolérance en cas de détention de petites quantités de marijuana, mais ces dispositions n’empêchent pas la répression.

Sur les 13 145 détentions liées au commerce de la drogue en 2013 au Pérou, seulement 37 % le sont pour des délits aggravés. « 62 % sont détenus pour possession de drogue ou consommation, alors même que la consommation n’est plus un délit dans notre code pénal, explique Ricardo Soberón, avocat et ancien chef d’un des organismes de lutte contre la drogue, la Comisión Nacional para el Desarrollo y Vida sin Drogas (DEVIDA). Nous travaillons sur une proposition de directive destinée aux commissariats, pour que la police distingue les consommateurs des personnes impliquées dans le trafic. »

Le numéro vert destiné aux consommateurs en cas d'interpellation © DR
Au Pérou, on peut légalement disposer jusqu’à 8 grammes de cannabis, mais la culture et la commercialisation sont encore sanctionnées par des peines allant de 8 à 15 ans de prison. Le Centre de recherche drogues et droits de l'homme (CIDDH) animé par Soberón a créé un accueil téléphonique – la « linea verde » – pour venir en aide aux interpellés.« Notre avocat intervient, poursuit Soberón. Il est facile pour les policiers de dire qu’ils soupçonnent le consommateur de trafic. Il arrive qu’entre l’arrestation et l’arrivée du procureur, les policiers sollicitent une somme d’argent pour surseoir à la procédure. »

Nommé par le président Ollanta Humala, Ricardo Soberón a été contraint de quitter la direction de la DEVIDA après avoir stoppé une opération d’éradication de culture de coca sous contrôle américain, et provoqué un clash avec l’ambassadeur des États-Unis.

En janvier dernier, Soberón a salué le vote de la loi uruguayenne, et appelé les autorités à l’ouverture d’un débat. L’avocat estime qu’au-delà du cannabis, l’enjeu est aujourd’hui« l’utilisation de toutes les plantes maîtresses pour la santé publique » : « la feuille de coca, le San Pedro (cactus), l’ayahuasca (plante amazonienne) et l’amapoya (le pavot) ».« Mais je suis réaliste : dans mon pays, il faut un débat, informé, scientifique, vrai, explique-t-il. Je préfère parler de régulation, plus que de légalisation. Je ne crois à la répression que pour les grandes structures du crime organisé. »




Le Chili, l'Argentine et la Colombie prennent le chemin des réformes



Au Chili, qui vient d’autoriser, en juillet, l’arrivée du Sativex, médicament à base de cannabis Sativa, les statistiques renvoient le même diagnostic qu’au Pérou : la consommation reste pénalisée bien que la loi l’accepte. Sur 85 000 détenus dans des affaires de drogue, 18,3 % le sont pour trafic aggravé, et 77,6 % pour simple détention, consommation ou culture.

Au premier semestre, le débat chilien a été marqué par la grève de la faim d’un psychiatre, Milton Flores, condamné, en 2013, à 541 jours de prison avec sursis pour avoir cultivé des plants de cannabis. La Cour suprême avait cassé sa première condamnation en soulignant que ces cultures s’inscrivaient dans son activité professionnelle, et à des fins curatives, notamment concernant les problèmes d’addiction. Mais le parquet avait maintenu les poursuites, jugeant que ces cultures avaient été réalisées sans autorisation. Une vingtaine de parlementaires ont appuyé la saisine par Milton Flores de la Commission interaméricaine des droits de l’homme.

Manifestation à Santiago, le 2 juin dernier, derrière le mot d'ordre "cultive tes droits" © DR
Courant juillet, trois députés d’Amplitud (droite) ont déposé un projet visant à légaliser l’auto-culture du cannabis. « L’objectif est d’autoriser l’auto-culture en vue d’une consommation privée, personnelle ou collective, et de proscrire la vente », a expliqué Karla Rubilar, l’une des trois élus. L’initiative a reçu l’appui des députés démocrates chrétiens (DC). « Nous disons oui à l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques, à des fins récréatives, a commenté Matías Walker (DC), mais non au narcotrafic. Ce projet de loi peut nous permettre de faire perdre ce marché aux narcotrafiquants. » Les arguments de l’Uruguay ont porté partout.

C’est en Argentine que l’impact de l’initiative uruguayenne semble avoir été le plus décisif. Ces tout derniers jours, la présidente Cristina Fernández de Kirchner a donné son feu vert à l’élaboration d’une série de mesures visant à dépénaliser l’usage des drogues. Ces propositions doivent être étudiées par le service de lutte contre d’addiction et le narcotrafic (Secretaría de Programación para la Prevención de la Drogadicción y la Lucha contra el Narcotráfico, Sedronar) afin d’être présentées au congrès avant la fin de l’année, dans l’objectif d’une réforme de la loi sur les stupéfiants.

Cette loi prohibe l’usage de toutes les drogues, mais une décision de la Cour suprême a considéré en 2009 qu’un de ses articles concernant la consommation était inconstitutionnel, et a décriminalisé la détention de petites quantités, jugeant nécessaire, en outre, la révision de la loi. Faute de révision, les policiers continuent d’appliquer la loi, face à des consommateurs qui, lorsqu’ils ont des avocats, invoquent la jurisprudence de la Cour suprême pour éviter l’incarcération.

Le 3 mai dernier, la Marche mondiale de la marijuana a réuni près de 150 000 manifestants à Buenos Aires. En tête du cortège, ce mot d’ordre qui fait le tour de l’Amérique latine : « No mas preso por cultivar, Regulación del cannabis, ya ! » – « Plus jamais détenu pour cultiver, Régulation du cannabis, maintenant ! ». La régulation voulue par les militants n’est pas celle de l’État cultivateur uruguayen, mais plutôt celle des clubs sociaux maîtrisant l’accès au cannabis et aux semences.

La marche du 3 mai dernier, à Buenos Aires © DR
Fin juillet, la ministre argentine chargée de la sécurité María Cecilia Rodríguez a déclaré qu’elle était « favorable à la dépénalisation de la consommation », « avec l’encadrement nécessaire ». Récemment nommé secrétaire pour la réflexion nationale, le philosophe Ricardo Forster, animateur du club Carta abieta, a lui aussi fait savoir début août qu’il était « d’accord avec la dépénalisation parce que la logique répressive n’a abouti à rien ».


Les 12 et 13 août, Julio Calzada, le secrétaire de la Junta nacional de drogas uruguayenne, a été invité à un colloque sur la lutte contre la drogue à Bogota. Et devant lui, le président colombien Juan Manuel Santos a annoncé qu’il allait soutenir la proposition du sénateur Juan Manuel Galán visant à autoriser l’usage médicinal du cannabis. « Nous voyons avec bienveillance l’initiative sur l’utilisation thérapeutique et médicinale du cannabis, a-t-il déclaré. C’est une manière d’empêcher des criminels d’être les intermédiaires entre le patient et la substance qui va soulager sa souffrance. C’est un pas dans la bonne direction. »

Deux experts israéliens se sont précisément rendus à Montevideo pour suggérer à Calzada que l’État uruguayen étudie aussi la possibilité de devenir l’un des acteurs mondiaux du cannabis médicinal. Il pourrait être ainsi « le premier » à fournir à l’industrie pharmaceutique internationale un produit sûr, issu de ses cultures. Mais il faut d’abord qu’il légifère sur ce type d’utilisation.


URL source: http://www.mediapart.fr/journal/interna ... que-latine

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Petit Poney
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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3185 Message non lu par Petit Poney »

Euh ...

Aère , merci , plusieurs posts , dégroupe comme Cegetel t'entends ?
"L'alchimie c'est la science des blaireaux"

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Frakman
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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3186 Message non lu par Frakman »

Petit Poney a écrit :Euh ...

Aère , merci , plusieurs posts , dégroupe comme Cegetel t'entends ?


personne ne te force à lire...

vafancoulo merci pour le partage :sm28:
yama yamaha yama yamaha yama yamaha a MOOG and a CASIO

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Petit Poney
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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3187 Message non lu par Petit Poney »

Non personne , et ils peuvent essayer un pavé comme ça je leur balance à la tronche . T'as un blème ?
"L'alchimie c'est la science des blaireaux"

Vafancoulo
As-tu lu le règlement ?
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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3188 Message non lu par Vafancoulo »

Légaliser le cannabis (6/7). La France s'accroche au tout-répressif

24 août 2014 | Par Louise Fessard - Mediapart.fr

Rassemblement pour l'appel du «18 joint» sur la Canebière en 2014.
Alors que l’Uruguay, le Colorado et Washington aux États-Unis ont légalisé la production de cannabis, que ses voisins européens en dépénalisent l’usage, la France reste arc-boutée sur sa loi du 31 décembre 1970, l’une des plus répressives en Europe. Avec des effets inefficaces puisque la consommation reste l'une des plus élevées du continent.


C’était fin octobre 2013. Le groupe socialiste à l’Assemblée nationale lançait en toute discrétion une mission d’évaluation des politiques publiques de lutte contre les substances illicites. « Il ne s’agit pas de légaliser ou de dépénaliser le cannabis », insistait au téléphone l’une des deux parlementaires PS à l’origine de l’initiative, Catherine Lemorton, qui redoutait que le PS ne soit une fois de plus taxé de « laxisme ». « Face à la réalité, le vrai laxisme c’est le statu quo », sabrait pourtant en 2011 l’ancien ministre de l’intérieur PS Daniel Vaillant dans un rapport sur « la législation contrôlée du cannabis ». L’élu parisien est désormais aux abonnés absents, à en croire Marianne. « Non, il ne communique plus sur le sujet ! » a répondu son équipe à l’hebdomadaire.



Rassemblement pour l'appel du «18 joint» sur la Canebière à Marseille, en 2014. © LF
Officiellement, le gouvernement socialiste ne craint pas le débat. Le ministre de l’intérieur PS Bernard Cazeneuve nous a ainsi répondu le 12 août 2014 être favorable « au plus large débat »… en refermant aussitôt la porte. « Mais dans ce débat, j’ai ma position : je suis fermement hostile à toute dépénalisation. »

Face aux lecteurs du Parisien en juin 2014, Christiane Taubira restait tout aussi prudente : « À partir du moment où 40 % des adolescents ont touché au cannabis, on ne peut pas se cacher sous le sable. Pourquoi, dans un pays où l'on peut débattre des sujets les plus compliqués, n'est-il pas possible de débattre de celui-ci ? Si l'on légalise, terminé le trafic ! Mais moi, je ne suis pas qualifiée pour dire qu'il faut légaliser. Faut-il des états généraux ? Je pense que oui. »

Mais quand la sénatrice écologiste Esther Benbassa dépose le 28 janvier 2014 une proposition de loi « visant à autoriser l'usage contrôlé du cannabis », l’ex-ministre de l’intérieur Manuel Valls coupe court. « J’ai demandé un débat sans vote dans l’hémicycle pour sensibiliser les élus, raconte la sénatrice. Manuel Valls a immédiatement refusé. » « Nous considérons qu’il faut des interdits, nous a répondu Manuel Valls le 12 mars 2014. Ça ne veut pas dire que le débat n’aura pas lieu. Qui peut l’empêcher ? Nous avons besoin de normes, de règles, d’interdits. » Voir ci-dessous la vidéo à la 30e minute.


A partir de 30 min

Votée un soir de Saint-Sylvestre, le 31 décembre 1970, la loi française met dans le même sac héroïne, cocaïne et cannabis, classés comme stupéfiants (lire le décret). Le tabac et l’alcool, qui sont respectivement à l’origine de 73 000 et 49 000 décès par an selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), ne sont pas inclus dans cette liste. « La distinction se fait entre des drogues licites, socialement tolérées, et des drogues illicites, socialement discriminées », explique le rapport Vaillant.

L’usager de cannabis risque une peine de prison allant jusqu’à un an et une amende de 3 750 euros. Et pour verrouiller l’opinion publique, la loi punit de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende le fait de présenter la consommation et le trafic de stupéfiants « sous un jour favorable ».


Une loi choc pour un phénomène à l’époque marginal : seules 1 944 personnes seront interpellées pour usage de stupéfiants en 1971. Mais le gouvernement français veut endiguer« une vague de contestation portée par ce que certains ont appelé la dissolution des mœurs ». Six mois plus tôt, le Parlement a adopté la loi anti-casseurs, qui sera abrogée par la gauche à son arrivée au pouvoir en 1981. « Une panique morale s’installe après 1968, il y a l'overdose d’une jeune fille à Bandol, on a peur d’une catastrophe sanitaire comme aux États-Unis, rappelle le sociologue Michel Kokoreff, professeur à l’université Paris 8. Nixon lance sa guerre à la drogue et met la pression sur Pompidou à propos de la French connection. »

Le 18 juin 1976, Libération publie le fameux « Appel du 18 joint ». « Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple joint de cannabis peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre. Des dizaines de documents officiels ont démontré que le cannabis n'engendre aucune dépendance physique, contrairement aux drogues dites dures, telles que l'héroïne, mais aussi au tabac ou à l'alcool, et n'a aucun effet nocif comparable. »


Apparaît une véritable « police du cannabis », focalisée sur l’usage du cannabis dans l’espace public. En 25 ans, les interpellations pour usage du cannabis sont multipliées par dix, passant de 11 896 en 1985 à 122 439 en 2010, selon une étude de l’OFDT. En 2010, le cannabis représente 90 % des interpellations pour usage de stupéfiants, contre 71 % en 1990. Pour traiter cet afflux et ne pas paralyser les tribunaux, les parquets développent des alternatives aux poursuites (rappels à la loi, injonctions thérapeutiques, etc.).

Grâce à celles-ci, la sanction pénale devient presque systématique. En région parisienne, selon l'OFDT, seules 8,5 % des affaires d’usage ont été classées sans suite en 2008, contre près de 30 % sept ans plus tôt. Chaque parquet bricole, avec de fortes inégalités territoriales d’une juridiction à l’autre. «Il y a un vrai problème de politique pénale en matière de stupéfiants, explique Benoît Vandermaesen. Pour 10 grammes de résine, ça peut être usage (puni par le code de la santé publique) et détention (puni par le code pénal). Certains procureurs vont demander une disqualification des poursuites, d'autres vont viser la détention de stupéfiants. La peine encourue est alors de dix ans. Ce qui veut dire que les condamnés seront en état de récidive légale sur les dix ans à venir.» « La répression sur le cannabis n’est pas la même en Seine-Saint-Denis que dans le Finistère, reconnaissait en 2013 Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois de l’Assemblée nationale. Interpellé avec le même nombre de grammes, vous ne serez sans doute pas sanctionné de la même façon. »


L’argument de cette coûteuse politique répressive (entre 500 millions à 600 millions d’euros par an selon une estimation de l’économiste Christian Ben Lakhdar) reste la protection de la jeunesse contre les effets nocifs du cannabis. « Cancers, troubles du comportement et effets psychiatriques, liste Bernard Cazeneuve. Je peux comprendre que ce principe soit considéré comme un peu old fashioned mais, pour ce qui est de mes propres enfants, je leur déconseillerais le cannabis et les protégerais. Donc a fortiori, pour tous les autres. »

Pendant ce temps, le nom de la Mildt (devenue Mildelca, mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) s'allonge... et son budget ne cesse baisser. Il est passé de 32,27 millions d'euros en 2009 à 20,9 millions d'euros en 2014. Même sur le plan thérapeutique, la France est à la traîne. En 2001, le ministre délégué à la santé Bernard Kouchner s'était dit favorable à l'utilisation thérapeutique du cannabis « dans un cadre très précis » pour soigner la douleur de la sclérose en plaques et de certains cancers.

Il faudra attendre... janvier 2014 pour que l'Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) autorise la mise sur le marché du Sativex, un spray buccal fabriqué à base de cannabis déjà autorisé dans la plupart des pays européens. Une première en France, où jamais un médicament à base de cannabis n'avait été commercialisé. Mais l'utilisation de la plante dans des préparations magistrales reste interdite, tout comme fumer de l'herbe pour soulager des douleurs.


Une politique dans l'impasse





Graphique réalisé par l'OFDT (Obradovic)
L’échec de cette politique saute aux yeux. Le cannabis est devenu une pratique culturelle française répandue dans toutes les classes sociales. Environ 13,4 millions de Français ont déjà consommé au moins une fois du cannabis, selon l’OFDT. Quelque 1,2 million en consomment de façon régulière (plus de dix fois par mois), dont 550 000 quotidiennement. Le nombre de jeunes de 17 ans ayant déjà expérimenté le cannabis a doublé en France entre 1993 et 2011, passant de 21 % à 41,5 %. La France a donc aujourd’hui « le triste privilège de figurer dans le peloton de tête des pays de l’Union européenne pour ce qui concerne la consommation de cannabis », constatait le 13 août 2013 l'ex ministre de l’intérieur Manuel Valls.

Pire, « l'interdiction du cannabis apparaît bien comme l'allié objectif des mafias à qui elle donne leur raison d'exister sur ce secteur d'activité », concluait le rapport Vaillant. Résultat :« l’actuelle régulation du cannabis est faite par des organisations criminelles qui contrôlent le type de produit, sa qualité, la vente aux mineurs, etc. », affirme l’économiste Pierre Kopp, professeur à l'université Panthéon-Sorbonne (Paris 1). Comme aux États-Unis dans les années 1920, la prohibition nourrit des réseaux criminels qui régentent certains quartiers populaires (lire Quartiers shit de Philippe Pujol). Et recrute leurs adolescents comme guetteurs, charbonneurs, etc.

« Le gouvernement se sert de la jeunesse comme d’un bouclier humain, constate Kshoo, 47 ans, l’un des cofondateurs du Collectif d’information et de recherche cannabique (Circ).On prétend la protéger, mais on criminalise une partie de la jeunesse. Ils deviennent adultes avec le statut de délinquant. » Certains y voient même un calcul plus cynique. Comme ce gérant d’un « growshop » marseillais, pour qui les autorités publiques achètent la paix sociale dans les quartiers en laissant les jeunes « s’assommer avec du shit pourri ». « Dans les années 1980, ils s’engageaient pour la marche des Beurs, contre les massacres de Sabra et Chatila, etc. Aujourd’hui, vu la qualité de ce qu'ils fument, les velléités de révolte, ils les laissent dans le cendrier. »



Liste des règlements de comptes à Marseille, lors du «18 joint» 2014.
À Marseille, et dans une moindre mesure en région parisienne, le bilan se compte également en cadavres. En 2011, un groupe d’universitaires et d’experts en santé publique, basé en Colombie-Britannique, a épluché les données existantes sur l’impact de la répression policière. Ils concluent « que la violence liée à la drogue et les taux élevés d’homicides sont probablement une conséquence naturelle de la prohibition ». « Les méthodes de plus en plus sophistiquées, et abondamment financées, de perturbation des réseaux de distribution de drogues peuvent involontairement augmenter la violence », précisent-ils.

Pourquoi les pouvoirs publics n'actent-ils pas cet échec ? « Autant la France a eu une approche très libérale et offensive du soin des drogues dures, avec des dispositifs d’accueil anonymes et gratuits, autant la possession et l’usage de cannabis restent de l’ordre d’un interdit moral et le premier qui bouge sur le sujet est traité de laxiste », remarque le journaliste spécialisé Laurent Appel, membre de l’association Autosupport pour les usagers de drogues (Asud). « On ne sortira pas de cette impasse, tant qu’on reste dans un volet moral "Le shit c’est mal, c’est la chienlit" », critique Mohamed Bensaada, membre de l’association Quartiers nord, quartiers forts à Marseille.

En la matière, les préjugés ont la vie dure : 70 % des Français sondés par l'OFDT fin 2012 sont par exemple persuadés que « fumer du cannabis conduit à consommer par la suite des produits plus dangereux ». Cette théorie de l’escalade, largement reprise par les politiques français, a pourtant été réfutée par la plupart des études scientifiques.

Campagne de prévention de la Mildt de 2005
« Il y a une frilosité évidente des politiques qui considèrent que c’est un dossier suicidaire au regard des sondages », affirme Michel Kokoreff, qui pointe « une classe politique vieillissante, en décalage avec l’évolution des mœurs ». Selon l'enquête conduite par l'OFDT sur un échantillon de 2 500 personnes fin 2012, 78 % des sondés étaient opposés à la mise en vente libre du cannabis, mais 60 % se disaient prêts à l'autoriser sous certaines conditions (interdiction aux mineurs et avant de conduire). En la matière, le PS comme l’UMP semblent donc en retard sur l'opinion publique.

« La gauche n’a jamais rien fait : toutes les initiatives de réduction des risques en matière de drogues dures sont venues de la droite », rappelle même Fabrice Olivet, directeur d’Asud et secrétaire général de l'Association française pour la réduction des risques (AFR).

« Le débat a été tué dans l’œuf par l’arrivée du PS au pouvoir, confirme Benoît Vandermaesen, secrétaire national du Syndicat de la magistrature (minoritaire) qui défend la légalisation. Le PS a l’illusion qu’il perdrait toute légitimité dans la lutte contre la délinquance en abordant ces questions. Alors il reste dans la surenchère : montrer qu’il fait mieux que la droite, sans changer de paradigme. » L’UMP se garde, elle, sur sa droite, où progresse le Front national. « Le premier qui donnera l’impression d’être faible sur les drogues aura perdu », résume Pierre Kopp.

Échaudé par l’épisode houleux du « mariage pour tous », François Hollande ne veut plus de débats « sociétaux », jugés trop sensibles. « Les socialistes ne veulent pas choquer les gens, mais que des jeunes se procurent du cannabis auprès de groupes mafieux ne gêne personne », s'indigne Esther Benbassa. Pour elle, le « traumatisme » du mariage pour tous qui « a divisé la France en deux », les récents débats autour de la réforme pénale montrent un pays « replié sur ses stéréotypes et ses conservatismes ». « Malgré leur conservatisme, les États-Unis sont en avance sur les libertés individuelles », dit la sénatrice qui rêve d’une mission parlementaire au Colorado.

Aux États-Unis, ce sont des associations financée en grande partie par des milliardaires, la Drug Policy Alliance et le Marijuana Policy Project, qui portent le combat anti-prohibition. Ces acteurs font défaut en France, où « les groupuscules existant ne pèsent pas lourd face au poids des institutions et au rôle ambivalent des médias », remarque Michel Kokoreff.

Les associations françaises anti-prohibition sont nées au début des années 1990 en pleine épidémie de sida chez les usagers d'héroïne. La politique de répression est alors l'un des facteurs de propagation du sida par les seringues souillées. A Paris, Lyon, Marseille, l'hécatombe frappe les cités et les jeunes issus de l'immigration qui viennent de surgir dans l'espace public avec la « Marche des beurs ». Ils tombent par milliers, dans l'indifférence générale, comme le relate cette enquête du Monde.

La France finit par adopter des mesures très offensives – centres de soins, programmes d’échanges de seringues en 1991 et traitements de substitution aux opiacés en 1994 – et obtient des résultats spectaculaires. Le nombre des infections par le VIH chez les usagers de drogue est divisé par quatre et les overdoses chutent. « Il y a eu une sorte de deal politique : d’accord pour la prise en charge médicale du sida et de l’hépatite C, mais pas un mot sur les droits, pas un mot sur les questions politiques autour de la drogue », relate Fabrice Olivet, directeur d’Asud fondée en 1992. Agréée par l’État pour représenter les usagers, l’association est aujourd’hui financée par l’État à hauteur de quelque 100 000 euros, sur un budget d’environ 350 000 euros.




L'exemple américain



Numéro «On a testé pour vous 50 produits» d'Asud
Axées sur la réduction des risques, les associations françaises sont démunies pour parler du cannabis qui présente peu de risques sanitaires aigus au côté de l’héroïne ou du crack.« Le débat sur les salles d'injection gêne moins les politiques de droite comme de gauche que celui sur la légalisation du cannabis, estime Fabrice Olivet. On a sorti un manuel, Se shooter propre, un test comparatif de 50 produits stupéfiants, mais, en 14 ans, les seuls ennuis judiciaires que nous ayons eus étaient toujours liés au cannabis. »

En juin 1999, le président d'Asud est condamné à une amende pour l'organisation du « 18 joint » 1998. Puis en 2002, les responsables de l’association sont auditionnés par la brigade des stupéfiants de Paris pour un numéro spécial sur le cannabis thérapeutique.

« S'engager dans le militantisme autour du cannabis, c'est s'exposer et risquer beaucoup d'embrouilles », remarque un militant marseillais. Le contexte de la prohibition rend difficile la prévention. Pourtant, selon les variétés de cannabis, le taux de THC varient et peuvent grimper jusqu'à à 35%. « C'est comme l'alcool : la journée on va prendre une bière, le soir pour faire la fête un whisky, explique ce même militant. Il faut retrouver cette éducation des produits adaptés à tel ou tel moment de la journée. Mais on ne peut même pas dire : "Fumez un joint le soir, mais pas toute la journée". »

« La loi sur les stups de 1970 interdit tout débat et transforme la brigade des stupéfiants en une police politique, dit Kshoo, cofondateur du Circ en octobre 1991 avec Jean-Pierre Galland. Dès qu’on tient un autre discours que celui prohibitionniste, ça risque d’être considéré comme une incitation à la consommation. » Selon lui, les militants se sont épuisés dans les combats judiciaires. « Ça nous a pas mal calmés pendant dix ans », reconnaît Kshoo.

Pour contourner les obstacles légaux, il s’est lancé comme plusieurs militants dans la promotion du « chanvre global » (légal s'il contient moins de 2 % de THC). Il s’agit de réhabiliter une culture traditionnelle pour produire des matériaux de construction, des vêtements, des boissons, des aliments, etc., qui iront alimenter les rayons des boutiques et salons bio. Le développement de l’autoproduction et des « grow shops », des boutiques vendant du matériel de culture hydroponique, permet également à certains activistes de vivre – indirectement – du cannabis. Plusieurs stands français seront ainsi présents mi-septembre à « Expogrow », un salon du cannabis stratégiquement placé à Irun (Espagne), à quelques kilomètres de la frontière avec le pays basque français.

Depuis trois ans, l’actualité internationale a redonné un coup de fouet aux anti-prohibition qui observent avec intérêt les expériences de légalisation de l’Uruguay, du Colorado et de Washington. « Ce qui s’est passé aux États-Unis est une ringardisation de la politique française, estime Pierre Kopp. En schématisant, aujourd’hui, être d’accord avec Obama, c’est être pour la légalisation. » « Plus ces expériences se poursuivent, mieux on mesurera les impacts sur la consommation de cannabis, les rentrées d’impôts pour les États, les gangs et la violence, etc. », souligne Laurent Appel. Autant d’aspects concrets et chiffrés pour sortir des fantasmes français.

Campagne du Circ
Certains aimeraient ainsi mener cette question sur le terrain des droits civiques, en s’inspirant de la façon dont le mouvement pro-légalisation aux États-Unis a su mobiliser des associations de lutte contre les discriminations ethniques et sociales. Aux États-Unis, une étude de la grande association de lutte pour les droits civiques ACLU montre que les Afro-Américains ont 3,73 fois plus de chances de se faire arrêter pour possession de marijuana que les Blancs, alors que les deux groupes en consomment autant. En décembre 2013,dans une tribune commune, Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires (Cran) et Fabrice Olivet pour l'AFR, tentent une comparaison avec la France. « La guerre aux drogues, inefficace et coûteuse » n’y serait-elle pas « en outre une guerre racialisée » ?

« Nous n’avons pas de chiffres, mais nous avons vraiment l’impression qu’en France, la guerre à la drogue vise surtout les banlieues, et les Arabes et les Noirs qui y vivent », dit Fabrice Olivet. À défaut de statistiques ethniques en France, « les enquêtes en population générale montrent qu'un grand nombre de jeunes consomment du haschich dans toutes les catégories sociales, mais que l'immense majorité des poursuites pour usage de stupéfiants concerne les jeunes des milieux populaires », nous indiquait le sociologue Laurent Mucchielli en 2011. Dans les quartiers populaires, la police mène une guerre à la drogue qui transforme la plupart des habitants en ennemis.

La contestation vient donc aussi des intervenants dans ces quartiers populaires les plus confrontés à ces trafics organisés de façon entrepreneuriale. Stéphane Sevran, le maire EELV de Sevran, une des communes les plus pauvres de France, milite depuis 2011 pour la légalisation. « Les réseaux sont de plus en plus structurés, décrivait-il en avril 2013.Avant, l’argent de la drogue redescendait sur les quartiers. Les trafiquants ouvraient un petit commerce, un kebab… Désormais, l’argent reste en haut, chez ceux qui tiennent le trafic. Et ils n’investissent plus vraiment dans de petits commerces, mais dans des SCI. De l’argent sale circule dans le milieu de l’immobilier. »

C’est aussi le constat de certains policiers, comme ce commissaire qui connaît bien les cités marseillaises. Selon lui, la légalisation se heurte cependant à la crise actuelle. « Dans les quartiers nord, on compte près de 300 000 habitants, dont 40 % de jeunes au chômage. On ne peut pas dire aux mecs : "Votre trafic, c’est fini, demain c’est estampillé Seita et ça se déroule au bureau de tabac." Le trafic de shit fait vivre des familles entières ainsi que l’État puisque, quand les jeunes achètent des Nike, 20 % revient dans les caisses publiques. Et même 80 %, lorsqu’on les retrouve aux tables de poker dans les casinos autour de Marseille. » Les policiers craignent également que les groupes criminels s'adaptent à une éventuelle légalisation en proposant des produits à moindre coût ou avec des taux de THC supérieurs à celui réglementé.

C'est pourquoi, plutôt qu’un monopole d’État, Mohammed Bensaada de l’association « Quartiers nord, quartiers forts » et candidat du Parti de gauche aux municipales, imagine lui« un dialogue avec ceux qui n’ont pas de sang sur les mains » pour « officialiser, contrôler et taxer les réseaux existants, tout en développant des centres sanitaires et de pédagogie. » « Si l'on évince les trafiquants, c’est sûr qu’ils se tourneront vers d’autres trafics », remarque-t-il.


Éparpillés, les militants anti-prohibition tâtonnent donc encore en France. Début 2013, l’expérience de sortie de la clandestinité de cannabiculteurs a fait long feu avec la condamnation de Dominique Broc, le médiatique porte-parole du Cannabis social club français (CSCF). L’idée était de déclarer en préfecture sous forme d’association loi 1901 un maximum des réseaux amicaux de cultivateurs. « Révulsé de filer du fric à des mafias », Dominique Broc prône l’autoculture et agite le chiffre de 400 cannabis social clubs. Mais au printemps 2013, seules six associations se déclarent au Journal officiel (en Charente-Maritime, Creuse, Haute-Vienne, Indre-et-Loire, Loire-Atlantique et Vendée).

Apparu avec ses pieds de cannabis dans plusieurs reportages, Dominique Broc est perquisitionné le 21 février 2013. Les policiers saisissent 126 plants de cannabis et 26 grammes d’herbe. Le jardinier de 45 ans est condamné en première instance à huit mois de prison avec sursis et à une amende de 2 500 euros pour « détention et usage de cannabis ». L’expérience de désobéissance civile tourne court.

En off, des militants du CSC regrettent l’« amateurisme » et le « manque de préparation » de cette campagne, qui aura tout de même été très relayée par les médias. « Nous sommes un peu bordéliques, c’est typique, reconnaît Kshoo. L’action était censée susciter un débat qui n’a pas eu lieu. Mais l’expérience continue, avec des mutualisations entre cannabiculteurs, mais les gens ne déposent plus les statuts d’association loi 1901. » Lui aussi regarde du côté des États-Unis, où la liberté de ton des médias, même les plus conservateurs, le stupéfie. « Le jour où la loi changera en France, on se rendra compte de l’absurdité de la situation actuelle », dit-il.


URL source: http://www.mediapart.fr/journal/france/ ... -repressif

Desmond

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#3189 Message non lu par Desmond »

Tu triches, t'as rajouté un épisode !

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SWED
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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3190 Message non lu par SWED »

p'tite remarque, c'est marrant la transmission du droit de battre dollar a été transmise de l'état a la FED (banque privée) de la même manière
https://www.youtube.com/watch?v=AMbBVAgb2CA

"Être ecouté importe peu, tant que l'on m'entend..."

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monsieur juin
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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3191 Message non lu par monsieur juin »

Merci Vafanculo(si j'ose dire :lol: )
de tres bon articles :topcool: . il y a vraiment toute notre réalité
C'est pour ca que je dis que la légalisation , on y est pas , et de loin. il faudra probablement encore une génération ou un peu moins , disons une quinzaine d'années , pas loin.

Les sud-américains sont excellents eux par contre :topcool:
ils m’éclatent
il se crée une synergie avec ceux du nord qui leur donne une légitimité c'est trop bon
ou même entre eux , tu sens qu'ils se tirent presque la bourre .
Et avec un petit coté "viva la revoluzion".
J'adore,
genre "les États-Unis ont d'autres chats a fouetter! vite vite faites des lois avant qu'ils ne se réveillent , tant qu'ils nous lâchent un peu la grappe"
mais en même temps ça ne déplais pas aux américains qui se sentent moins seuls niveau cannabis(et c'est dans l'air du temps, l’évolution) mais se gardent sous le coude le trafic de coke voir d’êtres humains et autres pour rester dans les parages .

Bon nous nous vivons sur une autre planete
Vafancoulo a écrit : comme ce commissaire qui connaît bien les cités marseillaises. Selon lui, la légalisation se heurte cependant à la crise actuelle. « Dans les quartiers nord, on compte près de 300 000 habitants, dont 40 % de jeunes au chômage. On ne peut pas dire aux mecs : "Votre trafic, c’est fini, demain c’est estampillé Seita et ça se déroule au bureau de tabac." Le trafic de shit fait vivre des familles entières ainsi que l’État puisque, quand les jeunes achètent des Nike, 20 % revient dans les caisses publiques. Et même 80 %, lorsqu’on les retrouve aux tables de poker dans les casinos autour de Marseille. » Les policiers craignent également que les groupes criminels s'adaptent à une éventuelle légalisation en proposant des produits à moindre coût ou avec des taux de THC supérieurs à celui réglementé.
un peu comme dire ,
on vas construire des banques mais pas trop blindées , sinon les braqueurs vont finir par perdre patience et s'acheter des chars d'assaut , pour pouvoir continuer a bouffer . C'est qu'ils ont des familles et des gens qui comptent sur eux.

et puis franchement ne serait-il pas amusant de voir des dealers se mettre à vendre de la bombe :shock: mais ils vont le trouver ou ça leur produit "avec un taux de THC supérieur" ils vont le faire pousser tout seul , pour le vendre a des prix inférieurs :D
ho , il est de Marseille lui!

mais je retiens la menace des dealers :
faites gaffe ou on vendras de la bonne :evil: , et pas chere en plus :twisted: .

Poaw l'angoisse :shocked!: :lool:



c'etait cool Vafanculo

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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3192 Message non lu par growbienf »

monsieur juin a écrit :
Vafancoulo a écrit : ....
Les policiers craignent également que les groupes criminels s'adaptent à une éventuelle légalisation en proposant des produits à moindre coût ou avec des taux de THC supérieurs à celui réglementé.
un peu comme dire ,
on vas construire des banques mais pas trop blindées , sinon les braqueurs vont finir par perdre patience et s'acheter des chars d'assaut , pour pouvoir continuer a bouffer . C'est qu'ils ont des familles et des gens qui comptent sur eux.

et puis franchement ne serait-il pas amusant de voir des dealers se mettre à vendre de la bombe :shock: mais ils vont le trouver ou ça leur produit "avec un taux de THC supérieur" ils vont le faire pousser tout seul , pour le vendre a des prix inférieurs :D
ho , il est de Marseille lui!

mais je retiens la menace des dealers :
faites gaffe ou on vendras de la bonne :evil: , et pas chere en plus :twisted: .

Poaw l'angoisse :shocked!: :lool:



c'etait cool Vafanculo

:lool: :sm6:

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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3193 Message non lu par Tahiti_Bob »

Ça me fait plaisir ce petit passage.... il y a quelques années quand ça a pété dans les banlieues ( qd sarko était à l'Interieur), il y avait eu quelques mois de pénurie juste avant les émeutes (j'avais jamais vu une aussi longue pénurie et j'en ai jamais vu de pareille depuis :mrgreen: )et dans la semaine qui a suivie, la rue était de nouveau approvisionnée, étonnant non ? :siffle: a qui profite le crime ? Telle est la question :mrgreen:

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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3194 Message non lu par Frakman »

Tahiti_Bob a écrit :j'avais jamais vu une aussi longue pénurie et j'en ai jamais vu de pareille depuis
ça me dis rien, ce qui m'a marqué par contre c'est la BAC qui se sentait plus pisser et qui était passé en mode "cowboy ultra teubé" avec l'arrivé du naboléon à l'interieur. rien de tel pour jeter de l'huile sur le feu...
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Re: ☆☆ Your Daily News: revue de presse réactualisée par vou

#3195 Message non lu par Tahiti_Bob »

possible aussi, mais perso je serais pas étonné que l'Etat achète une certaine paix sociale dans les banlieues par ce biais là.
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