GôÔfy a écrit :Fais chier, chuis qu'une grosse burne stérile.
J'ai beau lire et relire...nib, je capte nib pour l'instant.
Va falloir que je relise encore et encore, que je me fasse des pitites fiches

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Terrrrrrrrrrrrrrrrrrible

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KEPASSA a écrit :Merci TeP
Mais tout comme Magôô, je lis, je relis beiiiiiiiiiiii y a rien qui rentre...
Mais un jour... oh oui un jour je comprendrais....

Non y a pas de burne stérile qui tienne, vous allez comprendre.
Reprenons par les bases, en prenant comme illustration le canna, tout en simplifiant quelque peu.
Pour un organisme, il y a deux manières de se propager : soit par multiplication asexuée, soit par multiplication sexuée.
Dans le cas de la multiplication asexuée, le matériel génétique n'est pas modifié d'un organisme à l'autre. C'est l'exemple du clonage pour le cannabis : tu prends une branche, tu mets de l'auxine, les racines se différencient et hop, tu retrouves un organisme équivalent au pied mère, avec le même matériel génétique.
Dans le cas de la multiplication sexuée, le matériel génétique d'un organisme va se combiner avec le matériel génétique d'un organisme différent pour donner un troisième organisme différent encore au niveau de son matériel génétique.
Comment cela va-t-il se produire et comment est ce possible?
Il faut tout d'abord savoir que chaque organisme possède son matériel génétique en un ou plusieurs exemplaires. Le matériel génétique est en quelque sorte stocké dans les chromosomes, dans le noyau de la cellule. On peut donc posséder un ou plusieurs chromosomes qui ont la même dénomination. Par exemple, le chromosome 10 peut être présent une fois dans le noyau, deux fois ou trois voire plusieurs fois. Dans le cas d'organismes possédant le matériel génétique en deux exemplaires dans leurs cellules, on dit qu'ils sont di-ploïdes. Lors que la cellule ne possède qu'un jeu de chromosomes, on dit qu'elle est ha-ploïde.
Ce qui est important à retenir, c'est qu'entre les différents chromosomes 10, on peut avoir des gènes qui sont identiques ou pas. On parle d'allèle. Ainsi le gène A peut être représenté par un allèle x sur le premier chromosome 10 et par un allèle y sur le second. On dit que l'individu est hétérozygote (xy) pour le gène A. Les deux homozygotes possibles sont xx et yy. Prenons l'exemple de l'hétérozygote xy et de l'homozygote yy.
Lors d'une multiplication de cellules classiques, le nombre de chromosomes composant le matériel génétique est tout d'abord doublé, puis la cellule se divise et donne naissance à deux nouvelles cellules filles identiques dans leur matériel génétique. C'est la mitose. Dans les deux cas (xy) et (yy), les cellules filles seront équivalentes, c'est à dire que xy donnera xy et yy donnera yy.
Lors de la division des cellules avec un but de reproduction sexuée, une nouvelle division fait son apparition. C'est la méiose. Avec cette division, le matériel génétique ne se multiplie pas. On va donc avoir deux cellules filles qui ne possèdent qu'un seul chromosome chacune. Ici on va avoir une différence majeure entre l'hétérozygote qui pourra donner x
ou y alors qu' l'homozygote ne donnera systématiquement que y ou y.
La reproduction sexuée consistera à faire fusionner cette cellule haploide avec une cellule haploide d'un autre organisme.
On a donc deux individus qui vont apporter un élément de leur matériel génétique.
Soit un individu A hétérozygote xy et un autre B, hétérozygote, mais xz
Les possibilités pour la descendance seront xy, comme A ; xz comme B mais aussi yz, un nouveau type C !
la reproduction sexuée favorise donc la diversité génétique. C ne serait pas apparu si A et B se reproduisaient à l'identique.
Pourquoi alors chercher à modifier son matériel génétique, alors qu'une bonne multiplication asexuée pourrait faire l'affaire, sans se prendre la tête?
Hé bien, c'est très probablement du au fait que l'environnement va changer. Et avec ce changement, l'individu sera plus ou moins bien adapté à son nouveau milieu.
Imaginons un individu xy, qui fleurit en 10 semaines. L'autre individu, xz, lui fleurit en 11 semaines. Tout va bien dans le meilleur des mondes tant que l'environnement permet de donner à ces deux espèces la possibilité de fleurir.
Mais voilà, maintenant, le temps se refroidit, et il y a de moins en moins de temps pour fleurir. Sans recombinaison, les deux types sont condamnés. Imaginons maintenant que la combinaison yz apporte un temps de floraison bien plus court, par exemple 8 semaines. La souche est sauvée, car xy et xz, en se combinant plusieurs fois, auront certainement la possibilité de donner naissance à un individu yz qui fleurira en 8 semaines ! Et du coup, en continuant à se reproduire, il transmettra également tout le reste de son génome et donc l'espèce se sera adaptée à ces nouvelles conditions. Si les conditions continuent de se refroidir, xy et xz disparaitront et seul yz perdurera. Du coup, dans les générations suivantes, des individus zz, yy et yz existeront et vous pouvez noter que x sera éliminé du jeu.
Voilà en gros un exemple très simplifié de sélection naturelle.
Vous êtes toujours là ?
Si oui, pas d'affolement, on va arriver à cette notion d'InBred Line.
Dans la nature, l'environnement sélectionne donc des individus et par là même des génotypes qui peuvent se transmettre à la génération suivante, en partie comme nous venons de le voir puisque la méiose ne leur permettra de transmettre que la moitié de leur matériel génétique.
Que fait le breeder dans cette histoire? Il imite simplement la nature. Au lieu que ce soit la nature qui élimine les individus en les empêchant de se reproduire, c'est l'homme qui dirige l'affaire.
A chaque génération, le breeder va empêcher certains individus de se reproduire, en les arrachant généralement. On dit qu'il sélectionne en fait les individus qui pourront se reproduire dans sa culture.
A quoi cela correspond il au niveau génétique? Tout dépend des objectifs du breeder.
Imaginons une souche sauvage hétérozygote pour la taille de ses feuilles. On a donc deux allèles W et w. W est dominant sur w, ce qui signifie que lorsque W est présent dans un des deux chromosomes, il empêche w de s'exprimer et on observera un individu qui présente le même phénotype (c'est à dire l'ensemble des caractères observables) W quelque soit son génotype WW ou Ww. A l'inverse, le phénotype w ne sera observé que lorsque le génotype est ww. W est le phénotype feuilles larges alors que w est le phénotype feuilles fines.
Notre breeder a pour objectif d'avoir une souche à feuilles fines. Il va donc inbredder la souche pour obtenir des individus à feuilles fines et qui plus est, il veut que ce soit un critère stable de la souche, c'est à dire que tous les individus devront avoir les feuilles fines et toute la descendance devra également avoir les feuilles fines.
Il commence avec une culture sauvage ou les individus sont WW ou ww ou Ww.
Notre breeder va sélectionner uniquement les individus dont le phénotype est w. Il ne va donc garder que les individus ww. Dans ce cas, l'inbreeding est rapide car très rapidement, on arrive à une population homozygote pour le gène W qui est représenté exclusivement par l'allèle w. La souche est stable pour ce critère car une reproduction ww * ww donnera toujours des individus ww.
Imaginons maintenant que son objectif ait été d'avoir des feuilles larges.
Première culture, il élimine les ww. Mais il le fait à partir du phénotype W. Donc dans ce phénotype sont compris les génotypes WW et Ww.
Malédiction !
Car lorsqu'il va reproduire sa souche une nouvelle fois, les ww vont pouvoir s'exprimer à nouveau. La souche n'est pas stable, une faible proportion aura les feuilles fines. Dans ce cas, l'inbredding est beaucoup plus long et il faudra certainement du temps pour arriver à une population pure WW sachant que visuellement, on ne peut pas distinguer les WW des Ww. C'est là où le back cross interviendra, mais c'est un peu complexe alors ne nous attardons pas sur ce point.
L'objectif d'un IBL est d'avoir le plus grand nombre possible de gènes stabilisés c'est à dire homozygotes.
Si on remet ça en perspective avec le but de la reproduction sexuée, vous voyez le danger : la souche est très peu diversifiée pour un grand nombre de caractères. Elle ne peut donc pas former de nouvelles combinaisons rapidement en cas de changement de l'environnement.
L'IBL est donc toujours très dépendante des conditions dans lesquelles elle a été breedée et risque de ne pas bien s'adapter à des conditions différentes.
C'est pourquoi de nombreuses souches hollandaises, par ailleurs excellentes en indoor, peuvent foirer complet en serre ou en outdoor.
Si vous en avez envie, je peux vous détailler des stratégies de construction d'IBL mais vous les trouverez dans des bouquins très simples comme le Marijuana breeder's guide, le Marijuana botany ou encore dans n'importe quel bon bouquin de génétique.
La bonne vibe à tous 8)
Rahan
Edité pour fautes de frappes. Rahan